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Lundi 8 Septembre 2008
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Charia, droits des femmes et lois des hommes

vendredi 11 mai 2007 - par Khalid Chraibi

Depuis un quart de siècle, un fort vent de conservatisme religieux souffle dans de nombreux pays musulmans, avec des effets dévastateurs sur les droits des femmes. Au nom d’un retour à la pureté du temps de la Révélation, des groupes extrémistes ont décrété, à leur accession au pouvoir en Afghanistan, en Malaisie, en Somalie ou au Nigéria, une stricte ségrégation entre les sexes dans les lieux publics, les hôpitaux et le système éducatif, etc.. Ils ont imposé aux femmes le port de vêtements tels que le hijab, le niqab ou la « burqua », et leur ont interdit, entre autres mesures répressives, d’exercer toute activité professionnelle.

Sous prétexte d’appliquer la charia, ils ont bafoué non seulement les droits que l’Islam avait octroyés aux femmes dès le 7è siècle, mais également l’essentiel des acquis des femmes en matière juridique, économique, politique et sociale, qu’elles avaient obtenus à l’issue de décennies de haute lutte à travers les pays musulmans, tout au long du 20è siècle.

Cette régression des droits des femmes prend actuellement, et avec le passage des ans, une ampleur croissante dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. Etrangement, elle fait également des adeptes dans les communautés musulmanes d’Europe et d’Amérique du Nord. Même des pays qui avaient échappé aux tourmentes de l’extrémisme, à travers leur histoire, tels que la Tunisie et le Maroc, en sont aujourd’hui affectés.

Face à l’assaut des courants religieux conservateurs sur les droits des femmes, les associations féminines musulmanes ont dû revoir leur stratégie. Pendant des décennies, elles avaient mis l’accent sur la nécessité d’appliquer dans leur intégralité les dispositions des conventions internationales sur les droits de la femme que les pays musulmans avaient signées, sous l’égide de l’ONU. Elles insistaient, en particulier, sur la nécessité de lever les réserves exprimées par les gouvernements de ces pays au sujet de diverses dispositions de ces conventions, qui les vidaient d’une grande partie de leur contenu.

Sous la pression de la nécessité, de nombreuses associations se sont attelées à la lecture attentive de la charia, afin de développer de nouveaux outils pour lutter efficacement contre les discours des extrémistes religieux. Comme l’explique la pakistanaise Riffat Hassan, elles ont découvert, à leur grande surprise, qu’il existait un grand fossé « entre ce que le Coran disait au sujet des droits des femmes et ce qui se faisait en réalité dans un environnement culturel islamique ». « Par conséquent », observe-t-elle, « il faut distinguer entre le texte coranique et la tradition islamique.

Ce sont les hommes qui ont procédé, presque exclusivement, à l’interprétation du Coran, depuis les temps les plus anciens. Ils faisaient cela au sein d’une culture patriarcale dominée par eux. Le Coran a donc été interprété du point de vue culturel des hommes – ce qui a évidemment affecté les droits des femmes. »

La Nigérienne Ayesha Imam a procédé à une étude minutieuse de cette question, dans un article intitulé « Les droits des femmes dans les lois musulmanes ». Elle explique qu’il faut “distinguer entre l’Islam – la voie d’Allah – d’une part, et ce que les musulmans font, d’autre part. » D’après elle, l’Islam ne peut pas être remis en cause, mais ce que les musulmans font peut l’être, car ce ne sont que des êtres humains, qui sont sujet à l’erreur.

D’après elle, bien que les lois religieuses tirent leur inspiration du divin, elles ne doivent pas être confondues avec des lois divines. La charia incorpore le facteur humain dans tous les aspects de son élaboration, de son développement et de sa mise en œuvre. Le nombre de versets coraniques à la base de la charia est très modeste, comparé à la multitude et à la complexité des règles juridiques qui constituent le corpus du droit musulman.

Même les experts n’arrivent pas à s’accorder sur le sens exact de divers versets coraniques. Par ailleurs, il est admis que de nombreux hadiths sont apocryphes, et sont le produit de luttes entre sectes ou entre dynasties. Certains hadiths relevant de cette catégorie semblent avoir eu pour unique objectif de réduire les droits des femmes, bien qu’ils ne puissent s’appuyer ni sur des dispositions coraniques ni sur d’autres hadiths pour les conforter.

Ayesha Imam note, à ce propos, que les musulmans croient, à tort, que la charia est la même dans l’ensemble des pays musulmans, alors qu’elle varie de manière considérable d’un pays à l’autre, et d’une époque à l’autre. Cela est parfaitement illustré par l’existence de quatre grandes écoles de pensée juridique dans la seule tradition de la sunna (et qui s’élevaient à une vingtaine dans des temps plus anciens). Il existe également un rite shiite regroupant un nombre considérable d’adeptes, et de nombreux courants religieux d’importance moindre, qui regroupent néanmoins des millions d’adhérents chacun.

Les fondateurs des quatre grandes écoles de pensée juridique sunnite ont emphatiquement souligné, en leur temps, que leurs interprétations des dispositions de la charia ne devaient en aucun cas être considérées comme des données définitives, qui lieraient les musulmans en tous lieux et en tous temps. Par conséquent, observe-t-elle, « le refus de l’ijtihad n’obéït pas à une prescription religieuse. Ni le Coran ni la Sunna n’exigent cela. Bien au contraire, aussi bien le Coran que la Sunna encouragent la pensée individuelle, le raisonnement et la diversité d’opinion. »

A l’appui des observations de Mme Ayesha Imam, on peut citer la multiplicité de codes nationaux de statut personnel appliqués, aujourd’hui, dans les pays musulmans. Les exemples d’évolution des dispositions de la charia à travers le temps, dans le même pays, abondent également. Les différents textes de loi formant code du Statut Personnel, qui ont été successivement appliqués en Egypte au cours du 20è siècle, illustrent cette proposition.

Le Code du Statut Personnel appliqué au Maroc peut également servir d’illustration, ayant enregistré des modifications considérables, entre sa première version adoptée en 1957, au lendemain de l’accession du pays à l’indépendance, et le nouveau Code de la famille adopté en 2004.

Il faut noter que ce dernier est le fruit d’un demi-siècle de lutte des associations féminines marocaines pour la réforme de nombreuses dispositions restrictives que le texte de 1957 comprenait et ce, face à une opposition acharnée des mouvements religieux conservateurs, en particulier au cours des dernières années. Ces derniers ont d’ailleurs failli faire capoter le projet de réforme, qui ne put être sauvé que grâce à l’appui personnel décisif du roi Mohamed VI.

Le Code marocain de la famille de 2004 place cette dernière sous la responsabilité conjointe des deux époux. Il permet à la femme d’agir comme son propre tuteur, et fixe à 18 ans l’âge minimum de mariage des personnes des deux sexes. Il impose des conditions draconiennes au mariage dans le cadre du régime de polygamie et encourage l’épouse à inclure dans le contrat de mariage, si elle le désire, une clause pour interdire un second mariage de l’époux. Il place la répudiation sous un strict contrôle judiciaire et exige la répartition équitable des biens du couple avant que le divorce ne puisse être finalisé.

L’exemple marocain est intéressant à étudier, dans la mesure où toutes les dispositions du nouveau Code sont basées sur une lecture attentive, minutieuse et complète de la charia, dans toute sa complexité. Nul ne peut lui reprocher de s’être éloigné de la lettre ou de l’esprit du droit musulman, pour incorporer des concepts et des règles issus de la culture occidentale.

La comparaison des dispositions des textes de loi adoptés au Maroc en 2004 et en Egypte en 2000 témoigne, quant à elle, des divergences considérables dont les juristes musulmans peuvent faire preuve dans l’interprétation et l’application de la charia, même dans le cas de pays musulmans à culture relativement comparable, par ailleurs. Les juristes musulmans s’enorgueillissent de cette flexibilité du droit musulman, qui constitue pour eux la preuve de sa vitalité. Les associations féminines peuvent aussi s’en réjouir, puisqu’elle peut leur permettre de réaliser des progrès considérables en matière de droits des femmes musulmanes, dans le respect aussi bien de la lettre que de l’esprit de la charia.

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Débat 

Khalid Chraibi

Economiste (U. de Paris, France, et U. de Pittsburgh, USA), a occupé des fonctions de consultant économique à Washington D.C., puis de responsable à la Banque Mondiale, avant de se spécialiser dans le montage de nouveaux projets dans son pays.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article : Charia, droits des femmes et lois des hommes

13 mai 2007
Matira a dit :
Quelle analyse qui confirme combien le monde musulman doit effectuer un effort afin d’améliorer le statut de la femme sans pour autant renier les fondements de leur religion.
13 mai 2007
jaouad a dit :

Salama alaykoum,

je suis d’accord avec le texte ... en partie dans ses conclusions mais si on le lit bien , que voit-on ?
 attendre 18 ans le mariage même si certaines jeunes femmes et jeunes hommes souhaitent se marier dès 17 , voire 16 ans. ==> une contrainte ?

 si elle le désire, une clause pour interdire un second mariage de l’époux. mais un homme peut demander à sa femme de ne pas ajouter cette clause... pour povoir se marier car lui aussi si il le désire peut refuser cette requette et là que fait-on ou plutôt que fait-elle ?

doit-elle s’y résigner en se disant qu’il se peut qu’il ne se mariera pas avec un edeuxième femme ? ou bien doit-elle refuser et donc annuler ce mariage dans ce cas c’est un drame pour l’homme et c’est une catastrophe pour la femme.

Je remarque malheureusement qu’en lisant le texte, on n’oublie le futur. que voit-on autour de nous ? un regard qui commence à changer sur la polygamie ? des femmes qui l’acceptent de plus en plus.

me concernant, j’ai une femme et je pense rester avec une seule femme (mais c’est ALLAH qui décidera), mais pourquoi voir la polygamie comme une régression. je suis sûr qu’elle va devenir très vite une solution plus qu’un problème. wa salama alaykoum.

13 mai 2007
Bouscarle a dit :
Jean Bouscarle Je suis un chrétien qui participe depuis une quinzaine d’année au dialogue islamochrétien. Je ne pense pas que le problème des femmes concerne vraiment ce dialogue ; c’est aux Musulmans de chaque pays de lui trouver une solution mais il est vrai que le statut de la femme dans les pays majoritairement musulmans choque les chrétiens, même si chez nous la femme n’est pas vraiment l’égale de l’homme dans tous les domaines : les salaires et les postes de direction ne sont pas également répartis ; les dernières élections présidentielles ont bien fait ressortir cette inégalité.
13 mai 2007
Mout’elbouch a dit :

Salam ’Alikoum, salut, ..

Allahou wa ’Allam...mais il y a beaucoup de vrai sans doute dans le texte de Khalid Chraibi...et les reflexions des commentaires..

Concrètement proposons après ce constat, ce qui nous interresse en premier lieu.. Un big MAI 68 !!! dans tous les pays arabo-musulmans... pour libérer la femme musulmane de la tutelle agressive masculine..

Et puis après ..vous pensez vraiment que tout sera réglé...observez les pays occidentaux...tout va bien en France (hum hum pas de viols,pas de divorces, pas de dérives, pas d’inégalités, El Hamdoullillah toutes les familles sont heureuses..)...Est-ce que nos pays dont on parle sont prêts à former pléthores de Psychiatres se basant sur ...FREUD... (rire !!)

Cela me fait rappeler le jeu de la balance...et pourtant nous prétendons tous et toutes appartenir à cette Oumma du JUSTE MILIEU qui condamne le Mal et prodigue le BIEN...

Et oui..Le musulman et la musulmane doivent se comporter en complémentarité...se comporter d’une manière JUSTE le plus possible..ce qui est HARRAME pour la femme l’est pour l’HOMME et ce qui est BON pour l’HOMME l’est aussi pour la femme !

Ceci pour le côté vertical...concernant l’axe horizontal..il reste une petite flexibilité qui peut améliorer les conditions de vie des soeurs qui vivent un calvaire dans tous les pays du monde...l’intelligence du comportement n’est pas donnée à tous les êtres vivants...pardon c’est sans doute dû au déterminisme géo-climatique...

Allez courage avec le dérèglement climatique de notre planète ... nous assisterons encore à beaucoup de surprises...

Ah ce complexe du pauvre...il est terrible !

Bonne journée..bon dimanche...

12 mai 2007
Ahmad a dit :

Salam, c’est bien de parler de ce sujet qui est trsè médiatique, c’est bien , ça fait bon musulmsn de parler de cet thème, mais il y a un thème ou la très grande majorité des savants ,penseurs et intellectuels et des soi disants cadre musulmans ont bien silencieux, c’est les droits des enfants. C’est une honte, ce silence, on peut passer sont temps à critiquer tel ou tel politique, tel ou tel système, idéologie, et se prendre pour les réformiste de l’islam, mais quand on a pas le courage, de parler des droits des enfants, de dénoncer ce qui est fait à des enfants avec des gens qui légitimisent ça au nom de l’islam, et que l’on se tait sur cela, c’est qu’il y a une grande incohérence entre les principes que l’on dit etre porteurs,témoins et que l’on dit défendre et la réalité de notre agir.

Allahou Alam

Salam

12 mai 2007
Mawri a dit :

excellent article de M. Chraibi provoquant une multitude de réflections sur le sort des musulmans en général, et la femme en particulier. Formidables aussi les commentaires dans la majorité optimistes, rarement péssimistes qui se complètent et à titre judicieux s’expliquent mutuellement. Un tel débat doit continuer à l’infini.

Seulement, les musulmans semblent ignorer certains effets bénéfiques du conservatisme. La femme n’est pas victime des radicaux. Comme le dit à juste titre Shara ci-dessus, aussi bien l’homme que la femme sont la proie de l’ignorance et du manque de liberté. Un homme évolué n’acceptera jamais une femme arriérée.

Vite tomber à l’oubli que c’est grâce au conservatisme que les territoires colonisés ont été libérés. C’est grâce à lui que la pratique religieuse ressiste de nos jours. C’est grâce à lui que la laîcité interne n’a pu écraser le peu de foi qui nous reste...A mon avis, le conservatisme religieux a toujours constitué un équilibre nous évitant de sombrer dans les extrêmes.

Prenons l’exemple de l’Afganistan avec sa société conservatrice que nous critiquons et l’occident dont nous subissons l’influence au gré des époques. D’un coté une communauté fanatique dont la femme réduite en fantôme, est absente de la vie publique, de l’autre, des collectivités qui aspirent à la république libertne du Maquis de Sade, societé dont les membres n’ont en vue que donner libre cours aux ambitions et instincts séxuels. Actuellement,On peut affirmer sans se tromper qu’en passant par la distribution des préservatifs dans les écoles primaires, les parties intimes de la femme et même de l’homme n’ont plus aucun secret dans la vie pubique. La nudité bat son plein, des scénes cinématographiques aux pubicités commerciales.

Pour conclure, je prie nos décideurs et pédagogues pour se pencher sur l’ensemble des réflexions et réactions pour nous amener à un terrain d’entente par un juste milieu qui est en tout préférable.

Un mot pour l’auteur du commentaire : pour vous je serai un V. Votre jugement ne sert qu’à attiser les haines. Touts les musulmans sont dans le même sac. Peut être chez vous, on pratique la politique du moine.

12 mai 2007
Peaceandlove. a dit :
Je crois que nous n’avons pas encore compris que l’Islam est une religion mobile qui doit s’adapter à l’époque pour l’humaniser via le message qui indique le droit chemin pour le bien-être de l’humanité.Si certains extrêmismes font surface en interprétant la charia à la hauteur de leur peur qui est celle de la mondialisation et du nivellement des cultures sur le modéle occidental,les femmes n’ont pas à en payer les conséquences.Il y a d’autres façons plus lumineuses de résister que de sombrer dans l’anachronisme.Aujourd’hui notre Prophéte aurait réagi avec des idées et des alternatives conformes à l’époque ou nous vivons .Inspirons nous de lui en étant créatifs au lieu de chercher à trouver des remédes dans le passé.
12 mai 2007
oumma.com-uk-fan a dit :

Le reel est la manifestation des 99 attributs de Dieu.Ceux-ci representent les qualites feminines (yin) et les qualites masculines (yang) du Divin.

Malheureusement, les differentes sharia’ sont esentiellement des representations masculines du Createur, la composante feminine etant assimilee a l’Ame, facilement corruptible.

Dans son livre "The Tao of Islam, a sourcebook on Gender Relationship in Islamic Tought", Sachiko Murata, musulmane et islamologue japonaise ecrit : "if the rigidly "patriarchal" stress of some contemporary Muslims is to be softened, this can happen only when they place renewed stress on feminity as a positive quality and masculinity as a negative quality. And Muslims will be able to do this as Muslims-not as immitation Westerners-only if they look once again at the spiritual and intelectual dimensions of their own tradition."

11 mai 2007
Mehdi a dit :

Salam. Texte intéressant et clair réconciliant l’humanisme et l’universalisme d’une part et l’othodoxie islamiques. Bravo pour la contribution de SHANA très pertinente !!

Wassalam

11 mai 2007
adamou saidou a dit :
SAlam Je suis emu par ce qui est dit dans cet article . Cela ne me laisse pas muet. Je pense qu’il est grand temps de ne pas se fier de ce que racontent les medias pour donner son point de vu sur une situation dans tel ou tel pays . En effet tous ces pays qui ont decidé d’appliquer la charia sont mal vus à travers les medias et chaque jours ce qu’on nous raconte est decevant. On ne nous dit jamais que dans ces pays, le taut de prevalence des MST est tres faible. Je pense que si certains musulmans ont décidé de s’habiller conformement au précept islamique pour se preserver , cela est à encourager. je ne sais pas si l’auteur de ce article se rappelle de ce qui s’est passé recemment en RDC concernant les femmes deputés qui portent le pantalon. Nous musulmans nous devons etre fier de porter notre vetement conformement à notre loi qui est conforme à la morale. Soyons donc vigilants. Ces femmes sont fieres de porter cet habit. Le gros probleme des musulmans est la sipiritualité qui leur permettra d’accepter les lois d’ALLAH et de les appliquer malgré les multiples critiques . Je ne pense pas que c’est en adoptant des codes ou l’age minimum du mariage est de 18 ans que nous allons resoudre le probleme de nos jeunes. Avons nous créé les conditions pour qu’ils se preservent de la fornication jusqu’à cet age ou acceptons nous qu’ils bafouent la loi DIVINE ? Toute la question est là ? Refléchissons en !
11 mai 2007
Rachid a dit :
Faut-il reconnaitre la qualité de "pays musulman" un pays qui relègue les femmes à des statuts indignes de la personne ? Je me le demande. Les mauvais traitement infligés aux femmes dans ces pays pseudo-musulmans est un phénomène de notre siècle. Par ailleurs, je pense sincèrement que la mysoginie (le fait de haïr les femmes ou avoir un conntentieux avec toutes les femmes) est une dérive homosexuelle qui ne dit pas son nom. Je suis toujours étonnné de voir parfois deux mecs barbus se rendant à la prière enlacés ou main dans la main sans réaction sociale. En revanche, mec et nana dans la même posture, ça fait réagir. C’est quand même bizarre !
11 mai 2007
Franck Morellato a dit :

Salam a todos, Khalid Chraibi, a écrit dans son article :

"Au nom d’un retour à la pureté du temps de la Révélation, des groupes extrémistes ont décrété, à leur accession au pouvoir en Afghanistan, en Malaisie,en Somalie ou au Nigéria, une stricte ségrégation entre les sexes dans les lieux publics, les hôpitaux et le système éducatif, etc.. Ils ont imposé aux femmes le port de vêtements tels que le hijab, le niqab ou la « burqua », et leur ont interdit, entre autres mesures répressives, d’exercer toute activité professionnelle."

Et je ne suis pas d’accord sur ce qu’il dit sur la Malaisie.

En effet, la première fois que je suis allé dans ce pays, c’était en 1992 où j’ai créé une société de "consultancy". Et puis rapidement, j’ai travaillé sur toute l’Asie et le reste du monde.

Il y a 3 semaines, je me trouvais de nouveau à Kuala Lumpur, depuis le 13 mars, pour 40 jours de voyage dans tout le pays à visiter certaines villes et mosquées.

Et ce que je peux dire rapidement, c’est que la Malaisie, bien que monarchie constitutionnelle comme le Royaume Uni, n’est pas à mon sens, aujourd’hui, une vraie démocratie.

Je rajouterais même que si Le Pen vivait en Malaisie, il se situerait politiquement au Centre...

En effet, le gouvernement musulman du pays (Malais ou Bumiputra = les Princes de la terre) a une vision partisane et raciste du partage du pouvoir, où les autres populations malaisiennes d’origine chinoise, indienne ou orang asli, sont considérées comme des citoyens de seconde zone... de même que les Femmes, musulmanes ou pas.

Mais de là à dire : "des groupes extrémistes ont décrété, à leur accession au pouvoir en Afghanistan, en Malaisie"... "une stricte ségrégation entre les sexes dans les lieux publics, les hôpitaux et le système éducatif, etc.. Ils ont imposé aux femmes le port de vêtements tels que le hijab, le niqab ou la « burqua », et leur ont interdit, entre autres mesures répressives, d’exercer toute activité professionnelle."c’est une erreur.

En Malaisie, les Femmes musulmanes ont le droit de travailler comme tout citoyen, et le port du "hijab", bien que "conseillé fortement socialement" dans certaines "administrations", n’est pas une obligation.

Des Femmes de Sultans, des Femmes d’affaires de Premier plan ou même "Ministres" ne le portent pas.

A Kuala Lumpur, les Femmes ont le droit de s’exprimer, et elles n’hésitent pas à le faire notamment grâce à des Associations Non-Gouvernementales comme "Sisters in Islam" (www.sistersinislam.org.my) , des "Ladies" courageuses qui mènent la vie dure à certains "radicaux" qui souhaiteraient plutôt, formations "payées" en Arabie Saoudite ou en Égypte obliges , une "arabisation" de la culture malaise.

Mais les Dames ne le voient pas sous le même oeil, et je vois la même chose qu’elles...

Alors, Ladies and Gentlemen, je pense sincèrement qu’ il est de notre devoir de Musulmans d’assurer dans nos sociétés une égalité Homme-Femme... encore faudrait-il que les Musulmanes, elles-même, en soient intimement persuadées...

A construire donc... Toutes et Tous ensemble ?

Take care all,

Salam, Paix, Peace, Paz, Shalom,

Franck Morellato, alias El French Muslim Rover (EFMR) from Lyon (France)

11 mai 2007
Shana a dit :
Dans bien des pays,quand l’homme sera libre,les femmes le seront.Or l’homme est sous le joug de l’ignorance,des préjugés,de la violence,des pouvoirs manipulateurs et des guerres.Regardez le sort fait aux femmes en tant de guerre !D’un bout à l’autre de la planéte l’ignorance prédomnine.D’un bout à l’autre de la planéte prédomine les rapports de force entre nations et entre particuliers,donc entre hommes et femmes.La religion n’est qu’un prétexte.L’interprétation de la charia en est un autre.
11 mai 2007
MALIKA ALAOUI a dit :
contente de vous lire BIENTOT LA JOURNEE DE LA FAMILLE ,INSTITUTION QUI A FAIT UN LONG PARCOURS AVANT DE VOLER EN ECLAT SUITE A LA REVOLUTION INDUSTRIELLE ET SURTOUT APRES LES 2 GUERRES LES FEMMES EN OCCIDENT ONT D’ABORD DEMANDE DES DROITS ET ONT LUTTE POUR PUIS LES EXCES SE SONT MULTIPLIES AVEC OU SANS INTENTION JUSQU’A DEMANDER LA LIBERTE TOTALE ET MEME CELLE DE CHANGER DE SEXE MAIS AU DEBUT DU 21 SIECLE DES VOIES S’ELEVENT EN OCCIDANT POUR ATTIRE L’ATTENTION SUR LES DANGERS DE CHANGEMENTS RADICAUX A EFFETS DEVASTATEUR "LIVRE D’EVA HERMAN " LE CODE D’EVE ,NOS PROBLEMES NOUS FEMMES MUSULMENES ET VOILEES SONT MULTIPLES A LEUR TETE VIENT L’ANALPHABETISME ET L’IGNORANCE QU’ON PARTAGE GENEREUSEMENT AVEC LES HOMMES COMMENCONS PAR LE PLUS URGENT ET NE BRULONS PAS LES ETAPES ET GARDONS NOS ENERGIES POUR LES VRAIES BATAILLES
11 mai 2007
Mounya a dit :
Je ne pense pas que les femmes soient davantage discriminées en terre d’Islam qu’ailleurs.En réalité, elles le sont partout à des degrés trés divers.Pour les musulmanes cela varie selon les pays.Pour les femmes européennes,la discriminations revêts des formes insidieuses(inégalités des salaires,sous représentativité politique,corps objets marchandisés,refus de vieillir et solitude).En Inde,la condition des femmes est absolument terrible,et dans le désintérêt médiatique total !On préfére focaliser sur les musulmans,c’est davantage dans l’air du temps !Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problémes !Il y a des problémes et les femmes musulmanes font bouger les mentalités.Elles n’ont tout simplement pas besoin d’un traitement médiatique particulier qui les stigmatise au lieu de les aider.
11 mai 2007
Oihid a dit :

Monsieur Khalid CHRAIBI,

Tout d’abord, le « fort vent de conservatisme religieux souffle dans de nombreux pays musulmans,… » Avant tout ce sont des pays sous un régime « DEMOCRATIQUE ».

Ou du moins, c’est ainsi qu’ils sont qualifiés par leurs « Tuteurs occidentaux ».

Et excepté quelques anomalies (République islamique de Mauritanie, République islamique d’Iran et quelques monarchies). Tout les autres pays sont dirigés par des constitutions libres et souveraines. Et ceci depuis leurs indépendances.

Si nous considérons, qu’avant ce quart de siècle ces mêmes pays étaient au pire colonisé, et au mieux sous une dictature (et pour certains c’est encore le cas !) Le sort des femmes n’était guère mieux (On pouvais même discuter sérieusement dans des assembles nationales la longueur réglementaire d’un bâton pour tapé sa femme !!!!)

Monsieur CHRAIBI, ces pays (bien que je préfère parlé des régimes) que vous pointez du doit, ont bafoué les droits de tout le monde.

L’éducation (instruction) islamique se résumé à l’apprentissage du coran dans une « Zawiya » (Sans comprendre, car la langue parlé est un argot populaire très pauvre en arabe) ou d’une heure d’éducation islamique par semaine enseigné par des professeurs qui ne font même pas la prière ! (Je parle de l’Algérie dans cet exemple).

Le roi du Maroc Hassan II flanqué du titre d’Amir el mouminin ! Avec la cigarette au bec ! Et Bourguiba et le ramadan…Et les exemples ne manque pas, bref…

En suite, que ce soit dans un sans ou dans un autre, la Châria ne se limite pas à imposer «  …aux femmes le port de vêtements tels que le hijab, le niqab ou la « burqua »,… »

Les dirigent de ces pays ont assez de pouvoir pour changer les lois, il faut pas nous leurré avec «  Ces derniers ont d’ailleurs failli faire capoter le projet de réforme, qui ne put être sauvé que grâce à l’appui personnel décisif du roi Mohamed VI. » Comme même… ! Si les barbues avaient au tant d’influence (ou pouvoir) les régimes seront déjà renversés par les « tuteurs ».

Il suffit de rendre l’Islam responsable de toutes les oppressions que subissent les femmes, ici ou ailleurs. Assez de publicité mensongère. L’Islam est innocent de ce que certains ignorants font en son nom. Les pays que vous visé Monsieur CHRAIBI, ne son ni dirigé ni soumis a l’Isalm. Et si c’était le cas, je pense que les femmes ne se porteront que mieux…

Oihid

11 mai 2007
Sadjia a dit :
Ce texte est magnifique et nous donne raison de croire à un changement radical des mentalités. Merci Khalid Chraibi ! Votre texte m’a vraiment émue.
11 mai 2007
grya26 a dit :
l’islam n’est pas la seul religion qui souffre des exactions extrémistes.Mais dans le domaine des droits des femmes et de la condition féminine, les musulmans sont les champions de la discrimination.Les femmes musulmanes sont victimes du machisme qui instrument alise la religion à des fins de domination sexiste exclusivement.Mais le fait que des interventions comme celle ci, qui tend à engager la réflexion collective sur la voie d’un retour à la reconnaissance de la responsabilité des femmes dans la société musulmane ;existe montre que la situation est en train d’évoluer et le combat des femmes musulmanes elles mêmes porte déjà ses fruits en ce sens que des hommes s’engagent à leurs cotés.
11 mai 2007
Hassiba a dit :
Les femmes musulmanes doivent se rebeller, et devenir théologienne. Les femmes musulmanes en ont assez d’être considérées comme des mineurs à vie. Nous ne devons rien à attendre des hommes. La femme musulmane est entrain de se révolter, la modernisation de l’islam passe par elle.
11 mai 2007
Souad a dit :

Cette conception de la Charia est également le fait du courant qui s’affiche "moderniste comme celui des frères musulmans qui ont une antenne en France, vous voyez de qui je parle.

Ces "fréros" ce croient modernes, parce qu’ils portent un costard-cravate, et piannote sur internet.... Mais ils ont une conception de l’islam archaïque et au demeurant patriarcale, bien machiste....

11 mai 2007

Assalam Alaykoum,

Je suis une femme et je suis pour le travail de la femme mais avec des conditions, il faut que le travail doit répondre au critère de la femme et selon aussi sa situation, une femme restera toujours une femme et il ne faut pas oublier qu’elle a des enfants à éduquer. Si nous regardons d’abord ce qui se passe dans le monde, les hommes ont plus besoin d’un travail de nos jours qu’une femme, à quoi sert de vouloir se battre pour faire travailler une femme alors que les hommes n’ont pas de quoi faire vivre leur famille et chaque jours ils perdent un plus de leur dignité devant leur femme et devant leurs enfants. Il faut peut être commencer par le commencement, résoudre le problème du travail pour les hommes et quand tous les hommes auront un poste alors ensuite penser à faire travailler les femmes. Je ne suis pas d’accord sur le fait de critiquer les pays pauvres comme la Somalie, l’Afganistan...ect Ont-ils réellement les moyens de faire travailler tous les hommes avant de faire tavailler les femmes ???!!!

11 mai 2007
Hamida a dit :

Les théologiens, imams et responsables d’associations musulmanes ont le devoir urgent de rétablir le statut juste que le Coran a accordé à la femme !

Une véritable campagne d’information et d’actions doit se déchaîner dans tout le monde musulman afin d’enrayer les dérives ignobles qu’ont entraîné certaines interprétations mysogines de nos textes sacrés.

De nombreuses femmes savantes aujourd’hui dénoncent non seulement la dégradation du statut de la femme , mais aussi l’immobilisme des dirigeants religieux pour lesquels le sujet semble tellement tabou(même si beaucoup d’entre eux reconnaissent le fossé existant entre les textes saints et leur juste application )qu’ils n’abordent que très rarement cette question dans leurs prêches !

Les imams devraient être les premiers à inclure les femmes dans les activités des mosquées et à montrer le bon exemple(l’ouverture du prophète à leurs égard) en encourageant les plus instruites d’entre elles à divulguer leur savoir à tous, hommes et femmes !

Un imam est venu, après une conférence que je donnais un soir, me féliciter. Je l’ai invité alors à organiser dans sa mosquée une prochaine conférence où je me proposais d’intervenir. Voici ce qu’il m’a répondu, gêné : "Si c’est pour vous adresser aux femmes, je suis d’accord. Mais...vous savez comment sont nos hommes...Ils ne sont pas encore prêts ...les mentalités sont dures à changer..."

Qui doit faire changer les mentalités mes frères ?! Secouons-nous donc, hommes et femmes et oeuvrons ensemble comme le conseille le coran :

"Les croyants et les croyantes sont partenaires les uns des autres..."(v.71 S.9)

11 mai 2007
pour vous, je serai " V " a dit :

Salam ahlikoum,

Je pense sincèrement que ce débat sur la charia n’a pas lieu d’être, en réalité, les hommes ont perverti le message de Mohamed saw à tel point qu’on en arrive à discuter des détails, avant de commencer par les véritables problèmes. Dans ces pays, les mêmes qui installent la charia sont des gens cruels, qui ne s’intéressent pas du sort des pauvres, des faibles. Ils ont de belles grandes maisons en BETON…… Nos modèles à nous étaient des califes, pauvres toujours inquiets du sort de leur peuple. Ils menaient une vie modeste que personne ne peut leur contester. Notre grand combat sera contre l’ignorance, et tout ceux qui veulent semer le desordre.

Un détail qui me paraît troublant, et qui devenu un lieu commun : la définition d’un « pays musulman ». Je suis pas sûr que les pays du maghreb et autres peuvent être taxé de « musulman » surtout lorsque l’on a une connaissance poussée de l’islam. L’islam ne s’inscrit pas dans une constitution, pour la simple raison que les gens vous cesser de se l’approprier. Quand je me balade dans ces pays, j’ai plus l’impression d’être en terre chrétienne quand terre musulmane.

slm

11 mai 2007
Sami a dit :

Salam, il est du devoir de chaque musulmane et de chaque musulman de ne pas confondre la tradition et la religion. La réactualisation des méthodes de penser des extrémistes qui se revendiquent en tant que religieux et musulmans est nécessaire. L’extrémisme ne naît-il pas en partie du décalage entre le fait historique relevant de la tradition (et dont les effets sont justifiés à une époque dans un contexte particulier), et l’évènement contemporain qui est construit sur un contexte différent, (et qui nécessite une analyse fondée sur la réalité du moment) ?

La foi et la lucidité sont les ingrédients qui nous permettent d’éclaircir à notre modeste échelle le sens de notre religion.

Que Dieu vous protège, insha’allah.

11 mai 2007
Lamia a dit :
Merci pour ce texte, nous sommes épuisés de ces lois qu’on nous présente comme des lois immuables dont toute révision est perçue comme un sacrilège.
11 mai 2007
Ideal a dit :
Texte trés juste, mais qui fait l’impasse malheureusement, sur le fait que la mauvaise interprétation de la charia qui est la cause majeur du statut inférieur de la femme musulmane, repond à un choix politique. L’interprétation de la loi religieuse quelle soit musulmane ou autre est un enjeu politique énorme. De cette interprétation dépend l’avenir des modèles politiques et de la démocratie en particulier. Faut-il encore que les gourvernants de ces pays musulmans acceptent qu’une interprétation plus juste de la charia soit donnée, sachant qu’elle risque de stabiliser leur pouvoir ?
11 mai 2007
Farouk a dit :
Texte d’une grande intelligence qui pose la pb avec brio. Il est temps en effet d’en finir avec cette juridiction qui ne tient pas compte du monde dans lequel nous vivons.
11 mai 2007
arifino a dit :

Salam alaikoum

Merci d’avoir soulever ce probleme, en effet notre probleme, dans la communauté musulmane, c’est ce manque d’autoanalyse quand à la maniere de reflechir sur les droits accordés par l’Islam aux musulmanes et aux musulmans. De plus, observe des differences ne serait ce qu’entre les differents pays "musulmans" sur le droit.

Donc, il est de notre devoir de citoyen et de musulman d’intervenir de plus en plus dans ce domaine, cela ne pourra qu’ameliorer les regard que l’on porte sur notre communaute qui pour l’instant laisse une image degradé, loin de la verité, que nous nous devons d’exprimer et appliquer de facon plus juste.

Salam alaikoum

 
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