Friday 22 August 2008

Jeanne d’Arc à l’Académie française ?

Par Jean-Michel Cros
vendredi 22 juin 2007

Max Gallo vient d’être élu à l’Académie française. Nous ne pouvons que féliciter cet auteur prolifique, dont la vie semble décidément ressembler à son premier roman : Le cortège des vainqueurs[1], qui décrivait l’histoire d’une grande famille italienne de l’entre deux guerres, enfourchant le fascisme à ses débuts et sachant l’abandonner à temps, pour son plus grand profit. Oui, quelquefois la vie peut être un roman…

Il a emporté le vingt-quatrième fauteuil par quinze voix contre cinq à Claude Imbert, ce journaliste dont l’œuvre principale restera sa déclaration sur LCI le 24 octobre 2003 : « Il faut être honnête. Moi je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire. […] j’ai le droit, je ne suis pas le seul dans ce pays à penser que l’islam – je dis bien l’islam, je ne parle même pas des islamistes – en tant que religion, apporte une débilité d’archaïsmes divers, apporte une manière de considérer la femme, de déclasser régulièrement la femme […] en plus de supplanter la loi des Etats par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe. » L’honnêteté n’est donc pas toujours récompensée…

Max Gallo avait été plus prudent, plus habile, se drapant dans les plis de l’œuvre romanesque pour exprimer un point de vue sur l’islam – qui n’était pas le sien puisque les propos tenus étaient ceux des personnages[2].

Il serait amusant de savoir si l’académicienne qui avait doctement expliqué que les problèmes des banlieues étaient dus à la polygamie de leurs habitants lui a apporté sa voix… Mais passons.

Peut-on expliquer les raisons qui ont conduit l’Académie à promettre à Max Gallo une immortalité jusque là aléatoire ? Marc Fumaroli dans ses Trois institutions littéraires[3] en donne peut-être involontairement l’explication : « le critère de ses choix [de l’Académie] relève d’une opinion à la fois officielle et mondaine ne coïncidant pas avec le savoir spécialisé d’une infime minorité d’érudits, de France ou d’Europe. »[4] , l’Académie préférant à l’érudition le « sens commun », dont il donne un peu plus loin la définition[5] : « Le sens commun ce n’est pas la raison du métaphysicien. Il prend appui, avant de la vérifier, sur l’opinion généralement admise par une société en vertu de ses traditions mais aussi des circonstances, de la conjoncture des esprits. »[6]

Nous avons sans doute là l’explication de cette intrusion sous la coupole – intrusion me paraissant préférable à admission ou à réception, compte tenu du caractère tonitruant du personnage – car c’est bien de façon tonitruante qu’il a commis l’un de ces derniers ouvrages, à la couverture barrée d’un ruban tricolore, intitulé Fier d’être français[7].

Ce petit volume est en effet un texte de circonstance, rempli de lieux communs, dont le principal mérite est d’être bien dans l’air du temps avec la création d’un ministère consacré entre autres à « l’identité nationale », car ce n’est pas le style qui aurait permis de le remarquer.

Commençons par le titre : en français la règle est de distinguer la langue, avec une minuscule, de la nationalité, que l’on écrit avec une majuscule. Max Gallo aurait donc du écrire qu’il était « fier d’être Français », ce qui aurait pu avoir un sens, au lieu d’être « fier d’être français », qui n’en a pas. Cela peut paraître anecdotique, cela ne l’est pas.

C’est révélateur au contraire de la confusion intellectuelle de ces donneurs de leçons, souvent Français de fraîche date, qui assènent ce qu’ils croient être des vérités absolues à l’encontre de ceux qui à qui ils reprochent d’être Français depuis moins longtemps qu’eux, un peu comme ces anoblis récents, au XVIII° siècle, qui en rajoutaient sur les prétentions aristocratiques dont leurs ancêtres étaient dépourvus : mais comme eux, malgré une utilisation intensive de la « savonnette à vilain », leurs homologues contemporains restent ce qu’ils sont, somme toute peu de chose. « Notre être est notre richesse. Et notre être c’est d’abord la fierté nationale, celle de notre passé »[8]  : si ce que dit Max Gallo est exact, je trouve sa fierté et son passé bien courts et fort peu aptes à lui permettre de donner des leçons, du moins en prenant le ton qu’il emploie…

Sur le style de l’ouvrage, je ne ferai qu’une observation relative aux répétitions qui l’émaillent tout au long : tout d’abord l’auteur « nique » en rafale, pages 15, 30, 36 et 41 – plus exactement il se fait niquer, du moins le croit-il à moins qu’il ne l’espère ; puis (l’épuisement venu ?) il change d’activité et fustige les « folliculaires » pages 91, 93 (deux fois), 98, 101, 103, 106 et 113, les folliculaires étant en résumé tous ceux qui ne sont pas de son avis. C’est consternant.

Après la forme, venons en au fond. Bien entendu, il était impossible d’écrire sur un tel sujet sans citer Fernand Braudel et son Identité de la France[9]. C’est une référence obligée. Il faudrait cependant être plus prudent dans son maniement, quand on sait à quel point Braudel a lié, à tort à mon avis, et dès l’introduction de son ouvrage, la compréhension de l’histoire d’un pays à la nationalité, à une manière de jus sangini  : « … l’historien, en effet, n’est de plain-pied qu’avec l’histoire de son propre pays, il en comprend d’instinct les détours, les méandres, les originalités, les faiblesses. Jamais, si érudit soit-il, il ne possède de tels atouts quand il se loge chez autrui. »[10]

Qu’un auteur comme Max Gallo qui n’a jamais fait mystère de ses origines italiennes puisse souscrire avec une telle force à des thèses pareilles, pour affirmer après avoir cité Braudel, que pour de « nombreux habitants »[11], qu’il ne qualifie pas autrement, « Citoyens français, ils se sentent et se veulent encore étrangers »[12], que Max Gallo donc puisse reprendre une rhétorique maurassienne que l’on appliquait généreusement aux juifs pendant l’entre-deux guerres ne laisse pas de rendre perplexe sur l’intégration des valeurs républicaines qu’il dit défendre après les avoir prétendument assimilées.

Ce basculement vers les thèses de l’extrême droite se confirme avec l’allusion à la théorie du complot « … et tout ce que cela cache »[13] et une vision catastrophique de la situation : nous serions « au bord de l’abîme »[14], « n’est-il pas trop tard pour réagir ? »[15], certains devraient adhérer à un « mouvement de défense des Blancs »[16], ce qui nous guette est le spectre de la guerre civile, la situation étant « aussi grave qu’au temps de la guerre de Cent Ans ou des guerres de religion »[17].

Mais grâce à Max Gallo, notre nouvelle Jeanne d’Arc, qui semble opérer un parcours politique à l’inverse des personnages de son premier roman, nous allons pouvoir rétablir la situation et bouter hors de France ceux qui nous menacent, et notre « identité » avec nous.

L’histoire est généreusement sollicitée pour définir cette identité, Max Gallo développant tout au long de ces cent vingt pages une vision catholico - centrée de celle-ci, et d’un catholicisme sur lequel ne semble guère souffler l’esprit de Vatican II.

Il vaut mieux, me direz-vous, qu’il fasse référence à l’histoire qu’à la géographie : il semble en effet moins à l’aise avec celle-ci, lorsqu’il parle des « ouvriers “gaulois” les chassaient, les battaient, les lynchaient – ainsi dans les salines de Provence : au moins une dizaine de morts en 1893. »[18] Max Gallo fait ici explicitement référence à ce que l’histoire a retenu sous le nom de « massacres des marais » qui ont eu lieu à Aigues-Mortes en 1893.

Des ouvriers italiens, à qui l’on reprochait de venir « prendre le travail des Français », de ne pas « manger comme nous », d’être « plus religieux » que nous ont été victimes d’une chasse à l’homme qui a duré plusieurs jours, dans les marais salants[19]. Tout ceci est vrai, sauf qu’Aigues-Mortes n’est pas en Provence, mais en Languedoc.

Cela peut une fois de plus paraître dérisoire, surtout pour quelqu’un qui ne voit la France et son histoire que comme un bloc. Dans la réalité cela ne l’est pas, les mentalités collectives étant très différentes d’un côté et de l’autre du Rhône. Mais c’est précisément par des refus répétés de la réalité que l’idéologie nationalo-républicaine se construit et devient la pensée unique qu’elle prétend combattre.

L’histoire est donc sollicitée - dans le sens où les juristes disent que l’on « sollicite » un texte, où on lui fait dire plus que ce qu’il signifie.

Ce que voudraient imposer ces « nombreux habitants » de notre pays, « ce n’est pas l’histoire de France […] mais LEUR histoire EN France »[20]  ; ce passage prend un sens particulièrement éclairant lorsqu’on le rapproche du suivant, quelques pages plus loin, à propos du château de Versailles que des personnes non nommément désignées par l’auteur voudraient transformer « en musée rappelant non pas la gloire du monarque, mais les malheurs des paysans misérables, des habitants du Palatinat, des Noirs victimes des la traite négrière du Code noir, et des protestants condamnés aux galères ou chassés de leur patrie par les dragonnades et le révocation de l’Edit de Nantes »[21] Nous serions là dans une logique de « destruction de la communauté nationale, de son émiettement en communautés rivales, et, au bout, la “balkanisation” de la France. »[22]

Rien, dans ce petit livre, ne révèle mieux au lecteur l’ignorance qu’à Max Gallo de l’histoire de France, l’ignorance qu’il a des minorités, l’ignorance qu’il a de leur culture et de leurs pratiques religieuses. Car si Max Gallo était aussi « enraciné » dans l’histoire de notre pays qu’il le prétend[23], il saurait que l’existence d’une mémoire spécifique à un groupe n’empêche pas de partager une mémoire plus large et n’a jamais été un péril pour l’identité nationale.

Qui, aujourd’hui, oserait remettre en cause l’appartenance des protestants à la communauté nationale ? Personne. Menacent-ils, par leur mémoire particulière, l’identité nationale ? Ce serait grotesque.

Et pourtant, rien que dans ma famille, sont conservés les souvenirs de deux galériens pour la foi, sont toujours vivants les souvenirs des dragonnades[24], de l’exil pour cause de religion[25], de l’Edit de Tolérance du Roi Louis XVI qui nous a rendu un état civil… pour n’en rester qu’à la période pré révolutionnaire.

Ce type de parcours familial, assez classique dans le protestantisme français, s’exprime particulièrement lors de l’Assemblée du Désert, chaque premier dimanche de septembre, au cours de laquelle il n’est pas rare de rencontrer de lointains cousins au détour d’une visite du musée du protestantisme : l’attention portée à un nom, des armoiries connues sur une chevalière… la conversation s’engage, la généalogie de déroule, la communauté se crée…

Elle permet de se retrouver, de s’enraciner un peu plus encore, contrairement à ce que voudrait la littérature contemporaine sur le « communautarisme », cache-misère d’individus sans appartenance.

Heureusement pour lui, Max Gallo n’aura pas à prononcer l’éloge de Philippe Joutard ! Sauf à dénier la dimension humaine qu’il y a dans ce type de rapport à l’histoire, il est impossible de comprendre que ces histoires particulières s’emboîtent dans une histoire plus générale sans nécessairement l’exclure ; que l’histoire du groupe minoritaire complète et éclaire celle du groupe national.

Nier cette histoire, c’est nier l’humanité de l’individu qui s’y rattache, qui « habite » l’histoire. Apprendre l’histoire dans un manuel ne suffit pas pour être « enraciné » dans celle-ci : s’il était nécessaire d’en faire la démonstration, Max Gallo l’a faite.

L’exemple du protestantisme, que plus personne ne conteste, montre bien que ce qui dérange aujourd’hui ce n’est pas le fait minoritaire en lui-même, c’est qu’il s’exprime à travers des groupes qui ont l’audace de ne plus être ce qu’ils étaient. Ah ! que de regrets chez Max Gallo lorsqu’il évoque « la photo d’une école dans la brousse et des enfants noirs assis sagement à leur pupitre. »[26]

Aujourd’hui, non seulement ils ne seraient plus assis sagement en train d’apprendre « Nos ancêtres les Gallo », mais il seraient de mauvais citoyens incapables « de prendre les armes pour le défendre [leur nouveau pays] contre les armées du pays d’où l’on venait ! » .

Ce type de discours n’est pas nouveau, sans remonter une fois de plus aux années 30 du XX° siècle, il nous a été servi lors de la première guerre du Golfe en 1990 : des esprits qui se disaient avertis, nous prévenaient avec des tons de conspirateurs que nous ne pourrions plus faire la guerre, puisque les « musulmans » refuseraient de se battre contre leurs « frères », puisque c’était « dans leur religion » ; la « basse ville » attendait le moment propice, le couteau entre les dents, pour monter à l’assaut de la « haute ville », dans laquelle, d’ailleurs, « ils commencent à arriver ! »[27].

Outre qu’il aurait été peut-être intéressant de s’interroger pourquoi le sentiment de fraternité était absent ici plus qu’ailleurs – mais de cela on s’est bien gardé - jamais, à aucun moment, tant les soldats issus de l’immigration que les jeunes de même origine restés en France ne se sont manifestés en tant que tels, ont refusé de combattre ou ont exprimé de l’hostilité à l’endroit de cette guerre.

Prétendre le contraire c’est procéder par déni de la réalité ; mais il est vrai que quand la réalité n’est pas conforme à ce que l’on souhaite qu’elle soit, il ne faut surtout pas hésiter à la transformer, comme le fait encore notre auteur lorsqu’il affirme que « ce sont bien les premiers chocs des lames dégainées que l’on a entendus, en octobre et novembre 2005, au cours des émeutes urbaines, sur lesquelles on a bien vite jeté le manteau de l’oubli en niant leur dimension ethnique – et même religieuse […] » alors que l’on a fait précisément le contraire, affirmant que ces troubles étaient religieux, appelant les fédérations musulmanes à la rescousse pour qu’elles se fendent de communiqués appelant au calme ces enfants refusant de rester sagement assis à leur pupitre…

Et qui sont les mauvais élèves de la classe ? Max Gallo va vous le dire : il est « sacrilège, scandaleux de critiquer un imam qui a conseillé de battre sa femme “avec modération” sur les jambes plutôt que sur le ventre et le visage ! »[28]  ; on écouterait « avec indulgence et sympathie un distingué et élégant propagandiste musulman pour qui la pratique de la lapidation d’une épouse infidèle doit faire tout au plus l’objet d’un moratoire plutôt que d’une condamnation ! »[29], il serait impossible de parler de la polygamie[30] et puis voici, après ces fleurs ces feuilles et ces branches, ce pour quoi bat le cœur de l’auteur : « La France chrétienne ne serait plus qu’un souvenir qui s’efface. Que s’impose la France multiculturelle où l’Etat doit aider l’islam à occuper toute sa place ! »[31]

C’est bien là que réside toute l’imposture du discours nationalo-républicain, qui se révèle en réalité pour ce qu’il est : un discours néo-colonial, une ratiocination sur le passé plus qu’une promesse d’avenir. Il est impensable pour certains, impensable au sens propre car ils refusent d’y « penser », que l’Etat aide une religion, quelle qu’elle soit, à occuper la place qui est la sienne dans le cadre des lois fixées par ce même Etat.

Il est impensable pour certains que l’Etat, se réclamant du principe d’égalité, puisse accorder un traitement égal à une religion minoritaire. Les mots de Max Gallo sont précis : il parle bien de sa place pour l’islam, pas d’une place plus grande que celle des autres. Et cela même, cette possibilité que l’Etat puisse faire régner l’égalité, qui lui est insupportable.

Cela révèle aussi l’imposture de l’argument de la laïcité brandie à tort et à travers, auquel les musulmans sont perpétuellement sommés de se conformer : il n’est plus question de laïcité lorsqu’il s’agit des valeurs de la France chrétienne, c’est-à-dire catholique, en l’occurrence, auxquelles il s’agit de se soumettre.

Ce n’est pas la Marseillaise qui est l’hymne des nationalo-républicains, catholiques et Français toujours : c’est « mon Dieu sauvez la France au nom du Sacré Cœur ! »

Si Max Gallo connaissait l’histoire de France, il connaîtrait les propos de Rabaut-Saint Etienne qui déclarait lorsque l’on élaborait la Déclaration des Droits de l’Homme : « Mais, Messieurs, ce n’est pas même la tolérance que je réclame ; c’est la liberté […] La tolérance ! Je demande qu’il soit proscrit à son tour, et il le sera ce mot injuste, qui ne nous présente que comme des citoyens dignes de pitié, comme des coupables auxquels on pardonne […] Je vous demande donc, Messieurs, pour les protestants français, pour tous les non catholiques du royaume, ce que vous demandez pour vous : la liberté, l’égalité des droits. Je le demande pour ce Peuple arraché de l’Asie, toujours errant, toujours proscrit, toujours persécuté […] Nation généreuse et libre, ne souffrez point que l’on vous cite l’exemple de ces Nations encore intolérantes qui proscrivent votre culte chez elles. Vous n’êtes pas faits pour recevoir l’exemple, mais pour le donner ; et de ce qu’il est des peuples injustes, il ne s’ensuit pas que vous devriez l’être. »[32]

S’il avait assimilé les leçons de l’histoire, il saurait que ce qui précisément a fait la grandeur de notre pays ce sont les principes qui ont été posés alors, et entre autres le fait que l’on ne puisse pas dénier leurs droits aux minorités religieuses ; c’est la reconnaissance de ces droits qui a permis aux protestants partis après 1685 de revenir en France et de la servir à nouveau, comme l’avaient fait leurs ancêtres et comme ils auraient continué à la faire si on ne les en avait pas empêchés.

Travestir l’histoire, comme le font les tenants de ce discours, ce n’est pas assumer celle-ci. C’est l’instrumentaliser à des fins politiques et d’une politique en contradiction avec les principes républicains brandis par ailleurs.

Il est vrai que l’on ne saurait trop en vouloir à Max Gallo, dont la mémoire est fort courte : citant le général de Gaulle, « prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’un fraction, cela c’est une erreur nationale impardonnable »[33], il oublie qu’il a été, il n’y a pas si longtemps, ministre de François Mitterrand qui, au soir de sa première élection déclarait qu’il était le « président du peuple de gauche »…

C’est dans l’oubli de ces principes que réside l’abandon des élites, et non pas, bien au contraire, dans l’application à tous, y compris aux musulmans, du principe d’égalité.

Que Max Gallo soit en concurrence avec Claude Imbert pour le vingt quatrième fauteuil, qu’il se retrouve en compagnie de la spécialiste de la polygamie, Mme Carrère dite d’Encausse[34], est un signe fort de cet esprit de démission, de la veulerie du sens commun dans lequel s’avachissent avec délices les clercs qui trahissent.

Stefan Zweig, juif viennois qui a du quitter son pays à cause du nazisme et qui est mort en exil, savait de quoi il parlait lui, en ce domaine, pour avoir vu les excès auxquels pouvaient mener le nationalisme : « Quand l’honneur est dans le drapeau, l’intelligence est dans la trompette » déclara-t-il un jour. Plutôt qu’un fauteuil à l’Académie, on aurait du trouver à Max Gallo une selle à la Garde républicaine. Ses talents y auraient été mieux employés.



[1] Editions Robert Laffont, 1972

[2] Cf. mon article sur Oumma.com du 13 juillet 2006

[3] Ed. Gallimard, coll. Folio histoire, 1994, 365 pp.

[4] Cf. p. 58

[5] Cf. p. 62

[6] C’est moi qui souligne.

[7] Ed. Fayard, Le Livre de Poche, 2006, 120 pp.

[8] Cf. p. 119

[9] Cf. BRAUDEL (Fernand), L’identité de la France, T. 1, Espace et histoire, éd. Flammarion, Paris, coll. Champs, 1990, 410 pp.

[10] Cf. BRAUDEL, op. cit. p. 10

[11] GALLO (M.), op. cit. p. 23

[12] Idem p. 24

[13]Cf. p. 68

[14] Cf. p. 28

[15]Cf. p. 45

[16] Cf. p. 49

[17]Cf. p. 116

[18] Cf. p. 31

[19] Sur cette affaire, cf : BARNABA (Enzo), Le sang des marais – Aigues – Mortes 17 août 1893, une tragédie de l’immigration italienne, éd. Via Valeriano, Marseille, 1993, 128 pp.

[20] Cf. p. 23

[21] pp. 25 et 26

[22] Cf. p. 26

[23] Comme il dit l’être p. 56

[24] Cf. FROMENTAL (Jacques), Aigues –Vives, les carnets de Brutus Déjardin d’Annibal à Gaston Doumergue, éd. C. Lacour, Nîmes, 1989, 185 pp.

[25] Cf. Histoire généalogique des Mirabaud d’Aigues Vives, (Anonyme), Paris, 1894

[26] Cf. p. 102

[27] Ces propos m’ont été expressément tenus à plusieurs reprises à Toulon, où je résidais alors.

[28] Cf. p. 18

[29] idem

[30] Cf. p. 19

[31] Cf. p. 22

[32] In VIALLANEX (Paul), Réforme et révolutions – Aux origines de la démocratie moderne, éd. Réforme/Presses du Languedoc, Montpellier, 1990, p. 110

[33] Cf. p. 55

[34] Dont je déplore au demeurant qu’elle succède à un Mirabaud comme secrétaire perpétuel

Jean-Michel Cros

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par djamel - le 23 juin 2007
Qui se rappelle de l’Histoire ? Il n’y a pas si longtemps, les Italiens et les Espagnols étaient peu fiers, ils étaient les uns et les autres, assimilés à Mussolini et à Franco. Et aujourd’hui, surtout depuis le 11 septembre, les musulmans sont suspectés de basculer dans le terrorisme : les fameux réseaux dormants. Toute mon adolescence, je me suis battu avec ces nouveaux français aux accents spaghetti et paélla, qui me reprochaient que mon couscous n’était pas aussi Français. Ils ne savaient pas que les indigènes avaient combattu sous le drapeau Français, notamment contre le fascisme et le nazisme. Et aujourd’hui, on ferait le procès à ces Français qui ont des difficultés d’intégration dans les milieux politiques notamment, non pas parce qu’ils ne veulent pas, mais bien parce qu’il y a un communautarisme par le haut. (Lire Mourad Gazli, ’’Ne leur dites pas que je suis Français, ils me croient Arabe’’, éditions Presse de La Renaissance ; Eric Maurin, ’’Le ghetto Français : enquête sur le séparatisme social’’, éditions Seuil.)
Par djamel - le 23 juin 2007

« Aimez la France ou quittez-la ! »

« Aimez la France ou quittez-la ! », voilà un slogan que l’on a souvent écouté, lu, vu sur les affiches et sur les murs des QG de partis politiques de droite, lors de cette élection présidentielle de 2007. A qui est destinée cette injonction ? A tous les français ? A la gauche à qui on fait le reproche d’avoir été trop laxiste, paternaliste, etc. ? Aux minorités visibles, trop visibles ? Est-ce que ça s’adresse à ceux qui n’aiment pas les l’extrême droite (De Villiers, Megret...), à ceux qui n’aiment pas les français musulmans, les français de couleur en général, les gays, etc. ?

Personne n’est dupe. On sait à qui cela fait référence. Depuis ces dernières années, on somme au français de confession musulmane de donner des gages de « francité »… Dans les mairies pour ceux qui désirent refaire leur carte nationale et qui sont nés à l’étranger, notamment au Maghreb, on leur demande d’écrire sur leur extrait de naissance 1, « aime la France ». Ce qui implique que lorsqu’on est français d’origine maghrébine, on n’est pas censé aimer la France ! C’est insupportable et insultant ! Et l’Histoire continue avec des propos tels que ceux de Xavier Darcos « Si on n’aime pas la République française, il faut aller ailleurs. (…) Ce qui a changé depuis 15 ans, c’est une relative insolence des immigrés arabo-musulmans de la troisième génération ». Et plus récemment les propos tenus sur les jeunes en colère, avec la flambée de violence qui a pris dans les banlieues depuis Clichy-sous-bois, et les propos choquant de la part d’un ministre de la République, la multiplication de banderoles et d’affiches aux slogans scandaleux, tels que‘’ Aimez-la France ou quittez-la !’’ qu’on pourrait paraphraser par « soyez déjà contents de vivre ici », quitte à vivre dans des « tours infernales » prêtent à péter à tout moment ! Que ceux qui affirment de telles phrases, viennent y vivre alors dans ces banlieues déshéritées, du moins celles qui sont le plus touchées par la paupérisation, le chômage, la discrimination, la ségrégation, etc. !!!

Ce slogan fait peur, froid dans le dos, parce qu’il ne laisse pas place au dialogue, à l’écoute, au changement. C’est comme si un homme disait à sa partenaire : « aime-moi ou quitte-moi ! ». Pas de concession. Le plus pur égoïsme, machisme, totalitarisme. C’est comme si en d’autres temps, lorsqu’un petit bonhomme agité et fiévreux, disait « Aimez l’Allemagne ou quittez-la ! ». Oui, en effet, cette Allemagne là, il aurait fallu la quitter !

Mais qu’arrive t-il à notre pays ? Beaucoup pensent, comme Max Gallo 2, que la France a baissé les bras, qu’elle ne s’aime plus. Elle trouve excuse à ceux qui l’insultent avec des « nique la France », à ceux qui ont sifflé la Marseillaise, à ceux qui demandent réparation ou reconnaissance (colonisation, esclavage, etc.), à ceux qui brûlent les voitures, les écoles, etc., qui veulent imposer le communautarisme, l’islam 3. Il explique que la France se dilue dans l’Europe sous l’effet de la mondialisation, qu’elle ne sera bientôt plus ce qu’elle était, ce qui faisait son caractère original, sa fierté__ en somme, maîtresse de son destin. Mais la France tout comme n’importe quel pays, a-t-elle déjà été uniforme, homogène, de sang pur et unique ? Non, comme n’importe quel pays d’ailleurs. N’est-ce pas dangeureux d’affirmer de telles choses ?

« Aimez-la », nous dit-on ! Qu’est-ce qu’aimer ? Est-ce cet amour pathologique ? Oui, est-ce cet amour passion aveugle, qui ne laisse nulle place à la critique, au dialogue, mais fait de nous des aliénés, des soumis, etc. ? Digne de tout fanatisme, totalitarisme, nationalisme, chauvinisme, extrémisme, etc. Quelle ironie ! On sait que les partis politiques disent ne pas aimer le Front national, est-ce pour autant qu’on va leur dire de quitter la France ? Alors que le monde se réjouit de la mondialisation, du multiculturalisme, ici on se crispe, on a peur, on s’enferme. Où est cet universalisme ? Où sont nos valeurs « liberté, égalité, fraternité » ? Que de la poudre aux yeux ?

Qu’est-ce que la France ? Aimez quelle France ? Il y a eu plusieurs France à travers le temps, les époques. La France des villes, des paysans, des basques, des provencaux, des savoyard, des banlieues, des centres villes, des paysans, des bourgeois, des artistes, des intellectuels, des SDF, etc. Pas une ne ressemble à l’autre, chacune a ses caractéristiques. Les aimez toutes ? Les assumer ? Oui bien sûr. Mais assumons alors celle d’aujourd’hui. Vivons la pleinement ! Pour cela assumons notre passé et ne réitérons pas les mêmes erreurs 4. Soyons tous des citoyens égaux, et qu’il n’y ait plus de citoyens de seconde zone. Il ne faut plus que la France se regarde comme un adolescent en pleine puberté, qui accepte difficilement les changements de son corps. Et oui, la France est colorée, faudra s’y faire ! On nous a toujours enseigné que la France est un carrefour, qui a brassé des peuples, des religions, etc. Pourquoi est-ce que cela changerait aujourd’hui ? Même la langue française est imprégnée de cette histoire : elle a des origines latines, germaniques, celtiques, avec des apports africains, antillais, arabes, slaves, ainsi que d’autres influences plus récentes, telles que l’anglais ou l’américain. Et c’est à son avantage, de montrer vraiment au monde qu’elle est réellement le pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Aujourd’hui on peut se demander si ces principes universels ne sont pas en train de voler en éclat.

« Quittez-la ! », nous dit-on. Pendant un court instant, ceux-ci m’ont rappelé que je n’étais peut-être pas tout à fait considéré comme français. Le doute encore une fois, s’est installé alors en moi. Qui sommes-nous ? Partir vers où ? « Français ou immigrés arabo-musulmans de la troisième génération », qu’est-ce que ça veut dire ? Sommes-nous réellement considérés comme des Français ? Voilà où le bas blesse.

Comme l’avait si bien écrit Robert Antelme 5 : « Tout se passe effectivement là-bas comme s’il y avait des espèces_ ou plus exactement comme si l’appartenance à l’espèce n’était pas sûre, comme si l’on pouvait y entrer et en sortir, n’y être qu’à demi ou y parvenir pleinement, ou n’y jamais parvenir même au prix de générations _, la division en races ou en classes étant le canon de l’espèce et entretenant l’axiome toujours prêt, la ligne de défense : « Ce ne sont pas des gens comme nous. » (…) Et c’est au moment où le masque a emprunté la figure la plus hideuse, au moment où il va devenir notre figure, qu’il tombe. »

En effet, pourquoi ne pas s’interroger sur les vraies causes de ce malaise social, pour trouver des solutions ? Pourquoi parle t’on encore d’intégration alors que ça fait plus de trois générations que nous sommes en France ? Pourquoi cette hypocrisie à notre égard dans les discours ? Serait-ce notre particularisme ‘’culturel’’ et ‘’islamique’’ qui poserait problème ? Est-ce cela qui expliquerait ces phobies de part et d’autre ? Pourquoi subitement, cette prétendue incapacité de s’adapter à la République ou à la ‘’modernité’’ alors qu’on misait récemment tous les espoirs sur ‘’l’intégration’’ et sur les pays en ‘’voie de développement’’ qui commençaient à émerger ? Qu’est-ce qui a fait que tout à coup, on a eu un revirement de situation ? En somme, que nous soyons passés d’un horizon éclairé fait d’espoirs au brouillard le plus total.

C’est par les actes que l’on prouve son amour. Comment ne pas comprendre qu’un enfant qui n’a pas eu l’amour de sa mère, puisse la haïr, lui répondre rageusement ? Est-ce que celle-ci lui dira, « aime-moi ou quitte-moi » ? Vous imaginez le résultat ?

Qu’est-ce que ça veut dire « Aimez la France ou quittez-la » ? Ca veut tout simplement dire, que l’on ne nous aime pas, nous français de confession musulmane.

Enfin, concluons par ces quelques phrases d’Amin Maalouf qui écrit 6, « Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité comme étant la somme des diverses appartenances, au lieu de la confondre avec une seule, érigée en appartenance suprême, et en instrument d’exclusion, parfois en instrument de guerre. (…) De la même manière, les sociétés devraient assumer, elles aussi, les appartenances multiples qui ont forgé leur identité à travers l’Histoire, et qui la cisèlent encore ; elles devraient faire l’effort de montrer, à travers des symboles visibles, qu’elles assument leur diversité, afin que chacun puisse s’identifier à ce qu’il voit autour de lui, que chacun puisse se reconnaître dans l’image du pays dans lequel il vit, et se sente encouragé à s’y impliquer plutôt que de demeurer, comme c’est trop souvent le cas, un spectateur inquiet, et quelquefois hostile. »

Oui, il est temps que la France fasse un geste d’intégration des minorités en politique et cesse avec son communautarisme républicain 7, « blanc de culture judéo-chrétienne ». Il est temps qu’elle s’assume telle qu’elle est et aime tous ses enfants, sans exception. Sinon quel souvenir en aurons-nous dans les pages de l’Histoire ? « Que c’était un pays frileux, fermé sur lui-même, décadent, intolérant ». Personne n’a dit qu’il fallait renier les valeurs de la république pour des exigences communautaires, mais enfin appliquer, sans hypocrisie, les valeurs de « Liberté, égalité, fraternité ». Ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord sur tel ou tel point, qu’il faut excommunier l’autre. Discutons. Apprenons-nous à nous connaître réellement, à nous rencontrer, à nous parler, à nous écouter, et cessons de vivre par écran interposé 8. C’est la démocratie vivante qui doit se jouer, et non une république qui revendique des principes qu’elle n’a pas encore appliqué pour tous.

Assemi Djamel

1_ Cet incident est réellement arrivé à un de mes cousins. Voir le rapport sur les discriminations et l’islamophobie en France, CICF. 2_ Max Gallo, ’’Fier d’être français’’, Livre de Poche. 3_ Alexandre Del Valle, ’’Le totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties’’, éditions Syrtre ; Emmanuel Brenner, ’’Les territoires perdus de la république’’, éditions Fayard ; ’’Les mosquées de Roissy’’ de De Villiers, ‘’La tentation obscurantiste’’ de Caroline Fourest, ’’Les islamistes sont déjà là, enquête sur une guerre secrète’’ de Christophe Deloire et Dubois, etc. 4_ Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Sandrine Lemaire, ’’la fracture coloniale : La société française au prisme de l’héritage colonial’’, édition La Découverte. 5_ Robert Antelme, ’’L’Espèce humaine’’, éditions Gallimard, 1957, p65. 6_ Amin maalouf, ’’identités meurtrières’’, Livre de Poche. 7_ Mourad Ghazli, ’’Ne leur dites pas que je suis français, ils me croient arabe’’, éditions Presse de la renaissance. 8_ Thomas Deltombe, ’’L’islam imaginaire’’, édition La Découverte ; Guillaume Weill-Reynal, ’’Les nouveaux désinformateurs’’, éditions Armand Colin.

Par Rachid ZANI - le 23 juin 2007
« Quand l’honneur est dans le drapeau, l’intelligence est dans la trompette » quant l’honneur est dans le coeur,l’intelligence illumine la raison. "ce que tu ne peux donner te tiens" Max gallo est esclave de son confort bourgeois ,acquit pendant des années de labeur en cachant "honteusement" son histoire. Fort heureusement , la beauté de l’intelligence est plus forte que les vilennies des ces messieurs un peu trop compléxés à mon goût. Toujours un plaisir de vous lire M.CROS permettez que je salue votre érudition.
le 22 juin 2007

Dingue ! je n’immaginais pas que les lecteurs de Oumma avaient la moindre considération pour l’académie française.

En voila une nouvelle !

Par BERNARDO - le 22 juin 2007
T’es le meilleur Jean-Michel Cros, t’es variment le meilleur.
Par oumma.com-uk-fan - le 22 juin 2007

Bravo a Jean-Michel Cros qui me reconcilie avec la France que j’ai quittee il y a 18 ans.

Francais de l’etranger j’ai constate que le rayonnement international de la france depend d’avantage de l’humanisme defendu par les intelectuels proche de M Cros que des "fier d’etre francais" qui participe au declin de notre pays.

Par Zen Stress - le 22 juin 2007

Étant donné que nous sommes en pleine fièvre de la diversité, le prochain académicien sera d’abord une femme et ce sera Chahdortt Djavann.

On dirait qu’il y a des virus qui circulent dans toutes les hautes sphères françaises : la bassesse, petitesse, mesquinerie et stupidité. Mais entre Claude Imbert et Max Gallo, le choix est tombé sur le plus discret ou le plus conventionnel. Peut-être que Max Gallo est prolifique mais j’ai lu 2 ou 3 des ses écrits, rien de plus ordinaire ! Deux questions s’imposent alors :

1- Quelle est la signification du choix de l’académie française ?

2- Est-ce que le niveau littéraire français est tombé si bas que Max Gallo et Claude Imbert deviennent éligibles à un tabouret à l’Académie ?

Cette nomination me conforte dans ce que j’ai écrit sur ce forum. La frontière entre la gauche et la droite sur la question sociale est en train de disparaitre. Max Gallo, supposément de gauche, véhiculent des idées et des propos pour le moins néo-conservateurs ! Néanmoins, le contexte social français actuel laisse penser que cette mutation est ordinaire du fait du nombre : Gluksmann, Finkielkraut, BHL...Tous de « conviction » de gauche, mais de l’extrême droite lorsqu’il est question d’une frange de la société.

Les paysages intellectuel et politique français sont en passe de prendre une tournure historique ; ceux qui nous gavent à outrance du sujet de la fracture sociale sont ceux qui l’agrandissent. Malheureusement, en qualité de garde-fou des valeurs humaines et humanistes, les instances supposé réguler la pensée ambiante suivent le même courant et se livrent au même exercice.

Vive la France pays des lumières...éteintes

Par Safi - le 22 juin 2007

Gallo ferait mieux de signer la pétition paru ce matin dans Libération :« Nous protestons contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère »

Voilà un une pétition qui honnore la tradition d’accueil de la France.

Par Carl - le 22 juin 2007
Voilà ça recommence. Arrêtez de voir de l’islamophobie partout. Soyez fiers d’être français, la France est un grand pays. Max Gallo est un écrivain de talent qui combattu pour les droits de l’Homme. C’est un écrivain universaliste amoureux des arts et des lettres.
Par Celiane - le 22 juin 2007
Fiers d’être Français quand je lis des articles de Geisser, Jean Michel Gros ou Burgat beaucoup moins quand je lis ceux de Gallo. c’est normal docteur ?
Par Ideal - le 22 juin 2007
Un trés grand merci à Max Gallo, car c’est grace à la lecture de ses Grands romans qui transpirent la médiocrité, l’intolerance, et surtout la haine de l’autre, qu’aujourd’hui je dévore tous les écrits d’IBN Khaldoum et que je comprends mieux IBN Battuta. J’espère que Max Gallo ne m’en voudra pas de cette infidélité, mais aprés avoir lu ces grands auteurs, que sont IBN battuta et IBN Khaldoum, j’ai compris que la grandeur des hommes ne se mesure pas par la suprématie de leurs origines. ou de leurs religions.
Par Jean de la Postiche - le 22 juin 2007
Max gallo fier d’être français sûrement mais la question est : est ce que les français sont fiers de Max gallo ? Un peu moins sûr...
Par Shérazade - le 22 juin 2007
Monsieur Gallo serait-il un nostalgique des bruits des bottes ?
Par Martine - le 22 juin 2007

Je vous invite à lire cet extrait d’un entretien de Max Gallo donné à un site chrétien.

Aviez-vous déjà eu l’occasion de dire à quelqu’un « je suis croyant » ?

"Max Gallo : Il m’est arrivé de le dire, mais jamais de manière aussi précise, aussi affichée. Peut-être parce que quelque chose s’est déclenché en moi qui m’a incité à le manifester. Peut-être aussi parce que les questions religieuses, liées aux évènements internationaux du 11 septembre, et l’attitude d’une religion comme l’islam, me conduisent aujourd’hui à affirmer ma propre appartenance avec plus de force. Non pas pour afficher je ne sais quelle supériorité mais pour exprimer une identité autrement que par un creux ou par une absence."

Par Un admirateur - le 22 juin 2007

Chers amis,

Je vous en conjure, ne médisez point sur ce génie de l’histoire. Mon admiration pour Max Gallo est sans borne. Il a réinventé le don d’écrire et de repenser l’histoire. Son entrér dans cette vénérable institution fut un intense moment d’émotion que vous avez partagé ensemble dans une même communion.

En fait je vous informe mes chers amis que je n’en rien à cirer de Gallo. Mes références littéraires sont Johny Hallyday et Stevy, j’apprécie également la verve philosophique de Patrick Sébastien.

Par Outil - le 22 juin 2007
Max Gallo était de gauche à une époque où la droite ne voulait pas de lui. Entre temps il a pris quelques cours aupres du Front National et à defaut d’integrer le cercle des lumières, il intégre aujourd’hui le cercle des insuffisants. En clair cela s’appelle : "manger à tous les rateliers"
Par Delie - le 22 juin 2007
Gallo à l’académie, en France c’est possible, et cela devient "encore plus possible tous ensemble". J’en suis tout retourné. La France a le don de nous réserver les plus belles surprises. Gallo t’as en de la veine, t’es un petit malin, t’ as tout pigé.
Par Luison - le 22 juin 2007
En France, être islamophobe est rentable à tout de point de vue. Vous êtes sûr d’être médiatisé, vous aurez les honneurs de toute la société. L’islamophobie ça paye un maximum. Nul ne peut faire carrière s’il ne s’affiche pas islamophobe. C’est connu et certains en usent à des fins carriéristes.
Par Ideal - le 22 juin 2007
Le rêve de tout homme et de l’ecrivain en particulier est d’accéder à la postérité. Entrer dans l’académie française ne suffit pas. Pour transcender la mort il faut être doté d’un esprit éclairé et intelligent . Je crois que ce sont les deux qualités qu’il vous manque Monsieur Gallo. Tout s’acquiert dans la vie même un siège à l’académie fançaise, une seule chose est innée : l’intelligence, et là Monsieur Gallo, Dieu vous a oubliè.
Par Houd93 - le 22 juin 2007
Salam Max gallo a l’academie . . Voila un message fort et sans equivoque de l’occident . Il ne fait plus vraiment bon d’etre musulman en occident !!!! Le prochain ça sera reddeker qui sera elu prof de philo de l’année
Par Amazone - le 22 juin 2007

C’est en autre grace à ce gens que vous, Monsieur Max Gallo, stigmatisait en permanence, qu’aujourd’hui vous pouvez vous targuer d’être fier d’être Français. Sans ces polygames, je ne suis pas sûr que vous pourriez vivre aujourd’hui dans cette France libre.

Où etiez vous quand les grands parents et parents de ces enfants issu de, mourraient par milliers pour sauver la France du nazisme ?

Par Saber - le 22 juin 2007

Ce passage du brillant texte de Jean-Michel Cros illustre on ne peut mieux l’état d’esprit d’une partie de notre élite :

"Que Max Gallo soit en concurrence avec Claude Imbert pour le vingt quatrième fauteuil, qu’il se retrouve en compagnie de la spécialiste de la polygamie, Mme Carrère dite d’Encausse, est un signe fort de cet esprit de démission, de la veulerie du sens commun dans lequel s’avachissent avec délices les clercs qui trahissent."

Par Camel - le 22 juin 2007

« Fier d’être français » tel est le titre d’un des nombreux ouvrages de Max Gallo qui aime rappeler qu’il est un fils d’immigré italien. Je comprends que Gallo soit fier d’être français, cette France qui en effet lui a tout donné, la moindre des choses est qu’il fasse preuve de gratitude. Mais Max Gallo qui à l’âge de nos pères et de nos mères qui sont venus des anciennes colonies pour améliorer leur condition de vie. Nos pères qui ont travaillé dure à l’usine pour un salaire de misère, qui ont été confronté au racisme, dont la santé a été détruite et qui n’ont qu’une modeste retraite. Nos mères qui se sont sacrifiées pour éduquer leurs enfants dans des conditions difficiles. Nos pères et nos mères qui voient leurs enfants détenteurs de diplômes et qui sont confrontés à la discrimination à l’embauche, au logement et dont la religion est stigmatisée. Alors la question qui se pose. Doit-on êtres fiers d’être français Max Gallo ?

Et pourtant nous n’avons ni haine, ni ressentiment, nous réclamons seulement justice et égalité.

Par Malik - le 22 juin 2007
La France marche sur la tête, ce pays devient de plus en plus effrayant, les plus graves incartades intellectuelles sont encouragées. Que dire de plus, rien, je me sens impuissant et désemparé, je constate et chaque jour qui passe m’éloigne de ce pays que je quitterai un jour, le plutôt sera le mieux.
Par Haddock - le 22 juin 2007
Gallo qui parait-il est de gauche, c’est ce qu’il n’ a cessé de répéter dans sa carrière d’écrivaillon, a rallié Sarkozy. Ils sont nombreux ces hommes ou femmes de gauche à avoir cédé aux sirènes sarkozystes. Le point commun de ces neo sarkosystes de gauche est d’être pour la plupart d’entre eux islamophobes, et pour certains épris du bon vieux temps des colonies. Leur nouveau maître à penser Sarkozy a montré l’exemple, lui qui a fait campagne sur le thème des musulmans qui égorgent leurs moutons dans la baignoire.
Par Internationaute - le 22 juin 2007
Vous avez l’art Monsieur Cros de formaliser ce que je pense ou sommes certainement nombreux à penser. A chaque fois, vous réussissez votre coup. Comment vous faîtes, vous avez une botte secrète. Splendide !
Par Allalou - le 22 juin 2007
l’Académie française est un lieu de villégiature pour retraités nostalgique de la grandeur de la France quasi mythifiée. Nationalisme exacerbé, auteurs pontifiants et en effet mondains sont les paradigmes de l’Académie de moins en moins académique et de plus en plus franco-française dans le sens dans le brillant papier de JM CROS .
Par Kader - le 22 juin 2007
Sublime Jean-Michel Cros, je vais m’enpresser d’envoyer votre texte aux membres de l’Académie qui j’espère pourront le lire, sait-on jamais.
Par Fabrice Lefort - le 22 juin 2007
Vous rappelez bien M. Cros ce qu’est devenue l’Académie Française où n’entrent que des "intellos" en conformité avec le système politique et la doxa commune. Entrer à l’Académie Française n’est en rien un sacre, mais plutôt une démonstration évidente d’une soumission totale au politiquement correcte incarné aujourd’hui par l’islamophobie ambiante. Bientôt un animateur de télé du style Fogiel fera son entrée à l’Académie.
Par Christopher - le 22 juin 2007
Je ne connaissais pas dans le détail certaines envolées "philosophiques" de Max Gallo sur l’islam. Je vous remercie M. Cros pour votre analyse accablante pour Gallo.
Par Chti jure.. - le 22 juin 2007

Bonjour Salem

Toujours pertinent Jean-Michel Cros..tu parviendras à y entrer toi aussi dans cet hémicycle...

Et bien il y aura au moins des débats enrichissants dans ce cercle fermé la romancière Assia DJEBAR Élue en 2005 au fauteuil 5 Commandeur des Arts et des Lettres pourra cottoyer ce Maxislamophobus...au galop contre notre culture..

Plume pour plume...à bon rat bon chat...

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