Oumma.com Version mobile  Newsletter  Lien RSS
Vendredi 21 Novembre 2008
Articles
Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française/Une lecture fractale de l’Histoire de France (seconde partie)

mercredi 28 février 2007 - par *René Naba

SECONDE PARTIE

III) Le mythe de la politique arabe de la France

Philipe Val, le directeur conformiste de l’hebdomadaire faussement anarchiste Charlie Hebdo, impute la collaboration vichyste anti-juive à « la politique arabe de la France ». Ce mémorialiste des temps modernes qui se vit en rival contemporain du cardinal de RETZ, s’imagine, par ce raccourci non pas audacieux mais hasardeux, exonérer la France de l’antisémitisme récurrent de la société française.

Sauf à prêter aux Arabes une capacité d’anticipation d’une hardiesse rare confinant à un machiavélisme suprême, en vue de soudoyer l’Etat-Major français pour le conduire à faire condamner pour « haute trahison » un officier français de confession juive, le Capitaine Alfred Dreyfus, ou encore à gangrener le haut commandement politico-militaire français en vue de savourer le désastre de 1940, l’antisémitisme en France a préexisté à la présence arabe et musulmane en France.

Le plus grand déferlement d’Arabes et de Musulmans en France est survenu à l’occasion de la Deuxième Guerre Mondiale, non pour l’appât du gain -« pour manger le pain des Français »-, mais bien pour libérer avec d’autres le pays du joug nazi, pour aider à la défense d’un pays que ses habitants n’ont pas su, pas pu ou pas voulu défendre… C’est-à-dire près de cinquante ans après l’affaire Dreyfus et dans la foulée de la capitulation de Montoire.

Et, que je sache, le « Bureau des affaires juives », a eu pour précurseur immédiat « le Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains » dont la création, en 1925, n’a pas suscité la moindre protestation des Français sans doute trop occupés à l’époque à magnifier leur supériorité dans l’admiration des « zoos humains »

La thèse de Philipe Val ne résiste pas à une analyse un tant soit peu sérieuse. Mais qui a jamais soutenu que Philippe Val était un analyste ? Sérieux de surcroît ? Elle participe néanmoins d’une falsification de l’Histoire, d’un sournois travail de révisionnisme anti-arabe.

Une politique se juge sur la durée. A l’épreuve des faits, la politique arabe de la France, dogme sacré s’il en est, se révèle être, par moments, une vaste mystification, un argument de vente du complexe militaro-industriel français. Qu’on en juge. L’histoire en est témoin. La contribution des Arabes à l’effort de guerre français en 1914-1918 pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine a été franche et massive. Sans contrepartie. La France, en retour, vingt ans après cette contribution, a témoigné de sa gratitude à sa façon…… en amputant la Syrie du district d’Alexandrette (1939) pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première guerre mondiale.

Dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, la France, récidiviste, carbonisera la première manifestation autonomiste des Algériens, à Sétif, le jour même de la victoire alliée, le 9 mai 1945, une répression qui apparaîtra rétrospectivement comme une aberration de l’esprit sans doute unique dans l’histoire du monde, dont les effets se font encore sentir de nos jours.

Dix ans plus tard, en 1956, de concert avec Israël et la Grande Bretagne, la France se livre à une « expédition punitive » contre le chef de file du nationalisme arabe, Nasser, coupable d’avoir voulu récupérer son unique richesse nationale « le Canal de Suez ». Curieux attelage que cette « équipée de Suez » entre les rescapés du génocide hitlérien (les Israéliens) et l’un de leur ancien bourreau, la France, qui fut sous Vichy l’anti-chambre des camps de la mort.

Curieux attelage pour quel combat ? Contre qui ? Des Arabes, ceux-là mêmes qui furent abondamment sollicités durant la deuxième guerre mondiale pour vaincre le régime nazi, c’est-à-dire l’occupant des Français et le bourreau des Israéliens. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme élaborée de l’exception française, on aurait rêvé meilleure expression de la gratitude.

Très concrètement, la politique arabe de la France a consisté, historiquement, en une opération de restauration de la souveraineté nationale dans les centres de décision du pouvoir politique français, après la guerre de juin 1967, par la rupture de la relation fusionnelle qui existait qui, au mépris de l’intérêt national, entre services français et israéliens.

Bon nombre d’entre vous se rappellent peut-être le chef de la mission d’achat militaire israélienne en France disposait, à l’époque, non pas à l’ambassade israélienne, mais au sein même du ministère français des armées, d’un bureau jouxtant celui du directeur de cabinet du ministre, une proximité sans précédent même dans les pays colonisés.

Bon nombre d’entre vous gardent peut être présent à l’esprit l’implication des services israéliens et français dans l’enlèvement du chef charismatique de l’opposition marocaine Mehdi Ben Barka, en 1965, en plein jour, en plein Paris, ou encore le vol des cinq vedettes de Cherbourg par les Israéliens (Décembre 1969), la plus concrète manifestation sinon de la connivence du moins de la passivité des services français à l’égard des coups de main israéliens.

L’ouverture de la France vers les pays arabes, en 1967, au terme d’une rupture de onze ans consécutive à l’expédition de Suez, lui a valu un regain de prestige après deux décennies de déboires militaires en Indochine et en Algérie, la conquête des marchés pétroliers, notamment l’Irak, l’ancienne chasse gardée des Anglais, la percée majeure de la diplomatie gaulliste de la seconde moitié du XXme siècle, ainsi que de fabuleux contrats militaires de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars, notamment avec l’Irak, la Libye et l’Arabie saoudite,

L’illustration patente de la disparité de traitement entre Français et Arabes est la première crise de l’énergie en 1973. A cette date, la France est officiellement le partenaire privilégié du Monde arabe, officiellement épargnée par le boycottage pétrolier anti-occidental, le principal bénéficiaire du boom pétrolier, le principal bénéficiaire des contrats pétro-monarchiques, mais les Français se cramponnent à une xénophobie lancinante, crispés sur un comportement guidé par une psychorigidité nourrie d’une nostalgie de grandeur.

Tout le monde garde présent à l’esprit les traits d’humour d’une époque où les Français exultaient de compenser leur absence de ressources naturelles par une prétendue supériorité intellectuelle, affichant leur fierté de ne "pas avoir de pétrole mais des idées", formule qui peut se décrypter de la façon suivante : "pas d’essence, mais la quintessence de l’esprit", humour que sous-tendait une arabophobie ambiante dans une période où les arabo-musulmans étaient cloués au pilori pour avoir osé frigorifier les Français avec leur crise de l’énergie.

Le renchérissement du coût du pétrole était vécu comme un crime de lèse-majesté, alors qu’il s’agissait d’un problème de rajustement des prix du brut, longtemps outrageusement favorables aux économies occidentales.

La contradiction entre l’ouverture pan-arabe de la diplomatie française et la crispation identitaire de l’opinion française posait déjà à l’époque le problème de la mise en cohérence de la politique française à l’égard du fait arabo-musulman.

L’universalisme français a pratiqué à destination du monde arabo-musulman une « politique des minorités », contraire à ses principes fondateurs, institutionnalisant et instrumentalisant le confessionalisme et le communautarisme, se servant des Maronites (au Levant) et des Kabyles (au Ponant) comme levier à une re-christianisation de la rive méridionale de la Méditerranée, interdisant aux Algériens sur le sol même de leur patrie, l’usage de leur langue nationale, infligeant à ce pays un dégât plus important que les ravages de 130 ans de la colonisation, le dommage de l’esprit,— l’acculturation—, dont les effets corrosifs et pernicieux se font encore sentir de nos jours et qui expliquent pour une large part les crises cycliques entre les deux pays.

La politique arabe de la France c’est cela aussi. Muettes et douloureuses, les blessures de la mémoire ne cicatrisent jamais.

IV La France : Aimez- là ou quittez-là ou le mythe de l’excellence française

Ce mot d’ordre n’a même pas le mérite de l’originalité. IL a été emprunté à Ronald Reagan, le président Rambo des Etats-Unis de la décennie 1980 (1980-1988) qui entendait par cette formule neutraliser les critiques contre l’aventurisme américain dans la période post Vietnam (1975-1980).

Empruntée à Reagan en vue de son application électoraliste en France par le dirigeant de la droite traditionaliste Philippe de Villiers, reprise et amplifiée par…Nicolas Sarkozy, ce « Français de la deuxième génération » selon la dénomination en vigueur en France pour les citoyens originaires du tiers monde.

Le clonage de l’Amérique n’est pas la marque de l’originalité.

Les basanés de France sont là et bien là. Durablement ancrés dans le paysage politique et social français. Eux dont « le rôle positif » n’a jamais été célébré avec solennité, sinon que d’une manière, [>> virgule incorrecte] incidente quand il n’a pas été plus simplement nié ou controversé.

En France, non pas leur pays d’accueil, mais leur pays d’élection.

Déterminés à défendre la haute idée que la France veut donner d’elle-même au Monde.

A combattre tous ceux qui fragilisent l’économie par une gestion hasardeuse, tous ceux qui discréditent la politique par une connivence sulfureuse,

Tous ceux qui polluent l’image de la France, à coups d’emplois fictifs et de responsabilité fictive, de rétro-commissions et de frais de bouche, de délits d’initiés et d’abus de biens sociaux

Ces messieurs des frégates de Taiwan et de Clearstream,

Du Crédit Lyonnais et de la Compagnie Générale des Eaux,

D’Elf Aquitaine et d’EADS,

D’Executive Life et de Pechiney American–Can

Des marchés d’Ile de France et de HLM de Paris, de la MNEF et d’Urba-Gracco,

Ceux qui dévalorisent leur justice à coups d’affaires d’Outreaux, d’écoutes téléphoniques illégales, de tri sélectif et de « charters de la honte »

Qui dévalorisent leurs nationaux à coups de bougnoule et de ratonnades, de racaille et de Karcher.

Contre la « France d’en bas » qui gouverne le pays, la France des basses manoeuvres et des bas calculs, des « zones de non droit et de passe-droits », des nominations de complaisance et des appartements de fonction, la France qui refuse de donner un coup de pouce au SMIC, qui « cristallise », c’est-à-dire, fige à sa portion congrue, les retraites des anciens combattants « basanés » de l’armée française, mais qui relève de 70 pour cent le salaires des ministres nantis, qui gorge de « stock options et de parachutes dorés » les gérants en déconfiture, tels ceux de Vinci et de Carrefour, qui recycle la forfaiture dans l’honorabilité, propulsant au Conseil d’Etat, le temple de la vertu républicaine, en guise de rétribution pour services rendus dans la diversion de la justice, tel ministre de la justice, passé dans l’histoire comme le plus célèbre intercepteur d’hélicoptères des annales judiciaires internationales.

En un mot contre cette posture du mépris et de l’irresponsabilité –la singulière théorie du fusible à la française » qui exonère le responsable de toute responsabilité par une sorte de privilège anti-démocratique tirant sa justification dans une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française.

Contre la criminalisation du politique, cet état de fait symptomatique de la France contemporaine illustré particulièrement par la présidence Chirac, dont la double mandature (1995-2000), douze ans, aura été polluée par de retentissants scandales politico-financiers en rapport avec l’argent illicite, sans pour autant que soit discrédité le chef de l’état français –le parangon de la « fracture sociale », de « l’état modeste » et d’un « siècle de l’Ethique », réélu en dépit des dérives autoritaro-mercantiles de son magistère.

Le président Chirac précisément et non son prédécesseur François Mitterrand, en application de l’aveu d’un spécialiste du brigandage politique, Jean Montaldo, un chiraquien désabusé qui soutient, paroles d’expert, que « de Mitterrand à Chirac nous sommes passés du stade artisanal au stade industriel », dans le domaine de la corruption (8).

N’y voyez aucune interférence électoraliste ou partisane : L’histoire d’aujourd’hui est la mémoire de demain et il importe d’être vigoureux dans la dénonciation des dérives contemporaines pour prévenir de douloureuses réminiscences de la mémoire future.

« Le casier judiciaire de la République » présente ainsi l’édifiant bilan suivant : Neuf cent (900) élus mis en examen soit pour délinquance financière, soit pour atteintes aux biens et aux personnes y compris les crimes sexuels. Ce bilan porte sur la décennie 1990-2000. Gageons que le bilan de la présente décennie est en passe d’être identique.

La « tolérance zéro » à l’égard de la criminalité en col blanc se devrait d’être pourtant un impératif catégorique de l’ordre républicain en vertu du principe de l’exemplarité de l’Etat.

La capitulation de Sedan face à l’Allemagne en 1870-71 a donné naissance à la III me République, la capitulation de Montoire (9) face à Hitler en 1940 à la IV me République (1946), celle de Dien Bien Phu et d’Algérie en 1955, à la V me République (1958), avec leurs cortèges de grandes institutions : Sedan à la création de « sciences po », l’Institut des Etudes Politiques de Paris et Montoire à la fondation de l’ENA, l’Ecole Nationale d’Administration (1945).

Le pays des « Grandes Ecoles », des concours pépinières des élites, des scribes et des clercs, -cinq millions de fonctionnaires en France en l’an 2.000, le plus fort contingent de l’Union européenne, soit 20 pour cent de la population active- ne tolère pas de retour sur son passé. Il ne conçoit que les perspectives d’avenir. Jamais de rétrospectives, ni d’introspection. toujours des prospectives. Une fuite en avant ?

Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat s’impose tant sur la contribution des « peuples basanés » à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil, en guise de mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école ?- la correspondance entre l’amnésie sur les « crimes de bureau » de 1940-44 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XX me siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

Cette dérive a été sanctionnée d’ailleurs lors de la première consultation populaire à l’échelon national du XXI me siècle. « Une des plus grandes bévues démocratiques de l’histoire contemporaine de la France », selon l’expression de l’écrivain indo britannique Salman Rushdie, la présidentielle de 2002 qui avait mis aux prises un « superfacho » et un « supermenteur », -selon la formule en vigueur à l’époque-, révélera aux Français et au Monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé par les élites depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale (1945), au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane.

Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde auraient dû pourtant banaliser la présence des « basanés » sur le sol français, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration conférer à l’Islam le statut de religion autochtone en France où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo-centriste et judéo-chrétienne.

Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

L’intégration présuppose une conjonction d’apports et non une amputation de la matrice identitaire de base. La troisième génération issue de l’immigration est certes extrêmement sensible à son environnement international comme en témoignent les flambées de violence à caractère confessionnel en rapport avec l’intifada palestinienne, la guerre du Golfe (1990-91) ou encore la guerre d’Afghanistan (2001-2002), la guerre d’Irak et la guerre du Liban (2006).

Elle n’en demeure pas moins porteuse d’une dynamique interculturelle en raison de ses origines, de son profil culturel et de ses croyances religieuses.

Facteur d’intermédiation socioculturelle, les bougnoules des temps anciens, sauvageons des temps modernes, paraissent devoir tenir leur revanche dans leur vocation à devenir de véritables « passeurs de la Francophonie », l’avant-garde de « l’arabofrancophonie culturelle » (10) que la France s’ingénie tant à mettre sur pied afin de faire pièce à l’hégémonie anglo-américaine et de favoriser le dialogue des cultures par le dépassement de son passé colonial.

A l’entame du IIIème millénaire, la « patrie de la mémoire courte » souffre d’évidence d’un blocage culturel et psychologique marqué par l’absence de fluidité sociale. Reflet d’une grave crise d’identité, ce blocage est, paradoxalement, en contradiction avec la configuration pluriethnique de la population française, en contradiction avec l’apport culturel de l’immigration, en contradiction avec les besoins démographiques de la France, en contradiction enfin avec l’ambition de la France de faire de la Francophonie, l’élément fédérateur d’une constellation pluriculturelle ayant vocation à faire contrepoids à l’hégémonie planétaire anglo-saxonne, le gage de son influence future dans le monde.

Conclusion

Cinq ans après la bourrasque lepéniste aux présidentielles françaises de 2002, alors que la France s’apprête, en 2007, à se choisir un nouveau président, il m’a paru salutaire de pointer les incohérences françaises. De démystifier le discours politique officiel, et, au delà du clivage droite-gauche de la classe politique française, de recentrer le débat sur le fait migratoire en mettant l’imaginaire français à l’épreuve des faits historiques et de la réalité quotidienne nationale en vue d’apporter ma contribution à la mutation post-coloniale de la France.

L’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est antinomique d’une culture de l’impunité et de l’amnésie, une culture érigée en un dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

Mes remerciements renouvelés vont donc en premier lieu à Bruno Gollnisch, Philippe Val, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy, initiateur, en tant que député de Toulouse, du projet de loi controversé sur le « rôle positif » de la colonisation, ainsi que naturellement à Nicolas Sarkozy, pour leur inestimable contribution à la remise en ordre de ma formation universitaire, un exercice qui m’a permis de prendre conscience du « rôle positif » de la colonisation….. des Colonies par rapport à la Métropole et des colonisés à l’égard de leurs colonisateurs-oppresseurs.

Merci aussi aux organisateurs de ce colloque qui m’ont donné la possibilité devant un auditoire savant, patient —et indulgent à mon égard—, de procéder à une « déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française », pour le plus grand bénéfice du débat public contradictoire et de la recherche universitaire.

Références

1) Contribution de l’auteur au colloque de SEPTEMES-LES-VALLONS 6- 7 OCTOBRE 2006, organisé par Festival TransMediterranée (fmed@wanadoo.fr) sur le thème « D’UNE RIVE A L’AUTRE, ECRIRE L’HISTOIRE, DECOLONISER LES MEMOIRES »

2-Léon Blum invoquera son « trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française ». « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture », écrira-t-il dans le journal « Le Populaire » en date du 17 juillet 1925) cf « Quand Tocqueville légitimait les boucheries » par Olivier le Cour Grandmaison et « une histoire coloniale refoulée » par Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel- Dossier général sous le thème « Les impasses du débat sur la torture en Algérie »-Le Monde Diplomatique juin 2001.

Alexis de Tocqueville légitimera les boucheries considérant « le fait de s’emparer des hommes sans armes, des femmes et des enfants, comme des nécessités fâcheuses auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ». De son côté, Jules Ferry soutiendra dans un discours au Palais Bourbon le 29 juillet 1895 qu’ « il y a pour les races supérieures un droit par ce qu’il y a un devoir pour elle. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».

3)-« Zoos humains, de la Vénus Hottentote aux Reality Show » Ed. La Découverte Mars 2002, ouvrage réalisé sous la direction d’un collectif d’historiens et d’anthropologues membres de l’Association connaissance de l’Afrique contemporaine (Achac-Paris),Nicolas Bancel (historien, Université Paris XI), Pascal Blanchard (historien, chercheur CNRS), Gilles Boetsch (anthropologue, Directeur de recherche au CNRS), Eric Deroo (cinéaste, chercheur associé au CNRS) et Sandrine Lemaire (historienne, Institut européen de Florence).

De 1877 à 1912, trente spectacles ethnologiques seront donnés au jardin d’acclimatation à Paris, puis aux expositions universelles de Paris de 1878 et de 1889 dont le clou pour celle de 1889 étaient aussi bien l’inauguration de la Tour Eiffel que la visite d’un « village nègre ». Suivront les expositions de Lyon (1894), les deux expositions coloniales de Marseille (1906 et 1922), enfin les grandes expositions de Paris de 1900 (diorama sur Madagascar, 50 millions de spectateurs) et de 1931 dont le commissaire général n’était autre que le Maréchal Lyautey. cf. « Le spectacle ordinaire des zoos humains » et « 1931. Tous à l’Expo » par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Manière de voir N°58 Juillet Août 2001, op cité.

4-Dictionnaire Le Petit Robert 1996.

5-« Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » René Naba–Editons l’Harmattan-2002

6-« La République Xénophobe, 1917-1939 de la machine d’Etat au « crime de bureau », les révélations des archives » de Jean Pierre Deschodt et François Huguenin Editions JC Lattès septembre 2001.

7-« Une théorie raciale des valeurs ? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre » par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in « L’invention des populations », ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob).

8-Jean Montaldo, auteur de deux ouvrages sur la corruption présidentielle : « Chirac et les 40 menteurs » Albin Michel 2006, « Mitterrand et les 40 voleurs » Albin Michel.

9-l’armistice a été signé le 22 juin 1940 symboliquement à Rethondes au même endroit, dans le même wagon, que l’armistice du 11 novembre 1918. Toutefois l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler a scellé la collaboration entre la France et l’Allemagne nazie. Si l’armistice constituait une cessation des hostilités, la rencontre de Montoire a représenté dans l’ordre symbolique le voyage à Canossa de Pétain et constitué en fait une capitulation dans la mesure où Pétain a cautionné la collaboration avec le régime nazi quand bien même l’Allemagne reniant ses promesses avait annexé l’Alsace-lorraine, août 1940.

10-« Arabo-francophonie culturelle : l’expression a été forgée en 1995-1996 par Stellio Farangis, ancien secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie.

Mots clés

*René Naba

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.

Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :

"La Libye, la révolution comme alibi" Editions du Cygne septembre 2008

« Liban : chroniques d’un pays en sursis » Editions du Cygne janvier 2008 , « Aux origines de la tragédie arabe » - Editions Bachari 2006. "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002.

« Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

1er mars 2007
Tariq a dit :

Kamel écrit :

« il y a quand même une "grandeur française" qu’on ne peut pas ignorer : celle du 19ème siècle avec l’invention de l’aviation, du moteur à explosion, etc. sans compter tous les génies scientifiques (Pasteur, Galois, Poincaré, Cauchy, etc.), littéraires (Victor Hugo, Rimbaud, etc.), etc. »

L’article de M. Naba, et le débat à son sujet, n’ont pas pour objectif de dénigrer la France qui, par de nombreux aspects, a fait progresser l’humanité, sa civilisation, ses connaissances, de manière très concrète et indiscutable. La société française a aussi énormément progressé, et peut servir de modèle, dans ses meilleurs aspects, à d’autres pays.

Il s’agit ici uniquement de remettre en question la « mythologie » française que certains essaient de promouvoir, comme par exemple de justifier la colonisation par le rôle "civilisateur" de la France dans ses colonies, etc.

De même, il faut bien comprendre que la politique « arabe » de la France part, non pas de bons sentiments pour les arabes, mais surtout d’une stratégie visant à consolider son influence économique et politique dans le monde, face aux visées d’autres grandes puissances économiques.

Kamel écrit :

« En tant qu’Algérien, je suis victime quotidiennement d’un racisme sournois à Paris, mais je n’impute pas cela uniquement aux seuls Français : Hier ils nous dominaient, aujourd’hui ils nous dominent...à qui la faute ?

"J’espère que des gens s’intéresseront à savoir le pourquoi de notre haute capacité à se faire coloniser, à se faire dominer. Hier on nous colonisait par les terres, aujourd’hui par les idées, la culture, demain par autre chose (peut-être par la spiritualité, avec le travail énorme que font les évangélistes (comme en Algérie)). »

Il s’agit là d’une observation très importante. La faute est à ceux qui créent les situations qui permettent à des étrangers (ou à des dictateurs locaux) de les dominer.

L’histoire islamique, malheureusement, égrène à longueur de siècles de telles situations. C’est pour cette raison que la civilisation islamique, après avoir été une civilisation de pointe pendant des siècles, est tombée en léthargie depuis le 14è siècle.

Elle est restée sclérosée pendant tout ce temps, renfermée sur elle-même, répétant comme une litanie un discours de plus en plus obsolète dans les domaines les plus divers (au point de continuer aujourd’hui, dans son discours théologique, à se méfier des astronomes dans l’établissement du calendrier lunaire, parce qu’elle les confond toujours avec les astrologues du 7è siècle).

Aujourd’hui, les pays sont nominalement indépendants, mais en réalité, ils sont souvent sous tutelle d’une puissance ou une autre, en sauvegardant à peine les apparences.

Il n’y a qu’à égrener tous les Etats d’Afrique, à titre d’illustration. D’une part, les dettes énormes contractées vis-à-vis des puissances étrangères et des organismes internationaux constituent des limites concrètes à ce qu’un Etat peut faire.

D’autre part, sur le plan culturel, une administration locale, composée souvent des élites, se trouve aux commandes des pays, et ne rêve que d’être assimilée à l’ex-colonisateur. Ses membres les plus éminents revendiquent la culture de l’ancien occupant, envoient leurs enfants étudier dans ses écoles, puis en France.

Des membres du gouvernement local prennent de plus en plus souvent la nationalité de l’ancien pays colonisateur (depuis que la double nationalité est admise en droit).

Ajoutez à cela que des pays de plus en plus nombreux ont été entièrement dévastés par des guerres civiles qui ont duré des années, et détruit le capital humain, les infrastructures et la culture locale (ou ce qui en subsistait). Les catastrophes naturelles, la sécheresse, etc. ont aussi joué leur rôle.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’arroge, depuis une décennie, des pouvoirs de plus en plus étendus, à l’instigation des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de la Russie, de la France, pour s’immiscer dans les affaires internes de n’importe quel pays.

Bientôt, le gouvernement mondial dont rêvait Bertrand Russell, dans les années 1950, sera opérationnel, après les échecs catastrophiques qu’accumulent les pays nouvellement indépendants (depuis 1950). Les grandes puissances, réunies au Conseil de Sécurité, feront la pluie et le beau temps à travers le monde.

Comment peut-on être indépendant, dans ces conditions ? Mais, comme l’enseigne l’islam : « Aide-toi, le Ciel t’aidera. »

1er mars 2007
houd a dit :
Reponse a celui qui ne laisse pas de pseudo pour la niéme fois ne repetez pas comme un perroquet ce que vous entendez a droite et a gauche mais plutot ayer une demarche scientifique je vous conseil le livre "shari’a son envergure et son equité" du docteur said ramadan !
1er mars 2007
Grya26 a dit :

Quelle belle démonstration ! A vous dégoûter d’être français !

Mais que viennent chercher dans ce gigantesque lupanar tous ces ex colonisés ? Ils ont pourtant tant souffert à l’époque coloniale ; sont ils sado maso pour suivre leur boureau et continuer à vivre dans une telle barbarie ? Ne vaudrait il pas mieux pour eux contribuer à construir ou reconstruir des démocraties dans leurs pays d’origine là où leur couleur de peau, leur culture et leur croyance sont des atouts et non des charges ? Pourquoi ont ils choisi de quitter leur pays pour venir en France, ce pays , xénophobe,où reignent le piston et la prévarication. La France ce pays sans foi ni loi, qui continue de les exploiter de la pire façon.

Loing de moi l’idée de réfuter ces tristes réalités, mais je voudrais bien comprendre ce qui les motive.

Car ce n’est pas rien de quitter sa famille ; ce n’est pas rien de quitter son pays ; surtout quand celui-ci vient d’accéder à son indépendance après des années de lutte et de souffrance. On le voit bien, ils en souffrent,la nostalgie les tenaille, leur susceptibilité est mise à rude épreuve par une population qui ne les accepte pas facilement et qui les regarde avant tout comme des gens qui dérangent par leur différence et leur statut d’anciens colonisés. Pour être plus sérieux ; se pose la question de la mise en concurence sur le marché du travail, sur la question du logement, la conquète des femmes, etc.

Tout cela pour dire qu’il n’est pas si simple de traiter la question de la France et de ses populations issues de l’empire colonial. Elle est traversée par des courants divers et variés, tels que les questions sociales, économiques, religieuses, culturelles, éthniques, et historiques ou affectives. Il serait donc souhaitable d’élargir notre questionnement à tous ces aspects pour espérer comprendre le monde dans lequel nous vivons, afin de ne pas plonger dans l’affect et le subjectif, influencés que nous sommes par l’image que nous renvoient les média trop souvent à la solde des intérêts de la classe dominante.

1er mars 2007
kamel a dit :
Monsieur Naba ,pardon de vous contedire mais il y a commème une "grandeur française" qu’on ne peux pas ignoré :Celle du 19ième siècle avec l’invention de l’aviation ,du moteur à éxplosion,etc...sans compté tous les génies scientifiques(Pasteur,Galois,Poincaré,Cauchy etc...),littéraires(Victor Hugo,Rimbaud etc...)etc... ;en loccurence cette france glorieuse contraste avec l’inhumanité avec laquelle elle c’est comporté avec les basanés...Le célèbre sociologue Gustave Lebon(lois psychologiques de l’évolution des peuples) classifiait les arabes parmis les races moyennes !!!Il classifiait les japonnais également de races moyennes...comme quoi...En loccurence ,en tant qu’algèrien,je suis victime quotidiènnement d’un racisme sounoit à Paris,mais je n’impute pas cela uniquement aux seuls français :Hier ils nous dominaient ,aujourd’hui ils nous dominent...à qui la faute ?J’éspère que des gens s’intérrèsseront à savoir le pourquoi de notre haute capacité à se faire coloniser ,à se faire dominer.Hier on nous colonisait par les terres aujourd’hui par les idées ,la cultures, demain par autre chose(peut-etre par la spiritualité avec le travail énorme que font les évangèlistes(comme en algèrie)). Kamel.
28 février 2007
rachid ZANI a dit :

article 10 ,article 10 et pourtant il semblerait que tu n’ai pas saisi l’importance de cet article. Par contre je t’invite à lire l’article 11 des declarations des droits de l’homme pourtant si evident : "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à

répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi" La loi n’est-elle pas la même pour les musulmans ou nous faut -il penser que cette peur du vert t’ exacerbe tellement qu’elle affecte ton orgueil aujourd’hui mis à mal ? Merci M.NABA pour votre travail. Merci M.NABA pour votre courage.

28 février 2007
A. Malik d’Evian a dit :
Monsieur, pour visiter la Mecque il faut un visa ! Il ne s’agit évidement pas de se papier qui représente la tracasserie administrative par excellence, mais de prononcer tout simplement « LA ILLAH IL’ALLAH MOHAMED RASSOULOU ALLAH » Il n’y a de divinité que Allah et Mohamed et son Prophète.
28 février 2007
Roi_Philosophe a dit :

je m’excuse d’avoir tutoyer votre Eminence grise, et je vois rassure, loin de moi l’idée de philosopher ( j’ai mieux à faire) avec le premier venu.

non, un non musulman ne peut pas se rendre à la Mecque. d’ailleurs quelqu’un comme vous je ne vois pas, que est ce que il peut bien faire à la Mecque. c’est une cité mosquée. mais pour ma part , si je pouvais vous offrir un voyage à la Mecque, je le ferai bien pour vous dégraisser le cerveau. mais ..........

mais, Eminence, que est ce que cette question à faire dans ce débat. ----------conseils----------------

pour apprendre à bien philosopher il faut surout commncer par bien placer les choses et les questions dans leurs places Respectives. et comme je suis opas disposé à philospher avec votre majesté , je vois conseille soit la philosophie pour les nuls ou les livre de Henry-Bernard Levy, c’est la même chose.

bonsoir et bonne nuit Le philosphoe _Roi & Roi_Philosophe.

28 février 2007
Lydia a dit :
Votre texte est remarquable. Il est de ceux que nous aimerions avoir écrit tant nous en lisons chaque jour les manifestations les plus reconnaissables — si françaises…
28 février 2007

Le Roi_Philosophe, évitez de tutoyer celui avec lequel vous n’êtes pas d’accord, c’est le début de la sagesse pour philosopher.

Un non-musulman a t-il le droit de visiter la Mecque ? merci de répondre simplement à cette question.

28 février 2007
Emma a dit :
je voudrais dire à Tariq que son affirmation péremptoire,à propos de la déportation des juifs de France par Vichy :"sans que la population française y trouve à redire" est une pure ignominie.Tout le monde sait que beaucoup de français s’en sont indignés et qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour sauver des juifs ;que leur action a été souvent couronnée de succès puisque les TROIS QUARTS des juifs français ont été sauvés par des français,catholiques,protestants,ou libres-penseurs ;un certain nombre de ces français ont payé de leur vie ce courageux combat,soit abattus par la milice,soit torturés et déportés, et je sais de quoi je parle.La calomnie est une bassesse.On n’a pas le droit de dire n’importe quoi.
28 février 2007
Tariq a dit :

Je voudrais souligner les points suivants, dans le cadre de la discussion de cet excellent exposé de René Naba :

1. La France n’a jamais eu de mission « civilisatrice » où que ce soit dans le monde, à quelque occasion que ce soit.

Elle a conquis des pays, exploité leurs ressources, réduit leurs habitants en esclavage dans certains cas, ou à l’état de « bougnoules » dans d’autres. Mais, la civilisation n’a rien à voir avec cela.

La déclaration universelle des droits de l’homme s’est appliquée, dans le meilleur des cas, aux Français de France, pas aux Noirs des Antilles, pas aux musulmans d’Algérie, pas aux citoyens de tous les pays qu’elle a colonisés à tour de bras en Afrique, au Moyen-Orient, dans le Pacifique, etc.

2. Il faut souligner le racisme dont les grands leaders « intellectuels » de la gauche française, Jules Ferry et Léon Blum, font preuve dans leurs écrits.

Jules Ferry dit, dans un discours au Palais Bourbon le 29 juillet 1895, qu’ « il y a pour les races supérieures un droit, par ce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».

Léon Blum écrira en 1925 : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture. »

Dans leur esprit, il était parfaitement légitime, et « politiquement correct » de considérer qu’il y avait des « races supérieures » et des « races inférieures ».

Mais, une fois qu’on a divisé le monde entre les races supérieures et les races inférieures, et qu’on s’est arrogé le droit de coloniser les races inférieures, parce qu’on a le « devoir de les civiliser », le terrain est balisé pour permettre toutes les dérives. Quelle différence entre Léon Blum, Gobineau (qui sera le porte-parole, sinon le maître à penser, de ces théories)

Léon Blum peut-il, en toute honnêteté, critiquer Hitler, son contemporain, de croire à la supériorité de la race aryenne, alors que Blum ne croit qu’à la supériorité de la race blanche de souche européenne ?

La France n’a-t-elle d’ailleurs pas livré ses citoyens juifs aux milices hitlériennes, qui les ont déportés et acheminé vers les fours crématoires, sans que la population française y trouve à redire ?

Il faut comparer cela avec l’attitude courageuse du roi du Maroc, qui a refusé de livrer les juifs marocains aux allemands, comme le lui réclamait le Résident Général de France au Maroc, affirmant qu’ils étaient des citoyens marocains dont il était garant des droits ?

3. René Naba rappelle, fort utilement, que « à l’épreuve des faits, la politique arabe de la France, dogme sacré s’il en est, se révèle être, par moments, une vaste mystification, un argument de vente du complexe militaro-industriel français. » C’est une évidence pour toute personne qui s’intéresse à ces questions.

Peut-on logiquement attaquer Suez en 1956 et avoir une politique « arabe » en Irak et en Arabie Saoudite par la suite, sauf quand on identifie le point commun logique à tous ces cas de figure, c’est-à-dire des questions de gros sous ?

La France peut prendre des positions « généreuses » en faveur des pays arabes les plus riches, ce qui lui rapporte « gros » en termes « de fabuleux contrats militaires de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars, notamment avec l’Irak, la Libye et l’Arabie saoudite, », ainsi que des projets aux montants financiers mirifiques pour les grandes entreprises françaises, dans le cadre de la reconstruction de Beyrouth dévastée, ou de la réalisation de grands chantiers en Arabie Saoudite et ailleurs.

4. La France a décidé, sous le général de Gaulle, de se démarquer de l’Amérique en quittant l’OTAN, et de s’affirmer vis-à-vis du reste du monde comme une puissance mondiale à part entière.

De Gaulle n’a pas hésité à qualifier l’ONU de « machin » quand le « machin » critiquait les massacres perpétrés par la France pour réprimer la révolution algérienne, ou la pratique de la torture devenue quotidienne, et s’étendant comme une « gangrène ». Pas question, à ce moment-là, pour les Algériens de revendiquer leurs « droits », tels qu’exprimés dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

La francophonie actuelle n’est guère qu’un nouvel outil marketing pour promouvoir les intérêts français dans ses « chasses gardées » d’Afrique et du Moyen-Orient.

Pour préserver ses marchés et et son influence, quoi de mieux que de créer une vaste organisation à but « culturel », capable, par-delà les questions de culture, de consolider les relations d’affaires, et de bloquer ainsi toutes les tentatives américaines ou chinoises de s’implanter sur ces marchés ?

L’ « aide » française aux pays « francophones » se place dans la même optique, et se justifie d’autant plus qu’elle a des retombées considérables sur le développement de l’économie et de l’emploi en France.

28 février 2007
Roi_Philosophe a dit :

bonjour ; à celui qui n’a pas laissé son nom et qui dit" chaque contributon de René Naba, force est de constater qu’on est en plein choc des civilisations, en voulant "deconstruire" selon lui le mythe fondateur de la France qu’est l’universalisme"

vous citez l’article 10 de cette déclaration et vous dites qu’elle est dangerause pour l’islam, soit , mais vous ne citez dans le Coran ce qui est la rend dangeureuse, à moins qu’ à votre tour vous versez dans le choc des civilisations. ma réponse : j’ai trouvé mieuxque choc des civilisations, c’est choc des conneries mais mais des incompétents avant tout. tu crois qu’il n y a que toi qui a lu cette déclaration, d’ailleurs je me demande quend elle sera appliquée à la lettre, d’ici la, ceux qui se font de l’argent sur le dos des peuples ne s’arrêteront pas mais des gens comme toi pour les soutenir et espérer des mièttes , malheureusement y en aura encore et encore toujours et toujours,

amirouche

28 février 2007
houd a dit :
Bonjour reponse a celui qui n’a pas laissé de pseudo et qui a cité l’article 10 . Si vous aviez une demarche scientifique et avec un peu de recherche vous aurez vu que dans les premiers etats islamique (Prophete et premiers calife) les juifs ,chretiens et zorastrien n’etaient pas inquetés pour la pratique de leurs cultes donc pour leur propres opinions ils avaient une totale libertés tant que cela ne troublais pas l’ordre public comme dans l’article 10. Si j’ai un conseille a vous donnez instruisez soyer curieux et reflechissez et ne repetez pas comme un perroquet ce que vous entendez dans les medias
28 février 2007
Francis a dit :
Rappel pertinent et oh combien véridique M.Naba
28 février 2007

A chaque contributon de René Naba, force est de constater qu’on est en plein choc des civilisations, en voulant "deconstruire" selon lui le mythe fondateur de la France qu’est l’universalisme.

Il y a 2 siecles les révolutionnaires français ont proclamé la déclaration de l’homme et du citoyen du 26 aout 1789, avec un article particulierement dangereux pour l’islam et que je cite :

"Article 10 - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi".

Cette déclaration est bien évidemment incompatible avec l’islam, d’où l’entreprise à coup de gros sabots de René Baba.

28 février 2007
Sami a dit :

« Embarquons nous donc pour ce voyage de déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française avec un grand merci pour Bruno Gollnisch d’en avoir été, involontairement, l’élément déclencheur. »

Dans cet article, R. Naba propose de briser le mythe d’une grande nation... Il ne faut pas se méprendre. Tout son texte ne s’articule qu’autour du seul volet militaire de l’histoire de France des deux derniers siècles. On ne peut mesurer la grandeur d’un pays qu’à travers ses seuls (in)succès militaires. De ce point de vue, il dévaste (je reprends ce terme) les idées ancrées dans les esprits des nostalgiques de l’époque coloniale, ceux-là mêmes qui assimilent la grandeur de la France avec le fait d’avoir, une époque durant, usé de la domination par les armes des peuples ayant abandonné toute velléité belliqueuse et conquis une quiétude dans leur vie quotidienne. Ainsi, de ce point de vue, l’exposition de faits historiques sans édulcorants remet à leur place les Gollnisch, de-Villiers, Le Pen ainsi que leurs adeptes comme Philippe Val, Royal-Hollande ou Nicolas Sarkozy, le suppôt de Bugeaud (dixit Vincent Geisser). Ceux qui s’exaltent bêtement d’un fictif passé glorieux en se référant à des faits historiques foireux comme la supposée victoire de Ch. Martel dont Gollnisch et les siens se délectent et veulent imposer leur vision de l’histoire par la loi… à la Nord-Coréenne

Toutefois, il serait maladroit de se gargariser des effets d’un tel article en se laissant tenter par l’amalgame et la facilité des préjugés simplistes. Ce serait répondre à la bêtise par l’ânerie. Outre le fait de rappeler la contribution incontestable des combattants Nord-africains dans la conquête de la liberté de la France, cet article doit interpeller sur la vraie grandeur de la France et non pas celle vantée par de pauvres patriotards, ignorants et ambitieux. La grandeur de la France se mesure surtout par sa réussite dans bien d’autres domaines.

Historiquement, la France, c’est aussi de brillants cerveaux, de grands penseurs, d’illustres scientifiques, mais aussi de talentueux architectes, urbanistes et bien d’autres intellectuels notables. Durant ces deux derniers siècles, les plus belles luttes de la France ont été menées sur le front social, à l’intérieur de ses frontières, afin d’améliorer le quotidien de son peuple. Pour cela, les français ont payé le prix fort notamment au XIXe, à l’ère de la révolution industrielle. Une des plus grandes « victoires », c’est d’avoir créer cette société dans laquelle nous vivons aujourd’hui : bien aménagée, organisée autour d’institutions efficaces, industrialisée et capable de dissuader toute agresseur. Cette société qui, bien qu’imparfaite dans certains domaines, offre néanmoins la possibilité de s’instruire gratuitement, de s’y insérer par le travail, au prix d’un combat quotidien contre les discrimination certes affectant certains de ses habitants. Elle permet à chacun de nous de jouir de la liberté de manifester ses pensées, malgré les entraves faites actuellement par certains groupuscules défendant la colonisation de la terre de Palestine. Enfin, elle garanti la sécurité de son territoire, de sa culture et de son peuple, par la menace de destruction massive de toute nation tentée de s’en prendre à son peuple et à sa terre.

Finalement, ce qui fait la grandeur de la France, c’est de pouvoir garantir aujourd’hui cette sécurité. Bien peu de nations musulmanes peuvent prétendre en faire autant. A méditer…

 
Oumma Television

Publicité

Jahida.com
Librairie, Prêt à porter, Bazar...Paiement sécurisé, livraison sous 48h00!
www.jahida.com

» Mentions légales » Qui sommes-nous ? » Plan du site » Agenda
» Nous contacter » Revue de presse » Horaires des prières » Coran