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Vendredi 21 Novembre 2008
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De quelle libération parle-t-on ?

jeudi 6 décembre 2007 - par Asma Lamrabet

Il y a bien longtemps que la problématique de la femme musulmane est prise en otage entre deux perceptions extrêmes : celle d’une approche islamique conservatrice très rigide et celle d’une approche occidentale, ethnocentrique et islamophobe.

Ces deux conceptions sont certes antagonistes, mais elles ont comme point commun de buter sur le même obstacle : l’impasse. Il est presque impossible de concevoir ne serait-ce que l’ébauche d’un débat pour clarifier les points de vue, tant les partisans, de part et d’autre, sont aveuglés par leurs certitudes respectives.

La femme musulmane, victime de choix, durant des siècles de stagnation et de décadence, continue aujourd’hui à survivre dans un système social qui pérennise, bien entendu à des degrés divers, l’oppression au nom du religieux. Cette affirmation est rarement admise en terre d’islam où le plus souvent on incrimine l’autre de vouloir ébranler, voire de corrompre tout un tissu social de valeurs morales, dont la principale garante reste la femme.

« L’islam a donné tous ses droits aux femmes… Il a honoré les femmes… Il les a protégées… » C’est là le discours favori de beaucoup de musulmans, très souvent sincères, mais dont l’argumentaire n’en demeure pas moins très pauvre. Un discours récurrent, toujours sur la défensive, qui s’essouffle avec le temps et qui, à défaut de convaincre, serait plutôt révélateur d’un désarroi profond et manifeste.

On constate, en effet, un anachronisme patent entre ce discours-là et la réalité d’un vécu qui se veut et se dit respectueux des valeurs islamiques et où l’on justifie les pires discriminations envers les femmes. Des crimes d’honneur aux mariages forcés, en passant par une juridiction rétrograde qui maintient les femmes dans une position de mineure à vie, la liste des sévices est longue et demeure malheureusement cautionnée par une certaine lecture de l’islam.

Par ailleurs, il n’est un secret pour personne que le statut de la femme, tel qu’il est admis et conçu actuellement dans la lecture traditionaliste et majoritaire de l’islam, reste la brèche obligée par laquelle une certaine hégémonie occidentale veut continuellement s’immiscer afin de discréditer tout un système de pensée. Le «  méta-discours  » actuel sur la musulmane voilée, recluse et opprimée n’est qu’une reproduction continuelle de la vision orientaliste et colonialiste, toujours en vogue dans les représentations contemporaines post-coloniales.

Ce discours éternellement accusateur sert surtout comme alibi à toutes les attitudes politiques de domination culturelle et conforte l’analyse binaire qui oppose, le plus naturellement du monde, le modèle universel de la femme occidentale libérée à celui de la musulmane opprimée et donc à libérer.

L’opposition de ces deux modèles permet de maintenir la catégorisation de la femme musulmane comme citoyenne de seconde zone et surtout de l’exposer comme une image repoussoir par rapport à la modernité, la civilisation et la liberté. Il est ironique de constater, à travers un certain discours occidental qui se dit libérateur et se veut universaliste, les signes patents d’un langage de domination paternaliste, qui a du mal à rompre avec sa vocation colonialiste de mission civilisatrice.

On ne veut pas libérer la femme musulmane pour la libérer mais plutôt pour faire valoir la libération occidentale et maintenir ainsi ce rapport de force qui permet de toujours mieux dominer l’autre. Il ne s’agit pas ici de diaboliser l’Occident et de l’accuser de tous les maux. L’apport des valeurs occidentales au long processus de modernisation du monde est indéniable.

Mais la critique est dirigée à un certain courant de pensée qui au nom de sa conception de l’universel prétend détenir le monopole de la modernité et de la vérité. Il ne s’agit pas non plus de renier l’existence d’une culture de l’oppression de la femme en terre d’islam mais plutôt de dénoncer ce qu’une certaine vision occidentale hégémonique veut faire de cette culture en l’essentialisant à outrance. Une vision occidentale qui maintient donc la femme musulmane dans une grille unidimensionnelle dans laquelle on l’a soigneusement enfermée et à travers laquelle on promeut la suprématie des normes et des valeurs occidentales, seules à même de libérer ces pauvres musulmanes !

Entre ces deux visions diamétralement opposées, la femme musulmane reste finalement prisonnière, malgré elle, d’un discours qui, dans les deux cas, fait abstraction de son être, de ses aspirations et de sa volonté. Entre une pensée islamique sclérosée qui s’acharne à maintenir des garde-fous autour de la problématique féminine et une certaine idéologie occidentale qui se fait un plaisir de dénigrer l’islam à travers cette même problématique, on a bien du mal à imaginer une troisième trajectoire, à même de faire sortir la femme musulmane de cette impasse idéologique.

C’est que le contentieux entre les femmes et leur supposé statut en islam est bien lourd et il est difficile pour qui­conque de le nier. Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce donc réellement le religieux, en tant que système de valeurs, qui opprime ou bien une réalité sociale collective qui s’approprie ce religieux pour le reformuler selon une représentation hiérarchique qui lui convient et qui lui permet de mieux affirmer ses pouvoirs ?

Il est certain que le religieux quand il vient s’inscrire dans un ordre social déjà assigné sexuellement ne peut que se confondre, malgré lui, avec cet ordre. Il est évident aussi que l’on a le droit de se poser des questions et de rester perplexe devant la réelle contradiction qui existe entre le message spirituel du Coran et le vécu des musulmans. D’une part, l’islam est porteur, comme les autres religions monothéistes, d’un message de paix, d’amour et de justice, émanant d’un Dieu qui, en créant les êtres humains, hommes et femmes, les a faits inéluctablement libres, égaux et dignes.

D’autre part, l’interprétation traditionaliste de cette même religion semble contribuer à une certaine prépondérance de l’homme sur le plan de la réalité sociale et apparaît, de ce fait, comme étant l’un des principaux vecteurs de discrimination à l’égard des femmes. Dans une grande partie des lectures interprétatives du Coran sont retrouvés les schémas classiques de domination masculine où les femmes sont écartées voire exclues au nom du sacré.

On peut comprendre que les différentes interprétations religieuses puissent porter l’empreinte des contextes géopolitiques dont elles sont issues et des milieux socioculturels qui les ont produites. Mais ce qui est plus difficile à comprendre, c’est comment à la longue ces mêmes interprétations sont devenues, elles-mêmes, immuables et complètement hermétiques à toute réflexion critique.

Des interprétations qui ont occulté le sens profond du message et qui avec le temps sont devenues des barrières infranchissables pour ceux qui veulent revenir au mouvement initial du Texte et y retrouver des réponses aux exigences de l’époque. La confusion est telle qu’il est devenu très difficile de distinguer ce qui relève du Texte sacré de ce qui est de l’ordre de l’interprétation subjective humaine.

Or, entre l’esprit humaniste du Coran qui privilégie l’être humain insân , sans distinction de genre, et certaines interprétations classiques dévalorisantes envers les femmes, il y a un quiproquo substantiel qui fait que le vécu des musulmans est devenu à ce point décalé par rapport à leurs références spirituelles !

Le message spirituel est comme le décrit le Coran dans plusieurs passages un « Rappel » (dhikr ) qui consiste à éveiller chez l’être humain le côté le plus noble de sa conscience afin qu’il demeure dans une continuelle proximité avec le Créateur… Et à travers cette souvenance, il y a cette certitude intime en la justice divine.

Rien dans le texte coranique ne peut justifier ou cautionner une quelconque discrimination envers les femmes. C’est cette conviction qui émane de la foi profonde, mais qui a du mal, bien du mal à se concrétiser dans notre réalité musulmane, qu’il faudrait reformuler et mettre en pratique sur le terrain, dans la vie de tous les jours.

C’est là où il faudrait que la pensée islamique évolue, afin de se redéfinir, de se repenser, et de faire la distinction nécessaire entre le message spirituel et certaines interprétations qui ont figé le Texte et parfois tué la parole.

C’est ce qui est en train de se réaliser, si Dieu le veut, aujourd’hui dans le monde musulman où les prémisses d’un changement serein et réfléchi sont en train de naître. Malgré un constat général assez chaotique dans l’ensemble du monde musulman, on peut discerner l’apparition manifeste quoique timide, d’un discours innovateur qui tente de réformer une pensée religieuse très appauvrie et presque entièrement focalisée sur sa seule tendance moralisatrice.

En effet, il est réconfortant de constater actuellement l’émergence d’une pensée islamique, encore minoritaire certes qui, tout en se cherchant encore, contribue à redes­siner de nouveaux espaces où le débat religieux peut évoluer sans toutefois perdre son âme.

À l’intérieur de ces nouvelles sphères de réflexion, celle concernant le statut de la femme en islam est en train de prendre forme et de s’affirmer jour après jour… La question de la femme en islam a toujours occupé le cœur du débat, voire de tous les débats dans le monde islamique. Cependant, la nouveauté actuelle, c’est qu’au sein de cette effervescence intellectuelle, des femmes musulmanes essayent de reprendre la parole afin de se réapproprier ce qui a toujours été entre les mains des hommes, à savoir, leur propre destinée !

En effet, aujourd’hui de nombreuses musulmanes intellectuelles, vivant dans les sociétés musulmanes mais aussi en terre d’Occident, grâce à leurs recherches académiques, sociales et théologiques et surtout au nom de leur foi, remettent en question un grand nombre de préjugés sur cette question… Elles contestent surtout l’analyse classique qui stipule que l’inégalité entre hommes et femmes et son corollaire de mesures discriminatoires font partie inhérente du Texte sacré en démontrant que ce sont, en fait, certaines lectures tendancieuses, avalisées par des coutumes patriarcales, qui ont plutôt légitimé ces mêmes inégalités.

Il est important de souligner que ces nouvelles formes positives de résistance sont l’apanage de musulmanes qui ,tout en portant un regard critique sur certaines lectures reli­gieuses, sont croyantes et pratiquantes et c’est au nom de leur foi qu’elles revendiquent ce droit de regard. Il s’agit ici de bien se démarquer d’une mouvance féminine émanant de musulmanes qui réclament des changements en dehors de tout référentiel religieux.

Cette volonté de se définir dans un espace areligieux est à respecter mais il est malheureux de constater que ces musulmanes qui se révoltent contre le supposé diktat de la religion sont les plus écoutées et les plus médiatisées… Cela en soi n’est finalement pas très étonnant puisque la seule critique acceptée, voire fort attendue, en milieu occidental aujourd’hui est celle qui s’exerce à l’encontre de la tradition islamique1.

Or, justement, l’originalité de cette nouvelle forme de contestation féminine en islam qui, faudrait-il le rappeler, est l’objet d’une indifférence notoire en Occident, est qu’elle prend forme à l’intérieur et au nom de la tradition islamique. Des femmes musulmanes qui s’engagent, au nom de leurs convictions, dans un processus de questionnement de certaines lectures misogynes de l’islam et contestent les lectures qui légitiment la condition subalterne de la femme dans les sociétés islamiques. C’est ce que certains ont dénommé les contestatrices de l’intérieur. En effet, il s’agit d’un projet intrinsèque aux enseignements coraniques et qui revendique, au nom même de cet enseignement, la promotion d’une éthique égalitaire en théorie et en pratique.

C’est donc au cœur de ces débats et de ces évolutions que se pose l’enjeu d’une nouvelle lecture du Texte sacré. Une lecture adaptée à notre contexte et à une réalité humaine qui ne cesse d’évoluer. Une lecture qui se veut fidèle à un principe de base en islam et qui prétend que le Coran est valable en tout temps et dans tout contexte.

Alors comment se contenter d’une exégèse compilée il y a des siècles et qui, concernant la femme, a le plus souvent été d’un littéralisme affligeant ? Pourquoi continuer à s’enfermer dans des lectures coutumières alors que le Texte lui-même présente, dans ses principes directeurs, des latitudes extrêmement importantes pour que chaque réalité sociale puisse s’y adapter et s’y retrouver sans difficulté ?

Comment peut-on rester les bras croisés à ressasser des commentaires surannés et faire ainsi l’impasse sur les finalités d’un Texte qui, à chaque contexte, fournit un sens à notre vie humaine sur Terre ? Il est bien triste de constater qu’au lieu de rester fidèles aux objectifs du message divin, nous sommes plutôt restés fidèles à des interprétations et des lectures humaines, qui, volontairement ou non, ont participé à l’essor de cette culture de dévalorisation des femmes qui n’en finit pas de miner nos sociétés musulmanes.

C’est dans ce sens qu’une relecture du Coran à partir d’une perspective féminine prend toute son importance… Elle permettra de créer une véritable dynamique de libération de l’intérieur de la sphère islamique, dans le sens d’une revalorisation du statut de la femme musulmane.

Cette lecture de libération permettra aussi de développer une véritable autonomie et une authentique identité féminine islamique avec ses droits et ses responsabilités à part entière… Elle permettra, enfin, de reconnaître à la femme le droit de se définir comme partenaire actif dans le processus de réforme et de réinterprétation religieuse qui est en cours dans le monde musulman… Car on peut, en tant que croyant, questionner l’assertion, selon laquelle seuls les hommes auraient l’autorité d’interpréter ce que Dieu a énoncé dans Son Livre ? Durant toute l’histoire de l’islam, comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu une seule exégèse faite par une femme musulmane ?

Il ne s’agit pas ici de promouvoir une herméneutique féminine exclusive qui exclurait quatorze siècles de tradition d’exégèse classique. L’exégèse classique constitue un patrimoine très riche pour la mémoire islamique, son apport est même primordial pour toute étude approfondie du Texte et il ne s’agit pas d’exclure la contribution considérable de cette science pour la compréhension du Texte sacré. Il s’agit plutôt de rétablir les préjugés historiques et les inégalités, véhiculées par une compréhension humaine et donc imparfaite du message coranique. De déconstruire tout un modèle patriarcal de lecture qui a relégué la femme à un recoin de l’histoire islamique, afin de redonner aux femmes une part de leur mémoire amputée.

Il ne s’agit évidemment pas d’un mouvement qui, du fait de la perspective féminine, opposerait les femmes aux hommes selon une vision conflictuelle.

La nouvelle vision féminine remet en cause, certes, la prétendue supériorité masculine, mais elle ne se pose pas en termes de rivalité. C’est un nouveau regard qui ne peut être qu’enrichissant et qui tient compte de l’expérience spirituelle des femmes, si souvent absentes, dans le référentiel islamique. Certes, la spiritualité n’a pas de genre, mais il y a un certain vécu relationnel avec Dieu perçu différemment par les femmes et les hommes.

C’est en cela que l’apport de l’expérience féminine peut être un plus essentiel à apporter à l’expérience spirituelle humaine… Et puis, le Prophète de l’islam (PBSL) nous a initiés dès le début à vivre cette différence femmes-hommes comme une égalité au sein de la fraternité en Dieu… C’est pour cela qu’au sein de ce projet réformiste islamique, un certain nombre d’hommes musulmans sont engagés depuis longtemps dans le processus de relecture et de libération des femmes selon les principes de l’islam.

Cela émane justement de leur conviction profonde en la justice divine et à l’exigence absolue d’impartialité entre tous les êtres humains. Conviction qui induit chez le croyant, qu’il soit homme ou femme, un éveil critique envers toutes les formes d’assujettissement.

Et refuser d’avaliser l’asservissement dont sont victimes les femmes musulmanes, c’est faire acte de dévotion, de piété et de fidélité devant le Créateur.

C’est donc de cette libération dont il s’agit.

Une libération féminine qui revendique un ressourcement spirituel dans le Coran, parole divine, éternelle, et source intarissable de force, de liberté et d’espérance.

Une libération qui privilégie, avant tout, l’authenticité, l’intériorité et la probité…

Une libération dont le rapport au Transcendant est un rapport profondément libérateur puisqu’il libère de toutes les autres servitudes.

Une libération féminine qui n’a à se conformer à aucun modèle en vogue qui ne se veut ni forcément occidentale, ni typiquement orientale, mais autonome et indépendante.

Une libération féminine qui devrait être libre de faire ses propres choix, de réécrire son histoire et de définir ses propres espaces de liberté.

Une libération bien ancrée dans son appartenance spirituelle mais qui se veut ouverte à toutes les richesses humaines et prête à partager avec les autres, tous les autres, les vraies valeurs universelles d’éthique et de justice…

Introduction du livre d’Asma Lamrabet, « Le Coran et les femmes. Une lecture de libérati on » aux éditions Tawhid.

Note

1. Il n’y a qu’à voir le succès des éditeurs français concernant les témoignages de musulmanes et les titres proposés qui en disent long sur cette obsession à représenter la musulmane comme victime inéluctable de l’islam : Brûlée vive de Souad ; Mariée de force de Leila ; Mutilée de Khady ; La femme lapidée de Freidoune Sahebjam ; Défigurée de Rania el Baz ; Je suis née au harem de Choga Regina…. presque tous sortis au courant de l’année 2005 !


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Mots clés

Asma Lamrabet

Médecin hématologiste à l’hôpital d’enfants de Rabat au Maroc, Asma Lamrabet est une intellectuelle musulmane engagée dans la réflexion sur la problématique de la femme en islam. Auteure notamment de "Musulmane tout simplement" aux éditions Tawhid.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

14 décembre 2007
Lola a dit :

Le féminisme occidental est une création de la bourgeoisie issue des Lumières et du capitalisme.

La Grande Industrie avait besoin d’une grande quantité de main-d’oeuvre.

Tout ce qui a suivi n’est que le reflet des changements très importants produits par le travail massif des femmes.

La libération des femmes par elles-mêmes est un leurre.

8 décembre 2007
oumma.com-uk-fan a dit :

En ne remettant pas en question votre bienveillance et sincerite, je percois une ambiguite dans vos intervention. Tout en soutenant la demarche d’ Asma Lamrabet vous semblez irritee par le cadre islamique qu’elle s’est choisie.

Je ne vous reproche pas votre referrant judeo-chretien ainsi que vos convictions feministes a la francaise. Mais je vous soupcone de "delit de zele "en voulant appliquer ces principes aux societes islamiques.

Le feminisme de France s’est construit a travers les theories de Simone De Beauvoir enoncee dans l’ouvage "le deuxieme sexe" parut en 1949. Cet ouvrage revolutionaire oppose l’emancipation de la femme aux institutions bourgeoises telles que le Mariage et la Religion. Voici un extrait du tome 1, chapitre Histoire p141 (folio, Essais) :" la musulmane voilee et enfermee est encore aujourd’hui dans la plupart des couches de la societe une sorte d’esclave"

Malheureusement les feministes francaises, en elevant les concepts elabores par De Beauvoir en dogme universel, sont incapables d’actualiser leur pensee. D’ou leur incapacite d’admettre la pertinence des mouvements feministes musulmans internationaux grandissants.

"Historiquement les libertés ont été gagnées contre les pouvoirs religieux et les religions, ceci est une constante universelle, et l’islam ne fera pas exception." Le manque de nuance dans cette phrase ecrite par candidepastrop illustre cet etat d’esprit intolerant tres repandu dans la societe francaise.

Pour paraphraser candidepastrop on pourrait ajouter : Historiquement les libertes on ete gagnees contre les regimes politiques anti-clericaux. En effet Staline, Polpote, Mao-tsetoung ne sont-il pas responsables de la mort de dizaines de millions d’individus ?

8 décembre 2007
Rahma a dit :

Bonjour,

Je crois qu’une des solutions qui sortira le monde musulman de sa torpeur est précisément la place qui sera accordée, aux femmes de toutes les classes sociales, dans les débats publics. J’ai le sentiment que cette autre moitié de l’Humanité, possède des atouts extraordinaires pour aider à la construction de notre humanité.

Sur le plan strictement religieux, j’ai l’immense espoir, que la lecture que pourrait faire la femme du corpus religieux et spirituel, sera certainement plus axée sur la miséricorde : Une vertu (qui est aussi un Attribut divin)sans laquelle l’Islam n’est qu’un mot.

8 décembre 2007
candidapastrop a dit :

Pour Urluberlu.

Je parle d’ici et maintenant, pas au temps du 7ème siècle.

Tous les problèmes des pays musulmans viennent de là, de cette incapacité à se situer dans le temps de leurs contemporains.

Ceci étant dit, je vous remercie de votre contribution argumentée et respectueuse d’un argumentaire contraire au votre.

7 décembre 2007
Urluberlu a dit :

Effectivement je n’aurai pas dû vous tutoyer, je ne pensais pas que ça choquerai, en générale quand on à a faire à un pseudo ça ne pause pas de probleme mais puisque ça vous indispose, je m’excuse.

Je m’aperçois que vous critiquez la forme de mon intervention mais pas le fond. Je detaille ici mes critique à l’egard de votre intervention (ne le prenez pas pour vous).

1) Vous dites : « Partout, dans tous les pays musulmans et même ceux qui ont adopté récemment un code de la famille, partout donc la place de la femme est subordonnée. » et « Elle ne trompe personne avec discours en total contradiction avec la realité vécue dans les pays musulmans. » Personne ne dit que dans les pays musulmans, la condition de la femme est bonne et surtout pas Asma Lamrabet. Je la cite « On constate, en effet, un anachronisme patent entre ce discours-là et la réalité d’un vécu qui se veut et se dit respectueux des valeurs islamiques et où l’on justifie les pires discriminations envers les femmes. » Encore faut-il avoir lu l’article….

2) Au sujet de la place dans les mosquées je trouve franchement que ce sont des enfantillages, les mosquées sont remplis de croyants et croyantes qui se plient aux règles défini par Dieu et son Prophète (entre autre les femmes derrière les hommes…) et si les femmes ont une place et une entrée assigné les hommes aussi, donc tout le monde est au même niveau !

3) Vous dites : « Historiquement les libertés ont été gagnées contre les pouvoirs religieux et les religions, ceci est une constante universelle, et l’islam ne fera pas exception »

Ce que vous avancez est tout simplement faux : un exemple.

Avant l’Islam les arabes enterraient leurs bébés vivants, lorsque c’était des filles. L’islam a bien évidemment explicitement interdit cela.

Dieu dit dans le Coran : « elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles »

Le Prophète PBSL dit : « Le Croyant qui a la foi la plus parfaite est celui qui a le meilleur caractère. Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes »

Et aussi : « Le Paradis est au-dessous des Pieds des Mères »

Qu’est ce ? si ce n’est des appels au respect TOTAL de la femme en tant qu’individu ?

Certes changement il doit y avoir dans le monde musulman, à l’aune du Coran et de la Sunnah, mais ce changement doit venir de l’intérieur et non pas de gens extérieur à l’Islam.

Sachez aussi que la parole de Dieu est valable en tout lieu et en tout temps, l’Islam n’a pas de Conciles… On peut avoir diverses interprétations mais on ne déclare pas des textes qui ne nous plaisent plus apocryphes, on ne greffe pas de nouveaux textes « canoniques »… Notre religion est simple et souple elle ne nécessite pas de trafics.

Vous avez un discours d’athée féministe qui ne me convient pas du tout car vous pensez pouvoir arriver dans le monde musulman et changer les choses comme ces gens qui ont colonisé le monde pour apporter la civilisation à des sauvages qu’ils ont opprimés et rendu malheureux plus qu’autre chose, ça aussi c’est de l’histoire, ouvrez vos livres !

Et vous ne m’avez pas répondu sur tous les exemples de sexisme qui font honte au pays des Lumières….

7 décembre 2007
oumma.com-uk-fan a dit :

Les textes sacres de toutes les religions revelees contiennent des faits historiques, decrivent des comportements circonstanciels ou refletent des verites immuables.

La Bible et le Coran n’echappent pas a cette analyse.En effet, la bible prescrit 13 fois la lapidation pour des cimes varies tels que la perte de la virginite de la femme avant sa nuit de noce. (Deuteronomy 22:13-21). Que dire du statut de la femme dans la bible qui semble inferieur a celui qu’elle possede dans le Coran ?

Et pourtant aucun pays chretien n’applique la lapidation. Souvent, la condition feminine est meilleur dans les pays chretiens que les pays musulmans.

7 décembre 2007
candidepastrop a dit :

Mr Urberlu, je ne vous permets pas de me tutoyer et votre réplique y gagnerait en respectabilité de l’opinion de l’autre même si celle-ci vous dérange, donc commencer à appliquer à vous mêmes vous préceptes de considération de l’être humain que vous galvaudez si mal.

Je mettais en lumiére la contradiction toujours permanente entre le discours et la réalité, vous même avec l’insulte à peine apparente de vos remarques à mon égard, l’illustrez parfaitement.

Vous pouvez tordre l’Histoire à votre convenance, n’êmpeche qu’elle est, il ne s"agit ni de Lumières ni de civilisation mais de l’Histoire de l’humanité qui nous est commune.

7 décembre 2007
Sephora a dit :

En premier lieu, je tiens ici à saluer votre engagement, chère Madame Lamrabet, et la qualité de vos analyses dont j’apprécie la clairvoyance.

La quintessence du Coran devrait constamment nous inspirer, notamment lorsqu’il exhorte au respect mutuel entre les hommes et les femmes, à l’harmonie, à la complémentarité, au partenariat. Il est indéniable que l’évolution des mentalités en terre d’islam passe par une redéfinition de la place de la femme dans la société, même si par ailleurs d’autres inégalités criantes subsistent, ainsi que le souligne très justement M.Mazri, frappant indifféremment les hommes et les femmes.

Je ne peux m’empêcher d’établir un parallèle avec le modèle de libération dont la société française, celle que je connais le mieux, se fait le chantre. Nous nous gargarisons en effet de la libération de la femme, et de son corollaire la révolution des moeurs, des avancées et des acquis certes précieux, mais dont nous nous gardons bien d’observer les dérives patentes : un individualisme et des antagonismes renforcés, des inégalités salariales qui perdurent, des relents de misogynie qui agissent dans l’ombre, une parité politique accouchée au forceps, et au final une société qui exige toujours plus de la femme, tout en galvaudant allègrement son image à des fins publicitaires ...

Le combat que vous menez en faveur de la reconnaissance du statut et du rôle clé que la femme musulmane, croyante et pratiquante, devrait jouer sur la scène sociale, politique, culturelle, et théologique, m’apparaît primordial tant il est urgent de démystifier, dans l’imaginaire collectif hexagonal tout particulièrement, les perceptions négatives qui lui sont associées.

Au nom de la force du message et des valeurs universelles enseignés par le Texte, il me semble que les femmes musulmanes, riches de la diversité de leurs origines, de leur profil et de leur vécu, ont un défi à relever : contrecarrer tous les préjugés, qu’ils viennent de l’occident ou du monde musulman, en impulsant une nouvelle dynamique d’ouverture et en proposant un mode inédit de libération, en complémentarité et synergie avec nos coreligionnaires masculins. A chaque fois que l’image de la femme musulmane est ternie sous le lourd poids de l’ignorance ou du racisme, c’est toute la société des croyants qui en est affectée. D’où l’urgence...

7 décembre 2007
Urluberlu a dit :

candidepastrop et les autre feministes=> merci de nous apporter TES lumières que TU penses universelles... Les colons et les esclavagistes pensaient aussi avoir des lumières universelles... Qui est tu ? et que sont tes philosophes pour dire que LEUR lumière est universelle ?

Les religions ou les idéologies n’ont rien a voir dans les guerres, les guerres sont simplement le fait de personnes comme toi qui pense avoir tout compris et vont jusqu’a imposer LEUR lumière aux autres, même par la force. Si tu n’arrives pas à convaincre les autres avec tes idées, c’est peu être parce qu’elles ne sont pas si brillantes que sa. Certes il y a des problèmes dans les pays musulmans, mais en France aussi des femmes meurent sous les coups de leur mari, des femmes se font violé, et des femmes pensent que la liberté c’est poser nue tel un bout de viande sur une affiche de pub pour un Yaourt, les femmes sont sous payés par rapport aux hommes sont cantonné a certains travaux (caissières/FEMME de ménage/secrétaire) etc, etc. Tes lumières n’ont pas réussi a résoudre vos propres problèmes alors merci de les garder pour toi !

L’islam n’est pas le christianisme, bien des personnes croient revivre avec l’Islam ce qui c’est passé avec le christianisme, mais ce sont deux religions monothéiste certes mais très différents, d’abord parce qu’entre l’Homme et Dieu il n’y a personne en Islam ni Pape ni Evêque ni Prêtre pour imposer leur loi...

7 décembre 2007
Taremaillac a dit :

On croit rever !

Je suis retourne lire le Coran, et les passages reserves au traitement de la femme selon la regle divine : les prescriptions d’Allah sont extrement claires et precise.

De deux choses l’une :

- Vous etes musulman(e), vous acceptez les regles divines dans le Coran

- Vous decidez d’en appliquer certaines et d’en ignorer d’autre, et a ce moment la vous ne devriez plus etre musulman(e)

Ah, j’oubliais : les 5 pilliers suffisent. Oh, non : la seule profession de foi suffit a etre musulman(e). Non, non : l’application litterale du Coran doit etre de mise. Aie ! J’oubliais : la lecture doit etre contextuee... et ceterea.

Vous lisez un peu les reactions ? A croire que certain(e)s intervenants ne s’embarrassent guere d’une seconde ou deux reflexion.

Comment, encore aujourd’hui, pres de 15 siecles apres l’Egire, vient-on nous dire que le traitement fait aux femmes dans les pays de tradition et de culture musulmane, lorsque la Chariah n’est pas carremment appliquee, est le fait de "cultures autochtones sans connection avec l’Islam".

La place de la femme, ses droits et ses prerogatives sont clairement definies dans le Saint Coran. Il n’y pas matiere a interpreter, mais a appliquer la loi divine.

Amin.

Taremaillac.

PS : Celles et ceux qui ne seraient pas d’accord n’ont qu’a trouver une religion qui corresponde a leur idee de la place de la femme dans la societe.

7 décembre 2007
Omar Mazri a dit :

Deux précisions :

UN

"Dieu a créé l’homme à son image (souratihi) ne signifie pas à l’image de Dieu mais selon cette forme humaine qui se distingue des autres créatures. Pas d’anthropomorphisme dans le monothéisme.

DEUX

Le texte coranique et le texte prophétique sur la femme ne souffrent d’aucune équivoque.

La situation de la femme est liée à celle de l’Homme au sens féminin et masculin. Il ne s’agit pas de faire une lecture féministe ou sexiste de l’islam ce qui voudrait dire que Dieu est mysogyne ou phallocratique. Sobhane Allah

Il y a un problème grave : la libération de l’HOMME. L’islam est absent ou réduit à des clichés. Tout est en réduction dans le monde musulman, les femmes, les hommes, les idées, les richesses, le travail, l’intelligence, les élites politiques, sociales ou religieuses.

La réduction est dans la regression des musulmans. Le code de la famille sectaire comme l’arabisation mal menée sont le symboles non seulement de la regression des musulmans mais de la confiscation des symboles pour les ternir.

La confiscation est opérée par les abrutis qui parlent au nom de l’islam, les gouvernants qui ont instrumentalisé la religion et bien entendu l’ancien colonisateur qui a interêt à voir le musulman ou la musulmane hors jeu social, hors jeu politique, hors jeu moral, hors jeu intellectuel.

la musulmane comme le musulman sont interpellés par le Coran, par le défi du temps pour jouer leur mission de Khalifat de Dieu (vicariat) dans le cadre de l’Honorificat qui leur est du es qualité.

Il n’y a pas de musulman sans cadre islamique : la liberté.

La liberté passe par un processus de libération. La libération ne pezut être confinée à celle de l’homme ou de la femme l’un sans l’autre ou l’un contre l’autre mais la libération de l’Homme et sa réappropriation de son adamité et de son islamité au sens féminin et au sens masculin, l’un avec l’autre, l’un pour l’autre sans confusion de l’un par rapport à l’autre et sans négation de l’un ou de l’autre

le Coran dit : les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. C’est le sens de cette alliance qu’il s’agit de se rédéfinir. Alliance par rapport à Dieu, alliance selon Dieu, Alliance pour Dieu. Alliance contre Satan et le Taghout.

Le problème ne relève pas du religieux mais du sociologique, du psychologique, du culturel, de l’économique et du politique. Ce sont toutes ces données qu’il faut réformer dans nos sociétés dans le sens coranique si on veut que la femme comme l’homme soient honorés en tant qu’êtres adamiques d’abord ensuite en tant que musulmans.

Se mettre sur le terrain du religieux c’est se tromper de lecture et perdre de vue la globalité de l’islam et son harmonie avec la nature primordiale, la raison et les exigences du monde au féminin, au masculin et au sens commun au deux.

6 décembre 2007
candidepastrop a dit :

Il est certain que la contribution d’Asma Lamrabet, une femme qui symbolise par sa formation et sa position sociétale, la femme musulmane moderne, on en accepte l’augure !

Partout, dans tous les pays musulmans et même ceux qui ont adopté récemment un code de la famille, partout donc la place de la femme est subordonnée.

Partout, dans les mosqués les femmes sont placées derrière les hommes et ont une salle spécifique, Asma Lamrabet le sait puisque si elle a fréquenté une mosquée , elle n a pas choisi sa place, ce sont les hommes qui lui en ont designé une !

Elle ne trompe personne avec discours en total contradiction avec la realité vécue dans les pays musulmans.

Mais souhaitons lui bonne chance si elle réussit à faire bouger les lignes.

Elle pourrait tester la prégnance de son combat en proposant au prochain congrès de l’UOIF, de laisser libres les hommes et les femmes choisir leurs place dans la salle de conferénce, supprimer les entrées pour les hommes séparées de celles des femmes etc...

Historiquement les libertés ont été gagnées contre les pouvoirs religieux et les religions, ceci est une constante universelle, et l’islam ne fera pas exception.

6 décembre 2007

J’aimerais juste ajouté, après avoir parcours le texte de Asma Lamrabet et les commentaires, il faut arrêter de me dire que les hommes et les femmes sont égaux, en tout cas cela doit concerner que les femmes non musulmanes, parce que jusqu’à ce jour, je n’ai pas vu et entendu un homme laisser une femme musulmane s’exprimer librement, sans l’avoir dénigrée avant et après, si entre temps, il ne lui a pas coupé la parole, son discours de femme SOUMISE devant et pour Dieu.

Où est la politesse dans une telle situation ? Je ne parle même pas d’égalité, juste de politesse, vous pouvez imaginer le reste, pas de liberté, pas d’égalité...

’Omar Ibn Al-Khattab -radhia Allahou anhou-, durant son califa, a été interrompu par UNE FEMME, dans l’assemblée qu’il dirigeait. Elle lui a dit clairement qu’il n’appliquait pas le verset (lié à la femme). Qu’a-t-il répondu, cet Homme en tant que chef d’état, " cette femme a RAISON et ’Omar a tord." Cette femme s’est permise de l’interrompre, il l’a écouté et reconnu son erreur, sans chercher à la faire taire, ni l’interrompre.

Quel homme a encore ce respect pour la femme musulmane ?!

6 décembre 2007

Je me permets de reprendre un certain point qui apparaît dès les premières lignes de ce texte :

" Des crimes d’honneur aux mariages forcés, en passant par une juridiction rétrograde qui maintient les femmes dans une position de mineure à vie, la liste des sévices est longue et demeure malheureusement cautionnée par une certaine lecture de l’islam."

Cela n’a rien à voir de près ou de loin à UNE CERTAINE LECTURE DE L’ISLAM. Tout simplement parce que, durant la Révélation, ces pratiques (citées ci-dessus par A.L) ont été réprouvées voir interdites par L’Envoyé de Dieu Mohammad -salla llahou ’alayhi wa salam-. Ce ne sont que des cultures liées au commun des mortels, et rien à voir avec l’Islam. Par pure ignorance de l’ histoire et de la mission du sceau des Prophète -salla llahou ’alayhi wa salam- nous pouvons lire au XXI ème siècle,encore de tels propos.

A quand des phrases basées sur la vérité ?! A quand la libération des esprits figés par des préjugès antan ?!

6 décembre 2007
Hakima a dit :

A Françoise : Le Coran s’adresse aux croyants vertueux. L’esprit du Coran est que les hommes sont responsables de ce qu’il peut advenir des femmes et c’est ce qui leur confère cette "prééminence". C’est dans ce sens qu’il faut aussi comprendre l’"obéissance" car, si je peux me permettre cette image, l’homme se trouve juste devant sa compagne sur le chemin de Dieu. Tous deux doivent s’efforcer de rester vigilants afin d’être éclairés sur tout ce qui leur pose problème. Si l’homme n’obéit pas à Dieu, il n’a aucune légitimité à se faire obéir. Pareillement s’il ne se "corrige" pas.

La question que je pose personnellement est : comment le couple homme/femme doit-il traiter la question du "Mal" (l’erreur, la faute ou le péché, le désaccord, ...) de façon juste et équitable ?.

6 décembre 2007
didier a dit :

Une petite remarque à Nassera.

Je pense qu’il n’est pas utile d’apporter une restriction à l’égalité entre la femme et l’homme. A ce qu’il dit ("L’esprit du Coran est celui de l’égalité entre la femme et l’homme au niveau de la croyance"), j’aurais préféré "L’esprit du Coran est celui de l’égalité entre l’homme et la femme" sans suite restrictive.

Si les écrits saints doivent bénéficier d’une lecture contextuelle, il faut surtout se rappeler le contexte dans lequel ils ont été écrits. Il ne me paraît pas anormal que des écrits datant de 1 300, 2 000 ans ou plus encore, un certain nombre de préceptes de société soient ceux en vigueur à leur époque. N’oublions pas que dans le monde chrétien, il a fallu attendre le 20ème siècle pour que soit entamé réellement le processus d’égalité entre femmes et hommes, et il n’est pas encore terminé.

Heureusement, parallèlement, il y a la loi qui suit les évolutions de la société. Et pour ces textes prosaïquement humains, non seulement il y a l’esprit de la loi, mais aussi la lettre de la loi à respecter. Un des avantages de la loi, c’est qu’elle est explicite, et leur interprétation quand elle est nécessaire ne peut ni être contraire ni à l’esprit, ni à la lettre.

Déjà quand un texte net et explicite comme l’article 1 des droits de l’homme, inscrit dans la constitution il y a 220 ans, n’est toujours pas complètement appliqué, que dire de textes sacrés sujets à discussions contradictoires, interprétations et études contextuelle.

La femme et l’homme sont égaux civilement, civiquement et spirituellement. Et, il n’est pas interdit de conseiller aux hommes tentés de nuancer cet axiome d’imaginer qu’au train où vont les choses, cette loi stricte sur l’égalité pourra un jour les protéger quand l’ascension irrésistible des femmes dans les structures humaines les conduira presque naturellement à diriger nos sociétés. Certes, c’est un brin provocateur, mais est-ce aussi invraisemblable ? Après tout, ce serait normal !

6 décembre 2007
Nassera a dit :

Je voudrais répondre à Françoise qui nous a demandé une explication relative à ces deux versets.

Il est utile de préciser que l’interprétation du Coran ne peut se faire de façon littérale mais contextuelle. L’esprit et non la lettre. L’esprit du Coran est celui de l’égalité entre la femme et l’homme au niveau de la croyance. Il n’ y a aucune supériorité. Je rappelle d’autres paroles coraniques et issues de la sunna qu’il faut plutôt retenir :


- "Et comportez-vous convenablement envers elles." Coran 4/19

- "...Le meilleur d’entre vou s est celui qui est le meilleur pour son épouse." Hadith


- "Le paradis se trouve sous les pieds de la mère" Hadith.


- "Les femmes sont soeurs des hommes" Hadith

6 décembre 2007
Françoise a dit :

Merci à Hakima, mais il y a d’autres versets sur lesquels j’aimerais avoir une explication notamment ces deux versets. :

« Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et corrigez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est, certes, Haut et Grand. » — (An Nissâ 4 ; 34)

« Demandez le témoignage de deux témoins parmi vos hommes. Si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes, parmi ceux que vous agréez pour témoins. » — (La Vache 282)

6 décembre 2007
La France aux anges a dit :

Il y a des choses interessantes dans ce texte même si l’on sent un certain embarras et des vas et vien pas très clair.

Dès qu’il y en a qui veut quelque chose, il met sur la table le problème de la lecture des textes coraniques... c’est lassant.

Dans votre analyse vous allez un peu vite en systématisation, finalement le discours occidentale vous l’admettez même si pour vous il n’est pas altruiste au fond il est totalement vrai. Pas étonnant que vous ne sachiez pas répondre au critique.

Il me semble que le discours occidentale sur la femme sert à promouvoir l’individualisme (c’est ce que vous appeler modernité ? dogme parmis les dogme).

C’est bien d’essayer de faire avancer les choses, pourquoi ne pas avoir le courage d’aller plus loin et de dépasser les contradictions des uns et des autres et ne pas tomber dans le piège de l’aliénation féministe.

Vous parlez de femmes musulmanes, pour cibler une catégorie de femmes ? Si ça n’est que ça c’est dommage.

Il serait grandement bénéfique pour le monde musulman que ses femmes participent en tant que musulmanes à la refondation (et pas à la stagnation sous des formes économiques autre et loin de tout Islam meme archi réinterprété et relu).

Ps : "Un discours récurrent, toujours sur la défensive, qui s’essouffle avec le temps et qui, à défaut de convaincre, serait plutôt révélateur d’un désarroi profond et manifeste", cette remarque révélatrice (comme un mirroir) et contre productive. Convaincre ????? Hallucinant cette position, mais bien réelle, la femme musulmane (comme vous dite) est fortement instrumentalisé, c’est un fait. Etes vous capable d’entendre ? Difficile de concilier le ’je’, ’je’,’je’ et l’Islam... C’est l’éternel débat qui mène à l’éclatement d’un coté la liberté de l’autre la responsabilité. La maghrébine s’est engouffrée dans ce piège, qu’en est-il de la musulmane ? Beaucoup mértie l’admiration et le respect et c’est ce qu’elles ont, elles ne sont esclave de quiconque mais simplement musulmane aimante et aimée. Que leur condition soit améliorée et que l’on évite qu’elle subissent de l’injustice, je dis cent fois oui.

6 décembre 2007
Hakima a dit :
A françoise : "une certaine prééminence demeure acquise aux hommes". La prééminence est avant tout ontologique. La problématique est clairement posée par Mme Lamrabet. Ethique et justice sont les maîtres-mots de cette démarche. Les femmes sont les partenaires des hommes. Si elles suppléent à certaines tâches traditionnellement dévolues aux hommes c’est parce que les hommes n’ont pas apporté de solutions justes aux questions de l’heure. Dans le monde d’aujourd’hui, les Hommes sont obnibulés par une seule chose : l’argent.
6 décembre 2007

A celui qui ne signe pas son intervention, je crois qu’il verse dans la paranoia, il voit des musulmans partout qui, s’en prennent à l’occident.

Il verse tellement dans la paranoia qu’il est incapable de comprendre le texte de Asma Lamrabet écrit dans un Français remarquable, clair et précis.

Mais s’il est partant, c’est avec plaisir que nous pourrions lui donner quelques cours de lettres françaises, d’explication de texte, afin qu’il apprenne à lire et surtout à comprendre sa langue, le français.

Ps : Faisons un rêve, un instant et un seul, les fachos-paranos disparaissent de l’occident, plus de fachos paranos !!!!

6 décembre 2007
faridb a dit :

Bonjour, Salam,

Je voudrais remercier A. Lamrabet pour ses livres et ces articles qui sont une grande source de reflexion sur le statut de la femme en Islam.

J’ai relevé ce passage qui met le doigt sur un risque potentiel lié à la stratégie féministe :

"Il ne s’agit évidemment pas d’un mouvement qui, du fait de la perspective féminine, opposerait les femmes aux hommes selon une vision conflictuelle."

Le risque est là. La participation féminine à l’exegese du Coran est légitime. Puisque l’interprétation masculine a favorisé pendant des siecles l’exclusion de la femme musulmane quant à sa participation dans la société musulmane, il est logique que le precurseur d’un changement soit la femme. (Alors que la femme musulmane participait à l’époque du prophete aux guerres, aux commerses, à l’essort de la science religieuse ...)

L’objectif est donc souhaitable. Cependant c’est dans la methode que résident les risque d’une confrontation avec l’homme. Car la lecture feminine engendrera forcément une remise en cause des interpretations masculines.

Deux solutions sont alors possibles : soit ces reformes se font avec l’homme dans le cadre d’un partenariat ou alors contre lui. Le partenariat Homme/Femme dont parle assez peu A. Lamrabet est pourtant possible car des reformistes musulmans s’inscrivent dans cette vision féministe et peuvent apporter une contribution prépondérante à une lecture plus fidele aux sources. De nombreux penseurs musulmans ont conscience de la nécessité d’une réforme et la première étape du mouvement féministe musulman est de s’associer à eux afin d’éviter une situation conflictuelle.

6 décembre 2007
Djawida a dit :

Le très courageux intervenant qui signe sans non, caricature le texte de Asma Lamrabet qui met clairement en cause les hommes musulmans et non pas l’oocident. Le passage de son texte voire en dessous est pourtant claire, il y a même un hommage implicite à l’occident :

En effet, aujourd’hui de nombreuses musulmanes intellectuelles, vivant dans les sociétés musulmanes mais aussi en terre d’Occident, grâce à leurs recherches académiques, sociales et théologiques et surtout au nom de leur foi, remettent en question un grand nombre de préjugés sur cette question… Elles contestent surtout l’analyse classique qui stipule que l’inégalité entre hommes et femmes et son corollaire de mesures discriminatoires font partie inhérente du Texte sacré en démontrant que ce sont, en fait, certaines lectures tendancieuses, avalisées par des coutumes patriarcales, qui ont plutôt légitimé ces mêmes inégalités.

6 décembre 2007

Toujours pareil ; pourtant ça commençait bien,enfin un discours en soi qui met le doigt sur un problème de société.

Mais on déchante vite après quelques chapitres, le méchant occident est là, qui par ambition atavique néo-colonialisme jamais abandonnée veut asservir les esprits des femmes arabo-musulmanes !

Faisons un rêve, un instant et un seul, l’occident disparait de la surface de la terre, plus d ’occident !

Que diraient les intellectuels arabo-musulmans pour justifier l’incurie de leur classe politique ?

Il faut sortir quelques fois, les chinois, les asiatiques d’une façon générale commercent et ont des relations culturelles avec les pays occidentaux, ils ne vitupèrent pas à chaque instant contre l occident !

Peut-être que Allah a disposé l’occident pour éprouver sa communauté ? qui sait ?

6 décembre 2007
Françoise a dit :

Chers amis,

Le sujet de la femme en Islam suscite pour moi un grand intérêt. Sans juger, je voudrais connaître le sens du verset ci-desssous qui semble donner une supériorité de l’homme sur la femme.

" Les femmes ont autant de droits que de devoirs vis-à-vis de leurs époux.Une certaine préeminence demeure acquise aux hommes " (2-La Vache-228)

6 décembre 2007
Martine a dit :
La femme musulmane a un statut de femme mineure dans beaucoup de pays musulmans, où les sociétés sont machistes. Je plains ces femmes qui souffrent et sont soumises à l’arbitraire de l’homme.
6 décembre 2007
Anonyme a dit :
Moi je propose l’exemple,d’après ce que j ai compris dans cet article,de deux personnes qui ont créer une entreprise.Une femme et un homme. Alors pour faire avancer l’entreprise, allez vous consulter votre partenaire sur chaque décision et chaque changement ou pas ? Parce que nous,homme et femme ,dans cet univers sommes des gérants(KHALIFAT).C’est ce qu’Allah a dit à l’assemblée des anges. Je vous laisse méditer
6 décembre 2007
Liliane.B a dit :

Chère Asma,

Pour être brève, je dirai simplement que ce n’est qu’en libérant l’homme que la femme sera libérée. La question est en effet celle d’une relation et ici la relation homme-femme. Le fait que pendant des siècles les femmes se soient laissé maintenir en esclavage ne vous étonne-t-il pas ? On peut dire que les contraintes économiques sont lourdes et que la femme est restée prisonnière de la famille et du foyer. Le Prophète le disait lui-même dans son Discours d’Adieu. On peut le dire mais on peut aussi envisager une autre hypothèse : malgré ces contraintes, les femmes ont conservé leur espace de liberté même si elles n’ont pas pris le temps d’écrire ni d’interpréter le Texte sacré. Le fait au contraire que les hommes aient pris la peine de souligner même avec difficulté mais avec tant d’obstination leur supériorité est plus inquiétant. Cela pourrait souligner qu’ils n’en sont pas si sûrs et que leur relation n’a rien d’idéal. Pourquoi en particulier ne parlent-ils jamais de leur femme en public ?

Beaucoup de femmes savaient lire cependant ne serait-ce que ce verset : Jonas 10,108 :

108. Dis : "Ô gens ! Certes la vérité vous est venue de votre Seigneur. Donc, quiconque est dans le bon chemin ne l’est que pour lui-même ; et quiconque s’égare, ne s’égare qu’à son propre détriment. Je ne suis nullement un protecteur pour vous.

Le Prophète était un homme et Dieu lui dit qu’il n’est pas un « wakîlin », un gardien pour quiconque y compris pour ses femmes !

Or, d’un gardien, les femmes peuvent s’en accommoder, voire même l’apprécier et ne pas avoir envie d’y renoncer. Ce n’est qu’une hypothèse tout comme le fait que bien des hommes ne jouent ce rôle que sous la contrainte…

On dira certes que des femmes sont très mal gardées. Savent-elles qu’elles n’ont pas besoin de gardien ? Elles pourraient alors libérer les hommes qui réciproquement les libéreraient.

Ce n’est qu’une hypothèse et les contraintes sociales sont lourdes. Pourtant le Texte sacré est clair…

Pourquoi par exemple se représente-t-on le célibataire comme misérable parce qu’il ne bénéficie pas du travail féminin ?

Pourquoi ne pas accéder dans un couple au 50/50 pour les charges et les profits ?

Sans doute peut-être parce que l’homme n’est pas libre et qu’il a besoin de prouver sa supériorité…Sait-il lire ?

Bravo donc pour vos livres qui défendent les femmes victimes. Je pense que vos arguments sont bons, j’essaie seulement de participer à votre réflexion.

Cordialement

6 décembre 2007
P a dit :

je viens de finir un livre qui apporte une réflexion intéressante sur les rapports entre la barbe et le voile chez les Chrétiens (Métaphysique des sexes de Sylviane Agacinski, ed du Seuil, point essais).

L’auteure reprend des textes chrétien classique et en propose une lecture. Les théologiens classique aurait été face à une contradiction.

Selon certaines phrases de la Genèse, Dieu a crée Adam et Eve à son image et selon d’autres phrases il a crée Adam à son image et ensuite Eve à partir d’Adam. Une interprétation courante des théologiens classique serait alors de dire que c’est l’âme de l’homme et de la femme qui est à l’image de Dieu. Mais aussi que le corps de l’homme est plus à cette image que celui de la femme ; celui de la femme nécessiterait d’être corrigée par un voile sur ses attributs, la poitrine et la chevelure particulièrement, qui étaient des attributs interprétés comme relatif au fait que l’être humain doit se reproduire.

Selon Agacinski on peut s’appuyer plutôt sur la phrase qui dit que l’homme et la femme sont crées à l’image de Dieu.

En résumant avec des mots très imparfaits, j’apparais caricatural et peu précis. J’aimerais juste renvoyer à la lecture de ce livre qui est riche en citation de textes référencés.

On oublie un peu vite qu’en France, des femmes chrétiennes se voilent la chevelure, avec un fichu, quand elles sortent, que d’autres portent un couvre-chef à l’intérieur des églises. Et qu’on peut être athées tout en choisissant de se vêtir de manière à gommer les formes de sa poitrine et de ses cheveux (en les coupant par exemple, mais qui oserait dire la vérité d’une coiffure sans s’enquérir du sens que la personne lui donne ?)

Un autre chercheur, Dan Sperber, a démontré que du point de vue scientifique on ne peut pas dire qu’un symbole signifie. Car la signification implique un lien stricte entre le symbole comme évènement physique et le sens de ce symbole (Le symbolisme en général, Ed. Hermann). Celà n’empêche pas qu’il y ait des significations construites et qui soient partagées. Et pour un même symbole elles peuvent être complètement variées, non déductible de l’une à l’autre et toujours en transformation.

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