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Beau comme l’antique
mercredi 13 juin 2007 - par Jean-Michel Cros
La mode du péplum, après « Alexandre » d’Oliver Stone et « Troie » de Wolfgang Petersen, vient de nous livrer « 300 » de Zack Snyder.De quoi s’agit-il ? Xerxès, Roi de Perse, a repris la tentative de conquête de la Grèce, commencée sous ses prédécesseurs – les fameuses guerres médiques, qui serons, signalons le d’emblée, moins meurtrières que la moindre lutte entre les cités grecques ; le film va retracer la résistance des Spartiates aux Thermopyles, les « 300 » de la garde de Léonidas.Ce film est remarquablement bien fait. Il marquera sans doute une étape nouvelle dans la réalisation des films d’animation, l’ensemble des images, à l’exception des acteurs, étant des images de synthèse. Signalons le tour de force qu’à du représenter, pour ces acteurs, le fait de tourner simplement devant des tentures vertes… La réussite n’est donc pas seulement esthétiquement, car j’y ai trouvé de fort belles scènes, comme celles de Léonidas en train de transmettre son expérience à son fils par exemple, mais surtout idéologiquement : une démocratique cité grecque, de courageux soldats idéalistes, dont les ennemis ne sont « que » trois fois plus nombreux, se bat pour défendre la liberté contre un despote oriental. C’est beau comme l’antique ! Ce qui encore plus beau, c’est la manipulation idéologique qui tente de transformer l’histoire et de l’instrumentaliser au profit des rumeurs de guerre que l’on entend aujourd’hui contre l’Iran. Le film commence par nous montrer l’entraînement militaire du jeune Léonidas, très dur comme l’était effectivement celui des enfants de l’aristocratie spartiate ; dur et noble : la force n’exclut pas la solidarité : « la vraie force d’un Spartiate, c’est le guerrier à son côté », nous dit-on dans le film. Cet entraînement est d’autant plus nécessaires, que les dangers sont grands : « Ne jamais reculer, ne jamais se rendre, serait pour lui la gloire suprême… Aujourd’hui, comme il y a trente ans, la bête approche » nous dit la voix « off ». Ces guerriers ont un idéal : il « marchent pour la liberté. La liberté n’est pas gratuite ; elle réclame un prix : le prix du sang. » Voilà posé, dès les premières images, le tableau général dans lequel va s’inscrire le film. Il est riche de non dits et de sous-entendus. Portons au préalable attention au tempo historique qui nous est donné : « aujourd’hui, comme il y a trente ans, la bête approche… » Il y a trente ans, nous étions en 1977 ; Mohamed Réza Shah, qui avait été l’un des moteurs de la « crise du pétrole » quelques années plus tôt, paraissait l’un des hommes forts de la planète, courtisé par tous. A l’automne de cette même année, allaient commencer les émeutes de Téhéran, qui finiraient par la chute de la monarchie iranienne et l’instauration de la république islamique. Aujourd’hui, comme il y a trente ans, l’Iran se fait à nouveau entendre sur la scène internationale, son président inquiète l’Occident… La coïncidence me paraît trop forte pour n’être précisément qu’une coïncidence. Le film de Zack Snyder me paraît à ce titre révélateur de l’esprit de conquête qui s’est emparé des Etats-Unis et des légitimations que l’on tente d’y trouver en faisant appel à l’histoire. Il convient pour cela de donner de nous-mêmes, Occidentaux, une image valorisante, et de discréditer autant que possible l’adversaire potentiel. C’est exactement ce que fait ce film. Il est tout d’abord étrange de présenter les Spartiates comme des champions de la liberté, défenseurs de l’ensemble de la Grèce. Ils n’ont été ni l’un, ni l’autre. Les historiens ne savent pas très bien comment les Achéens, qui étaient les premiers habitants de Sparte, commandés par la dynastie de Ménélas, ont été remplacés par les Lacédémoniens. Toujours est-il que ces derniers réduisirent en esclavage les tribus préexistantes ; ils allaient instaurer l’un des régimes les plus rigides, les moins susceptibles d’évolution et des plus durs que l’Antiquité ait connus : « Une poignée d’individus – quelques milliers au plus – accaparaient les gains de lutte longues et sanglantes […] Et d’un coup se trouvèrent consacrés les deux principes de l’égalité théorique entre les citoyens et de l’inégalité entre ces privilégiés et les autres habitants du pays. La législation attribuée à Lycurgue ne visait à rien d’autre qu’à perpétuer une situation socialement et politiquement favorable à une oligarchie de guerriers propriétaires fonciers. »[1] Cette cité championne de la liberté, selon le film, était divisée dans la réalité de façon rigide en trois classes : « La cité lacédémonienne est une maison à trois étages, et à trois étages soigneusement isolés, sans escaliers si l’on peut dire »[2]écrit encore Robert Cohen : les « hilotes » , esclaves de l’Etat, étaient privés de tout droit ; ils ont connu la pire des situation juridique du monde antique[3] ; esclaves pour la vie, le travail ou la fortune ne leur permettait pas d’accéder à un rang plus élevé ; à l’étage au dessus on trouvait les « périèques », hommes libres, jouissant de droits dans leurs propres cités, mais pas à Sparte ; ils ne pouvaient épouser de femmes spartiates ; ils devaient payer l’impôt du sang ainsi qu’un impôt en argent, Sparte exigeant d’eux ce qu’elle trouvera scandaleux quand cela lui sera réclamé par la Perse…« La logique le voulait ainsi : puisqu’il fallait assurer « abondance de loisirs » aux citoyens, il fallait bien vouer pour toujours d’autres hommes aux exigences de l’agriculture, de l’industrie et du commerce. Les hilotes étaient préposés à l’entretien de la terre civique, comme les périèques étaient chargés de procurer à Lacédémone ce que son sol ne lui fournissait pas. »[4] Quant aux « Spartiates » proprement dits, l’Etat disposait souverainement de leur personne, depuis la naissance jusqu’à la mort, certes en les débarrassant des soucis quotidiens…à la condition qu’ils se consacrent entièrement à son service : ils ne pouvaient exercer que des métiers utiles aux soldats s’ils n’étaient pas soldats eux-mêmes, ne pouvaient quitter les frontières sans autorisation spéciale… Les terres leur étaient attribuées en viager, et ne pouvaient être transmises qu’aux fils aînés des bénéficiaires : cela donne dans le film de belles scènes dans des champs de blé qui doivent faire vibrer les fermiers du « Middle West »… Voilà en quoi consistait réellement la société de ces prétendus défenseurs de la liberté. Leur système politique – dans lequel l’assemblée du peuple n’avait qu’un pouvoir consultatif - a été ainsi défini par l’un des leurs, Brasidas, au VI° siècle : « Notre constitution est de celles où ce n’est pas la multitude qui l’emporte sur le petit nombre, mais le petit nombre qui commande au plus grand, et cette minorité ne doit son pouvoir qu’à sa supériorité militaire. »[5] Quant à la volonté de défendre l’ensemble de la Grèce – donc de l’Occident - contre les Perses, adopter cette fable est révélateur de la manière dont les américains entendent leur rôle : celui d’une défense des autres… à leur profit. En effet, Sparte « ne tenta pendant longtemps […qu’à] manifester sa haine à tous ceux qui représentaient à ses yeux des innovations détestables. […] Alors que lui importent les querelles des autres ? Son gouvernement, qui l’empêche d’accomplir le moindre geste d’entraide ou de solidarité hellénique, s’efforce également à ce que rien ne vienne troubler l’ordre établi dans ce camp retranché qu’est devenue la cité lacédémonienne. »[6] Malgré l’avis des oracles, dont on verra dans la suite du film qu’ils ont été achetés par Xerxès, Léonidas, présenté comme l’un des rares à être conscient de la menace qui pèse sur la Grèce, part combattre avec sa garde personnelle, à la rencontre des Perses. La Perse est à l’époque ce que l’on appellerait aujourd’hui une « super puissance » - elle le restera jusqu’aux Sassanides – l’un des sommets de la civilisation. L’historien de la Grèce Robert Cohen écrit à son propos : « Sur certains points les Perses et les Carthaginois l’emportent même sur les Hellènes. Les Perses se sont déjà élevés à un monothéisme qui n’est pas sans beauté : leur religion leur ordonne la loyauté à leur roi, la fidélité à leurs serments ; ils croient que mentir est un crime et une insulte à la divinité. Les Grecs en sont-ils là ? »[7] Même opinion chez Jean-Paul Roux, plus récemment : « C’est se montrer très injuste envers les Perses que de les traiter de barbares, ce terme ne désignant en Grèce que tous ceux qui ne parlaient pas l’harmonieux langage des Hellènes : les Perses avaient une grande et noble culture, une religion lumineuse, une éthique très noble. »[8] Loin d’être un « Dieu-roi », comme dans le film – comme pouvaient par exemple l’être les Pharaons et comme le sera le Grec Alexandre ! – le Grand Roi comme on l’appelle alors n’est qu’un homme, certes avec un lien particulier avec le divin, comme ont pu l’être les monarques européens des temps modernes : « Représentant sur terre d’Ormuzd, placé par sa fonction même au service de la vérité divine, le roi doit faire régner dans ses Etats le droit et la justice. Cette responsabilité morale, plus encore que sa puissance matérielle, constitue, en dernière analyse, l’essence de son pouvoir. »[9] Roi solaire, roi de paix, il ne peut participer directement à la guerre : c’est la raison pour laquelle les Grands Rois assisteront à la guerre depuis un char, sans prendre part au combat, ce qui scandalisera les Grecs étrangers à cette conception du pouvoir. Le char extravagant sur lequel le film nous montre Xerxès, s’il a donc une apparence de réalité, n’est en rien le symbole d’un pouvoir à la fois dégénéré et totalitaire, comme peut le laisser croire la scène ou Xerxès en descend les marches en se servant des porteurs comme d’un escalier, mais est au contraire l’expression d’une conception de la monarchie juste. Avant de dire un mont du pouvoir des souverains achéménides et de leur domination, faisons une parenthèse sur le char dont nous venons de parler et sur Xerxès tel qu’il est présenté dans le film. Disons le sans détours : le char a plus l’air de sortir d’un défilé de la « gay pride » que des écuries achéménides ; quand à Xerxès, dont on peut voir une représentation dans l’image ci-dessous, épilé, maquillé, aux ongles peints, le visage couvert de « piercings », il aurait été refusé dans un casting pour « Priscilla folle du désert ». L’effet de propagande entre un Orient source de tous les vices – ce que confirmera une scène de « harem » par la suite, amollissant, corrupteur, perfide et despotique, apparaît clairement quand on compare cet « Autre » dégénéré avec les virils Spartiates se battant pour leur liberté… Signalons ici qu’une autre vision, plutôt comique des Achéménides celle-ci, est celle que le film d’Oliver Stone présentait de Darius III Codoman, à qui l’on avait fait la tête (embellie) d’Oussama Ben Laden… Voilà comment l’on montre l’histoire… Xerxès lui-même, recevra l’éducation des princes iraniens de son temps : « être chevalier, être maître de l’art de l’arc et dire la vérité »[11], chef d’Etat avisé, il préparera soigneusement ses expéditions, même si, au moins contre la Grèce, elles se termineront finalement par des échecs. Pas plus que le personnage de Xerxès lui-même, la vision présentée de son pouvoir n’est conforme à la réalité historique : loin d’être des despotes solitaires, les souverains achéménides ne se déplaçaient jamais sans leurs conseillers : « … ils étaient instruits à fond sur les dispositions des lois, les maximes de l’Etat, des coutumes anciennes. Ils suivaient partout le prince qui ne faisait rien et ne décidait aucune affaire importante sans les avoir consultés […]. Il [le roi achéménide] est tout le contraire du despote oriental n’écoutant que lui-même. »[12] Bien sûr, la tradition du « despotisme oriental », dont personne ne sait ce que c’est, est une longue tradition occidentale. Il pourrait être intéressant à ce propos d’analyser les commentaires fait sur les régimes politiques « orientaux » en ayant se prisme à l’esprit. Ces commentaires sont d’autant plus étranges, qu’en fonction de l’actualité, de nos alliances du moment, l’horreur qu’inspirent les différents régimes change : ainsi, tel Royaume disant n’avoir pour constitution que le Coran et ayant organisé ses premières élections municipales depuis 45 ans, est considéré comme beaucoup plus fréquentable que telle République disposant d’une constitution écrite et organisant des élections de façon régulière… Cela n’y fait rien, les valeureux Spartiates se battraient donc pour la liberté contre un affreux despotisme. Comparons bien les choses : après avoir vaincu les Achéens, les Lacédémoniens ont réduit les populations locales en esclavage comme je l’ai dit plus haut. Qu’ont fait les Perses ? Leur domination sur leurs terres est-elle comparable à celle de Sparte sur les siennes ? Rien n’est plus faux : « La conquête matérielle se double, avec Cyrus[13], d’une conquête morale. Idée géniale qui en explique à la fois la solidité et la durée. « Cyrus, écrira Xénophon, dans la Cyropédie, aimait et traitait ses sujets comme ses enfants, et ses sujets honoraient Cyrus comme leur père. » En réaction intégrale contre le régime de terreur sur lequel avait reposé l’Empire assyrien, Cyrus pratique, vis à sis des personnes comme vis-à-vis des cultes, une large politique de libéralisme et de tolérance. Aux peuples soumis […] il laisse d’appréciables libertés. »[14] Léon Homo ajoute un peu plus loin que le programme politique des Achéménides « a apporté au monde oriental pour plus de deux siècles, l’unité et la paix. Peu de faits ont marqué l’histoire de l’humanité d’une empreinte plus durable et plus profonde. »[15] Si l’on ajoute à cela l’apport à la philosophie politique du concept d’Empire et celui de la monarchie, la conception de Satan dans le monothéisme, pour ne citer que quelques exemples, c’est toujours plus considérable que les apports de Sparte. Une mention particulière mérite d’être faite sur les combattants. Le film est presque entièrement réalisé dans des tons de beige et de gris – c’est d’ailleurs l’une de ses réussites ; seule touche de couleur dans les batailles : le manteau rouge des Spartiates. Les Perses, eux, sont aux couleurs de la terre, gris et beiges, déjà réifiés, appartenant déjà à cette terre vers laquelle vont les renvoyer les valeureux guerriers grecs, qui ne succomberont que sous le nombre. C’est un procédé classique de la propagande : moins je vois mon ennemi comme humain, moins j’ai de scrupules à l’exterminer. Quant aux « Immortels », la « Garde Impériale » des souverains perses, elle devait simplement son nom au fait que ce corps de 10.000 soldats était toujours rigoureusement tenu complet, non à la volonté de les faire passer pour des êtres surnaturels… Laissons une dernière fois la parole à Robert Cohen : « Prononcer le nom des Thermopyles, c’est évoquer le roi de Sparte Léonidas, tombant avec le dernier de ses guerriers pour couvrir de son corps la mobilisation des armées helléniques. Il est moins beau, mais plus juste, de dire que les Thermopyles, c’est une grave défaite à inscrire au compte des Lacédémoniens. »[16] Bien intéressant film donc, qui arrive a point nommé alors que l’Amérique parle de guerre à l’Iran. Je ne crois pas qu’il ait été commandé par la Maison Blanche… en revanche, il me paraît révélateur d’un état d’esprit qui s’étend, de valorisation obsidionale de nos propres valeurs, d’un travestissement de celles d’autrui, du confinement de plus en plus grand dans une atmosphère de plus en plus artificielle. L’utilisation de la lutte de Sparte contre les Perses est exemplaire de l’égoïsme national maquillé en défense de l’intérêt général, de l’absence d’un projet politique alternatif acceptable, comme on le voit aujourd’hui encore en Iraq ou en Afghanistan. Devons-nous, comme à Sparte, asservir le monde pour que nous puissions, nouveaux citoyens de la Cité mondiale, nous livrer à notre abondance de loisirs ? Peut-on présenter une conception crédible de la liberté et de l’Etat de droit lorsqu’on laisse perdurer Guantanamo ? Peut-on prétendre lutter contre le terrorisme, lorsque l’on engage une guerre qui a déjà fait plus de morts américains que les attentats du 11 septembre – sans parler des victimes irakiennes ? Cet avenir là, je ne le souhaite ni pour nous-mêmes, ni pour l’Iran. [1] COHEN (Robert), Nouvelle histoire grecque, Librairie Jules Tallandier, 1977, pp 143 et 144. [2] Idem, p. 145 [3] Idem p. 146 [4] Idem [5] Cité p. 149 [6] Idem p. 153 [7] Idem p. 231
[8] In Histoire de l’Iran et des Iraniens, des origines à nos jours, Fayard, 2006, p. çè [9] HOMO (Léon), Histoire de l’Orient, éditions Jules Tallandier, 1977, p. 193 [10] PORADA (E.), Iran ancien – l’art à l’époque pré-islamique, coll. L’art dans le monde, éd. Albin Michel, p. 151 [11] MOURREAU (Jean-Jacques), La Perse des Grands Rois et de Zoroastre, éd. Famot, coll. Les grandes civilisations disparues, p. 171 [12] Idem p. 173 [13] Qui était le grand-père maternel de Xerxès [14] HOMO (Léon), op. cit. p. 175 [15] Idem, p. 274 [16] COEHN (R.), op. cit. p. 253 Mots clésJean-Michel CrosDu même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article : Beau comme l’antique13 juin 2007
BabsGreg a dit :
Quand je ai vu ce film (et oui, j’ai payé une place de cinéma pour ça), j’ai cru que je devenais un peu trop paranoïaque. Mais je vois que mon instinct n’était pas si mauvais...
Personnellement c’est la façon dont le personnage de Xercès utilisait le terme "soummission" (analogie à "Islam" ?) qui m’a mis la puce à l’oreille.
La meilleure protection contre les propagandes (quelqu’elles soient), c’est notre esprit critique. Lisons donc régulierement oumma.com !
Salam.
10 juin 2007
un lecteur a dit :
Ce qu’il faut se rappeller aussi, pour couronner le tout, Zack Snyder s’est bien distingué —avec son film Dawn of the Dead (L’armée des morts), film qui parle d’un virus qui atteint les gens et les transforme en zombies— avec la scène de musulmans entrain de prier dans le générique de début ! Cet homme,....
8 juin 2007
Rachid ZANI a dit :
"On ne pourrait pas cesser de voir d’horribles complots et des manipulations partout " ......S’il n’y avait pour autant cette horrible vérité dont vous feignez la réalité !
les "victimes "comme vous prétendez à le dire,seraient la proie de leur propre paranioa dont je vous rappelle que cette derniere s’est construite avec la seule ignorance.....imposée sous forme de déboires .
Peut-être ne le savez vous pas tout à coup ?
Jean-Michel CROS écrit des choses très juste et ne s’inscrit pas dans la lignée du politiquement scribouillé de beaucoup.
Soyez juste BENAISSA sauf vous rappeler que JESUS......l’était.
8 juin 2007
Bnaissa a dit :
On ne pourrait pas cesser de voir d’horribles complots et des manipulations partout ? C’est un film qui pèche sur certains détails historiques, mais qui est beau visuellement et un tour de force technique. Il mérite d’être vu. Arrêtons un peu la paranoïa victimisatrice qui empêche d’avancer ...
8 juin 2007
Taoofik a dit :
Citation : "Pour avoir un apercu du parcours du metteur en scène Zack Snyder lire ci-dessous :"
Le cinema Hollywoodien est souvent un cinema de commande des studios...
a part les realisateurs grosses pointures, il est plus pertinent de regader la biographie du Producteur... tres souvent l’element moteur dans le cinema americain et encore plus souvent l’initiateur des projets.
7 juin 2007
Rachid ZANI a dit :
j’ai après avoir vu le film ,tenu à peu près le même langage mais pas avec cet excellent talent qu’est le votre M.CROS.
Je dois dire que l’on entend déjà le bruit des bottes.....
Je crois que des évèments majeurs se préparent dixit les discours de MME MERKEL,ceux du Pape RASTIGEN et enfin l’élection sommes toutes "assez facile"de SARKOSY comme il aime à le signaler.Me demande ce qui doit se dire au G8 ?
La pire chose qui puisse atteindre un homme est l’ignorance car elle est utilisée comme une arme de destruction massive.
7 juin 2007
Kaddour a dit :
réponse à larouisse : ce film certes a eu un succès comme Sarko a eu un succès, il ne faut rien espérer CAR les veaux sont de mauvais élèves, comme le colonialisme et l’impérialisme ! Bravo pour l’article de remise en ordre de l’histoire de M. J.m Cros. 7 juin 2007
Sonia a dit :
Super, vraiment génial. J’ai beaucoup appréciée la conclusion : "Bien intéressant film donc, qui arrive a point nommé alors que l’Amérique parle de guerre à l’Iran. Je ne crois pas qu’il ait été commandé par la Maison Blanche… en revanche, il me paraît révélateur d’un état d’esprit qui s’étend, de valorisation obsidionale de nos propres valeurs, d’un travestissement de celles d’autrui, du confinement de plus en plus grand dans une atmosphère de plus en plus artificielle. L’utilisation de la lutte de Sparte contre les Perses est exemplaire de l’égoïsme national maquillé en défense de l’intérêt général, de l’absence d’un projet politique alternatif acceptable, comme on le voit aujourd’hui encore en Iraq ou en Afghanistan. Devons-nous, comme à Sparte, asservir le monde pour que nous puissions, nouveaux citoyens de la Cité mondiale, nous livrer à notre abondance de loisirs ? Peut-on présenter une conception crédible de la liberté et de l’Etat de droit lorsqu’on laisse perdurer Guantanamo ? Peut-on prétendre lutter contre le terrorisme, lorsque l’on engage une guerre qui a déjà fait plus de morts américains que les attentats du 11 septembre – sans parler des victimes irakiennes ? Cet avenir là, je ne le souhaite ni pour nous-mêmes, ni pour l’Iran" 7 juin 2007
Adlène a dit :
Merci Mister JM CROS, pour cet article comme on aimerait en lire dans les médias du système , mais je pense que votre article est de très haut niveau pour ces médias de plus en plus people.
7 juin 2007
ABDOU a dit :
pourquoi toujours nous trahir ?
Pourquoi toujours trahir ceux qui ne vous resemblent pas ?
pourquoi ? pourqoi et jusqu’a quand ?
Jusqu’a ce que la superpuissance change de camp ?
Eh bien que Dieu le fasse !
7 juin 2007
Dominique a dit :
Cet article très pointu confirme la thèse du livre de Jean-Michel Valentin qui donne en effet des clefs pour décrypter une grande partie des images qui défilent sur les écrans, petits et grands, du monde entier. Sous un titre un peu nébuleux, l’auteur retrace en fait, avec une clarté et une précision remarquables, l’histoire des relations entre les autorités politico-militaires des Etats-Unis et l’industrie du cinéma. Il décrit le fonctionnement de ce complexe « militaro-cinématographique » et analyse la thématique de la production qui en est découlée, désignée par lui comme « cinéma de sécurité nationale ». ’acte de naissance de cette forme de cinéma est la convocation à Washington, en 1942, des grands réalisateurs de l’époque, notamment John Ford et Frank Capra, invités par Roosevelt à mettre leurs talents au service de la mobilisation psychologique du pays. Ainsi commence une lignée de films où l’ennemi est d’abord allemand ou japonais (jusqu’aux années 1960). La Guerre froide succédant à la Seconde Guerre mondiale, l’adversaire se fait bientôt soviétique, puis vietnamien, chinois, arabo-musulman… pour devenir aujourd’hui terroriste à l’identité incertaine. Un bref divorce entre cinéma et institutions politiques intervient avec la guerre du Vietnam, divorce dont « Apocalypse Now » (1976) est resté le symbole. Mais la brouille est de peu de durée : dès 1982, « Rambo » marque le début de la réconciliation, sous la présidence de Ronald Reagan, ancien acteur hollywoodien. Le thème fédérateur de cette production très diverse aussi bien dans les genres traités (western, guerre, suspense, aventure, etc.) que dans le style des réalisateurs est celui de la Menace qui plane sur l’Amérique, « Nouvelle Jérusalem » que cernent les forces du mal. Le plus souvent, cette menace vient du monde extérieur, perçu comme espace dangereux et inorganisé, à l’instar de l’ancienne Frontière. Mais – et c’est là un des traits qui distingue le cinéma de sécurité nationale de la propagande des régimes totalitaires – la menace peut aussi venir de l’intérieur, de l’Etat fédéral, qui, dans l’idéologie américain, protège les citoyens mais représente aussi un danger potentiel pour les libertés. Le risque de fascisation de la société est un thème récurrent, que l’on retrouve dans d’aussi grands succès que « Matrix » (1998). Le scénario de « La Guerre des étoiles » (1977) et de ses nombreuses suites peut ainsi être interprété comme une mise en garde contre les tendances dictatoriales de tout pouvoir politique, contre la transformation d’une République en Empire. 7 juin 2007
Merouane a dit :
Et dire que j’ai souhaité voir ce film. Merci M. Cros de m’avoir fait économisé de l’argent. Je l’ai échappé belle, mettre même quelques euros pour un tel film aurait un véritable gachis. Ouf je respire....
7 juin 2007
Souhil a dit :
l’Iran est le nouveau régime à abattre, tout est bon pour discréditer ce régime. Ce film minable aura du mal à dissimiler la volonté de faire tomber le régime de ce pays. La politique US à l’égard de l’Iran peut se résumer par cette phrase de Condoleezza Rice : " Le but des États-Unis est d’avoir en Iran un régime qui prenne en compte les inquiétudes que nous avons au sujet d’une politique qui est à 180 degrés opposée à nos intérêts. " Les questions des droits de l’Homme, du soutien au terrorisme ou du nucléaire ne sont que des prétextes visant à légitimer une intervention de plus. Si Bush dit n’écarter aucune option, il est peu probable que les USA se lancent dans une nouvelle guerre tant qu’ils sont embourbés en Irak. En fait, deux autres options, qui peuvent se combiner, sont discutées ouvertement par l’administration US. Celle des frappes ciblées contre les sites suspectés d’activités nucléaires et celle de la déstabilisation du pouvoir. Les opérations de renseignement menées par les commandos US sur le territoire iranien attestent du sérieux de la menace. D’où la mise en garde de l’État iranien contre toute intervention militaire. Les mollahs ne s’y trompent pas. En fins tacticiens, ils n’hésitent pas à reprendre un discours nationaliste pour ressouder autour du régime mal en point, un peuple qui dans son immense majorité rejette toute intervention impérialiste. 7 juin 2007
Bastien a dit :
Rien de nouveau sous le soleil le cinéma et la propagande ont toujours fait bon ménage. Le terme « propagande » vient de propagande fide, vocabulaire religieux employé au temps de la Contre-Réforme. Il perd son sens religieux vers la fin du 19ème siècle. On peut trouver ici ou là des définitions assez traditionnelles qui en livrent une acception assez large. La propagande politique peut être définie par l’emploi de techniques d’influence par un gouvernement, un parti, une administration... en vue d’influencer l’opinion, de modifier le comportement du public dans le but que les personnes adoptent une opinion et une conduite déterminées. L’image s’impose très vite comme le media privilégié, le support le plus adapté à la propagande politique. Au début du XXème siècle, l’image prend véritablement le pouvoir dans la presse traditionnelle (lithographies, caricatures), dans les magazines (Vu, fondé en 1928, Life en 1936), ou au cinéma, devenu parlant à partir de 1927. Son utilisation massive en particulier à des fins de propagande politique, résulte de la combinaison née de l’explosion des moyens de communication, de l’irruption des masses et d’une réflexion sur l’art. En Europe de l’Ouest, la conjonction de trois phénomènes au tournant du siècle est telle, que la portée de l’influence de l’image s’amplifie très rapidement : 7 juin 2007
Farouk a dit :
Brillant Jean-Michel Cros no comment. Pour avoir un apercu du parcours du metteur en scène Zack Snyder lire ci-dessous : Après une formation artistique à Londres et Pasadena, Zack Snyder se lance dans la publicité et se fait rapidement remarquer pour son style et son sens de la narration. Travaillant à la fois comme directeur de la photographie et réalisateur, il signe des spots pour les plus grandes marques (Audi, Jeep, Budweiser, Nike, Reebok, Subaru...) et se voit récompensé à de nombreuses reprises, notamment par deux Clio Awards et un Lion d’Or au Festival publicitaire de Cannes. Considéré comme l’un des plus grands talents de la pub britannique, il s’essaye au cinéma en 2003 avec L’Armée des morts, remake du Zombie de George A. Romero. Ce film, bien accueilli par la critique et les spectateurs, lui ouvre les portes d’Hollywood. Trois ans plus tard, il écrit et réalise 300, un péplum nouvelle génération adapté du roman graphique éponyme de Frank Miller, qui revisite la bataille des Thermopyles en 480 avant Jesus Christ. 7 juin 2007
Larouisse a dit :
Ce film qui est un vulgaire film de propagande a eu un grand succès : Plus de 800 000 spectateurs sont venus découvrir l’ambitieux péplum "300" de Zack Snyder. Le long métrage prend la tête du box-offixe hexagonal devant la comédie dramatique "Ensemble, c’est tout". 7 juin 2007
SUSILO a dit :
UN ARTICLE POUR NOUS DIRE QUE CE FILM EST AU SERVICE DE LA MAISON BLANCHE L AUTEUR ENFONCE DES PORTES OUVERTES PAS DE QUOI EN FAIRE UN STEACK TARTARE
7 juin 2007
Ideal a dit :
Le cinéma au service de la propagande gouvernementale américaine n’est effectivement pas un phénomène nouveau. On se rend compte que seuls les ennemis changent, aprés les Indiens (sauvages), les communistes (dangeureux), les russes (sanguinaires) les arabo-musulmans (terroristes) nous voilà à l’aube des Iraniens (destructeurs). Sous les apparences de films de distractions, d’effets spéciaux, la propagande et la désinformation jouent à plein gaz. Comme l’industrie cinématographique américaine est trés puissante, faisons un geste contre lequel elle ne peut rien : éteignons nos télés, zappons les cinémas qui présentent cette désinformation et éduquons nos enfants pour qu’ils ne regardent plus ce genre de films.
7 juin 2007
Steeve a dit :
Heureux de vous lire Jean-Michel Cros. Vos textes sont toujours aussi excellents. Qaund on termine la lecture de votre texte, on est un peu plus intelligent. Merci pour cette excellente démonstration.
7 juin 2007
Gino a dit :
Subtile analyse de Jean-Michel Cros qui voit des choses que le commun des mortels ne détecte pas forcément. Du grand art M. Cros !
7 juin 2007
Taoofik a dit :
Salam Aleikum, Beaucoup trop de personnes sous-estiment l’impact du Cinema et de toutes autres narratives dans la comprehension de nos réalites de notre monde. Il n’y a qu’a observer les sommes collosales qui sont investient dans la publicite pour comprendre (statistique a l’appui) l’impact des messages audio-visuels sur nos pensées... La narrative audiovisuelle n’est qu’une facon élaborer de converser sur un sujet... Le probleme c’est qu’a travers la dramatisation de faits et d’évenements il est tres facile de manipuler les émotions... ET de telles manipulation sont tjrs au détriment des facultés de raisonment et de jugement de l’homme raisonable. Lorsque j’ai vu 300 je me suis tout de suite apercu de l’association dangereuse a laquelle l’audience etait exposé... il faut etre totalement hermétique aux évenements au Moyen orient pour ne pas s’apercevoir que l’Iran moderne évoque la mythique, la béliqueuse Perse d’antant.. Les films de propagande de guerre ont tjrs exister avec comme but ultime : altérer l’opinion publique... Venant du haut pouvoir ou vehiculant les apréhensions et l’opinion populaire les conventions narratives sont biens etablis : notre camp ne veut pas la guerre que l’adversaire en est responsable qu’il est moralement condamnable que la guerre a de nobles buts que l’ennemi commet des atrocités délibérées (pas nous) qu’il subit bien plus de pertes que nous que Dieu est avec nous que le monde de l’art et de la culture approuve notre combat que l’ennemi utilise des armes illicites (pas nous) que ceux qui doutent de tous ces arguments sont soit des traîtres, soit des victimes des mensonges adverses (car l’ennemi, contrairement à nous qui informons, fait de la propagande). Le but est tjrs le meme... de susciter la haine contre un certain groupe. |
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