|
|
Version mobile Newsletter
|
|
| Mercredi 7 Janvier 2009 | ||
|
|
|
|
Articles
L’utilisation du fait berbère comme facteur politique dans l’Algérie coloniale
mercredi 27 août 2008 - par Mahfoud Kaddache
On a même utilisé la dénomination Berbérie, finalement abandonnée car révélant maladroitement un dessein racial et politique. Les réponses données par de nombreux savants aux questions posées obéissaient souvent plus à des considérations idéologiques qu’à des préoccupations scientifiques et cherchaient plus à faire ressortir les différences entre Berbères et Arabes qu’à souligner les apports considérables et l’empreinte indélébile qui furent ceux d’une langue et d’une culture. L’objectif diviser pour régner apparaissait avec les premières études ; il s’agissait de ne pas courir avec le Berbère colonisé du XIXème, le risque d’un échec comme ce fut le cas avec Rome et le christianisme[1]. Il ne fallait pas laisser le Berbère cramponné à l’Islam, ni tourné vers l’Arabe, ni vers l’arabisation.
Ils sont faux et soupçonneux… »[2]. Même leur indépendance est considérée comme n’étant que la « passion immodérée du vol, la pratique absolue du brigandage ». Les Berbères restaient « insaisissables comme les Numides leurs aïeux ». Ce sombre tableau de la société kabyle, nous le trouvons dans de nombreux ouvrages[3]. Mais ces Kabyles étaient préférables aux Arabes car ils apparaissaient les moins éloignés du type européen, une fusion avec est possible, « ils seront les premiers à s’assimiler si jamais des musulmans s’assimilent »[4]. Ces idées répandues par de nombreux hommes de science étaient courantes non seulement au début de la conquête mais durant tout le XIXème siècle[5]. Elles devaient éclairer la politique algérienne qui optait pour un espoir basé sur les Kabyles « nature sauvage et inculte, mais pleine de sève et de vigueur »[6].
La fusion, l’assimilation pouvaient en conséquence être réalisés en Grande Kabylie. Non seulement on espérait assimiler les Kabyles, mais on pensait qu’ils pourraient être les intermédiaires qui transmettraient aux Arabes, les mœurs, les coutumes, la civilisation française. On alla jusqu’à concevoir la possibilité de faire des Kabyles, des auxiliaires de la colonisation ; on rêva de la création de villages kabyles, antennes de la colonisation en pays arabe, qui isoleraient les tribus arabes et remplaceraient avantageusement les garnisons militaires européennes susceptibles d’être diminuées ou rappelées en cas de guerre.
Ageron a eu bien raison d’intituler son chapitre le mythe kabyle. Le mythe a inspiré une politique ; on s’appuya sur les traditionnelles djemaas tout en cherchant à utiliser habilement les chefs ; on commença par introduire les juges de paix en Kabylie occidentale, l’administration voulut rétablir les çoffs, défendre les coutumes kabyles surtout dans la mesure où les coutumes s’opposent à la loi musulmane, il fallait respecter les kanouns, même ceux qui « sont immoraux »[9]. Des tentatives furent faites pour franciser les noms, faciliter, populariser la naturalisation, rechercher « la fusion ethnique ». Il fallait favoriser les Kabyles, donner une place importante à la langue kabyle par l’octroi de primes substantielles aux fonctionnaires français (1882) et la construction plus intense d’écoles en Kabylie. On a même proposé la constitution d’un département spécial regroupant toutes les populations parlant kabyle. Si on ne le fit pas, on créa en 1898 une représentation spéciale dans les Délégations financières où la section kabyle siégeait à part de la section arabe. Les Kabyles eurent, compte tenu de leur nombre, une représentation plus importante (6 délégués kabyles contre 15 Arabes). On ne renonçait pas à l’application de la politique de division. Le Temps le dit clairement « la sagesse la plus élémentaire nous conseillait de maintenir, d’accroître les différences qui les séparaient des autres indigènes »[10]. L’assimilation échoua, ni le nombre des naturalisés, ni celui des convertis n’étaient satisfaisants. On en vint à accuser l’Administration d’avoir favorisé l’Islam et l’arabisation. On incrimina le système administratif à l’arabe : bach-agha, grands seigneurs pour gouverner des populations habituées à une gestion démocratique, cadis chargés de juger les procès civils, arbitrés auparavant par les djemaas. Si les Kabyles étaient attachés à l’Islam, c’est à cause de la « croisade musulmane au nom de la France par l’administration militaire »[11] ; elle a rendu les Kabyles « plus mahométans qu’avant la conquête » et leur a permis de se regrouper autour des chefs religieux, de se rapprocher des Arabes dans les différentes sectes religieuses. « L’Islamisme a donc poussé plus profond ses racines », et les vrais principes musulmans tendent à se substituer aux anciennes coutumes locales. Aux dires de Charveriat, les zaouïas se seraient multipliées au détriment des écoles françaises, les constructions de mosquées auraient été le fait des autorités qui furent invités à rehausser par un éclat officiel la solennité de l’Islam.
Il faut établir une différence dans les signes même de la pensée, maintenir l’antagonisme à la base ; remplacer les caractères arabes par les caractères français, écrire la langue kabyle en caractères français[12]. Même en 1924 Peyronnet rappelant Fournel[13] regrette qu’on n’ait pas tenu compte de ses conseils : « ne pas traiter uniformément deux races qui sont distinctes, manifester clairement son choix, sa préférence pour les Berbères et baser sur ce choix une politique plus hardie ». L’orientation des études restait la même. Toutes les questions étaient étudiées sous l’angle français. « Que voulons-nous ? » s’interrogeait Peyronnet. Que l’Afrique de demain soit une Afrique éminemment française ? » Et parmi les autres questions posées celles, sur l’importance de l’Islam, de l’arabisation, restaient les plus importantes : il importe si l’on veut avancer quelques opinions sur leur francisation (les Berbères), de savoir à quel point ils ont subi l’influence des deux principaux conquérants de l’Afrique, à quel point ils ont été islamisés, à quel point ils ont été arabisés. Car « l’islamisation des Berbères n’est pas aussi profonde qu’on pourrait le croire. » Certes, il y eut des esprits clairvoyants, des savants qui reconnaissaient la vanité de cette politique, et qui se rendaient compte « de la vaine opposition des prétendus Berbères aux prétendus Arabes »[14] tous soumis à la loi coranique et cela non sous l’effet d’une quelconque politique administrative, mais parce que l’islamisation était un facteur fondamental de la société algérienne. Il ne semble pas nécessaire d’insister sur le rôle joué par l’Islam dans la résistance à la conquête et à la domination coloniale en Algérie. Les Chorfas qui furent très nombreux en Kabylie[15], les confréries en particulier celle des Rahmania avec le cheikh Al Haddad en 1871 donnèrent souvent au patriotisme algérien un caractère mystique. Robert Montagne était arrivé à la conclusion évidente que la France n’avait pas précipité l’islamisation des Berbères pour une bonne raison que les Berbères étaient islamisés depuis de longs siècles, et que la France n’avait pas commis la faute de mettre entre les Français et les Berbères « le rempart infranchissable d’une religion particulièrement intransigeante et souvent hostile à l’Occident », les Berbères seraient bien étonnés, s’ils apprenaient au fond de leurs montagnes, que certains chrétiens ou musulmans des villes mal informés, espèrent ou redoutent qu’ils ne se convertissent à la foi chrétienne »[16]. Il est obligé de constater que dans leurs îlots montagneux, les Berbères ont été touchés par la marée montante de la civilisation arabe, et « que toute l’histoire du Maghreb est dominée depuis plus d’un millénaire par un même événement, la lente destruction des institutions des autochtones, l’assimilation progressive des vieilles populations africaines par les tribus arabes et la civilisation islamique »[17]. Après la première guerre mondiale, l’ampleur de l’émigration kabyle tant dans les villes algériennes qu’en France attira à nouveau l’attention des savants et des hommes politiques sur les Kabyles. Déjà en 1898 dans une brochure, L’ouvrier et le colporteur[18], un délégué financier kabyle attirait l’attention des autorités sur les services que pouvaient rendre à l’industrie française « ces montagnards travailleurs et intelligents ». Les premiers kabyles à traverser la Méditerranée furent des conducteurs de bestiaux qui séjournèrent à Marseille ou des colporteurs qui allaient dans les villes d’eau. En 1905, des Kabyles travaillaient dans le midi de la France. En 1913 on recensa 4 à 5000 employés dans les usines du Nord et les usines des régions parisiennes et marseillaises. Les Kabyles étaient majoritaires dans l’émigration en France, ils allaient au contact des organisations politiques françaises de gauche et des syndicats, s’initier à la lutte politique. En effet, les travailleurs kabyles participèrent en nombre important à la création de la première organisation nationaliste, l’Etoile Nord Africaine ; parmi les dirigeants figuraient 5 Kabyles sur 8. Au niveau des travailleurs il n’y avait pas de problème de minorité kabyle ; l’adhésion à l’Islam, la situation de colonisé, d’émigrant, la communauté de pensé dans la recherche d’une formulation nationaliste de la question algérienne étaient les plus sûrs garants de l’unité. Non seulement l’assimilation apparut comme vaine, mais pour le régime colonial le danger était grand avec l’action conjointe des Kabyles ou des Arabes au sein d’un mouvement nationaliste qui, bien qu’ayant un caractère prolétaire très marqué, ne reflétait pas moins l’influence du nationalisme arabe[19].
Le Dahir berbère provoqua non seulement des remous au Maroc, mais aussi en Orient, et en Algérie. Le berbérisme était soutenu par une exploration scientifique plus sérieuse : des recherches d’ethnographie, de sociologie, d’histoire avaient mis en relief le fait berbère et donnaient aux intellectuels kabyles le désir de connaître leur passé et de faire le recensement des valeurs culturelles berbères[20].
Certaines associations dont les membres étaient en grande majorité Kabyles (Association des instituteurs d’origine indigène, Union catholique indigène, Ligue des citoyens français d’origine indigène) militèrent en faveur de la naturalisation, de l’assimilation non seulement politique (ce qui, jusqu’en 1942, était désiré par l’ensemble des intellectuels) mais morale et culturelle. L’évolution était conçue dans le cadre de la culture française et de la patrie française, avec une attitude indifférente voire hostile à l’égard de l’Islam[22]. La laïcité militante de l’école républicaine trouvait de nombreux adeptes parmi les instituteurs – la langue arabe était considérée comme une langue étrangère.
A la tête du mouvement réformiste il y avait de nombreux Kabyles, les rédacteurs du journal : Ach-Chihab faisaient souvent suivre leur nom de l’ethnique al-Zawawi (du pays kabyle). Le chef du réformisme musulman en Algérie, le cheikh Ibn Badis signait I-Badis al-sanhagi. Les Oulamas kabyles défendaient avec la même ardeur que les autres Oulamas, l’Islam, la langue arabe, et l’arabisme. La formule de Ben Badis « le peuple algérien est musulman et à l’arabisme le rattachent les liens du sang », le slogan « l’Islam est notre religion, l’arabe notre langue, et l’Algérie notre patrie » étaient proclamés partout, même par les Kabyles qui ignoraient la langue arabe.
Le cheikh Ibn Badis[25] dans un article retentissant rappela : « Les fils de Ya’rub (les Arabes) et les fils de Mazigh (les Berbères) sont unis par l’Islam depuis plus de dix siècles. Et tout au tout au long de ces siècles, ils n’ont pas cessé d’être étroitement liés les uns aux autres, dans la mauvaise et la bonne fortune, dans les jours de joie et les jours d’épreuves, dans les temps heureux comme dans les temps difficiles de sorte qu’ils forment depuis les âges les plus reculés, un élément musulman algérien dont la mère est l’Algérie, et le père l’Islam.
La clandestinité y trouvait un cadre propice, le parti nationaliste avait dans ces montagnes des hommes d’action prêt à appuyer toute action révolutionnaire et à prendre les armes. Aux travailleurs émigrés, s’étaient joints les couches populaires des villes et des campagnes algériennes, des commerçants, des petits fonctionnaires, quelques notables, et surtout les jeunes étudiants, sportifs, scouts. Dans toutes ces catégories, les Kabyles figuraient en grand nombre. Leur expérience politique en France, leurs multiples déplacements, leur intégration dans la plupart des centres urbains algériens, leurs progrès dans l’école française leur permirent de dégager une élite qui prenait activement part à l’organisation, à l’édification et au combat du mouvement national. Le monde kabyle se retrouvait partout présent, dans les villes, à Tizi Ouzou comme à Alger ou à Constantine, dans le nord comme dans le sud du pays, en Algérie comme dans les milieux de l’émigration. Il se sentait chez lui au milieu des autres Algériens. Sa présence dans tous les mouvements algériens, les médersas, les scouts, les étudiants, les Oulamas, le mouvement nationaliste ne laissait aucune possibilité à l’expression d’un particularisme berbère. Le monde kabyle, comme celui des autres régions s’identifiait avec l’Algérie. Le mythe kabyle, le berbérisme, facteurs de division, d’aggravation du fossé entre les Arabes et les Kabyles, le berbérisme facteur d’une culture arabe dont il refusait la sève, repoussant la solidarité avec l’arabisme, voire même l’Islam n’avaient pas dépassé le cercle des doctrinaires de la colonisation et de quelques rares individualités. La masse kabyle malgré la répression[26] ne suivait pas. Il faut cependant noter en1949 au sein du parti nationaliste une petite crise berbériste. De jeunes militants s’en prirent au caractère arabe et musulman du nationalisme affiché par le PPA, et voulurent répandre un certain nombre de thèses où était affirmée cette formule : à savoir que l’Algérie n’est ni arabe, ni berbère, l’Algérie est algérienne[27]. La crise fut très passagère et se termina par le départ de quelques militants. Le mouvement national avait, et avec l’assentiment de la grande masse de ses militants, un aspect culturel fondé sur des valeurs islamiques communes à toutes les populations d’Algérie, et un aspect politique basé sur l’unité de la patrie algérienne.
Le grand scandale pour l’auteur est que les Berbères « surtout dans les villes aiment assez qu’on les prennent pour des Arabes » « car les Berbères ont bien tort de s’incliner devant ce gobinisme oriental, car ce n’est pas en reniant ses origines qu’on se grandit, c’est en avouant, en les revendiquant et de leur rappeler qu’ils n’ont rien à gagner à se recommander de la civilisation arabe », car « l’arabe classique est une langue morte, la civilisation dite arabe c’est bel et bien une civilisation berbère, elle ne doit rien aux Arabes, la Berbérie n’a jamais été l’Orient, elle en est plus que jamais éloignée. » L’avenir c’est le continent européen, la Berbérie « est devenue l’intermédiaire indispensable entre l’Europe occidentale et le continent noir, elle se situe sur un axe nord-sud dont les événements font le plus apparaître la solidarité… L’Eurafrique, les Etats-Unis français d’Eurafrique l’avenir est là. »
Les militaires français ont été tentés de jouer sur le particularisme kabyle[29], en 1959, ils affirmaient encore[30] « les Kabyles se différencient nettement des Arabes par la langue, le droit, et certains traits de mentalité collective » et reprenaient la conclusion d’un élu : « la Kabylie au même titre que n’importe quelle région de France… a la ferme volonté de s’intégrer au peuple français. » A la veille du cessez-le-feu, la partition leur apparaissait encore comme une solution possible[31].
Mahfoud Kaddache, « L’utilisation du fait berbère comme facteur politique dans l’Algérie coloniale », in. Actes du premier congrès international d’études des cultures méditerranéennes d’influence arabo-berbère, Alger, SNED, 1972, page 269-276. [1] A . Laroui, l’Hisoire du Maghreb, 1970, en particulier l’introduction et p. 94, J. Ougrour, « Le fait berbère » essai de démystification dans Confluent n° 23_24, sept-oct 1962. [2] E. Lapène, Tableau historique et politique sur les Kabyles, 1846, pp 20-21 [3] Voir la bibliographie donnée par Ch. Robert Ageron, Les Algériens musulmans et la France 1968, et ses chapitres sur le « mythe kabyle » et la politique berbère, pp 267-292, Cambon et la politique kabyle, pp 481-484, la politique kabyle de 1898 à 1918, pp 873-890. Citons parmi les plus importants travaux : Abbé Raynal, Histoire philosophique et politique des Etablissements et du commerce des Européens dans l’Afrique septentrionale, 1826. Daumas et Faber, la Grande kabylie 1847. Carette, Etude sur la Kabylie proprement dite, 2 vol, 1848. Warnier, l’Algérie devant Duval, la Politique de Napoléon III en Algérie, 1863. Bibesco, « les Kabyles du Djurdjura », dans la Revue des deux Mondes, avril 1865 – mars 1866. Pomel, Des races indigènes de l’Algérie (Arabes, Kabyles et Juifs). Du rôle que leur réservent leurs aptitudes, 1871. Gastu, Le peuple algérien, 1884. Clamageran, l’Algérie, 1883. Leroy-Beaulieu, l’Algérie, 1887. P. Bert, Lettres de Kabylie, 1885. C. Sabatier, « L’essai sur l’origine, les évolutions successives et l’état social actuel des Berbères sédentaires », dans Revue d’Anthropologie, 1882, pp 413-442 et « Etudes sur la femme kabyle », dans Revue d’Anthropologie, 1883, pp 56-69. Masqueray, Formation des cités chez les populations sédentaires de l’Algérie, 1886. A Hanoteau et A. Letourneaux, La Kabylie et les coutumes kabyles, 1893, tome 1, p 381. [4] P. Charveriat, A travers la Kabylie et les questions kabyles, 1888, p 123 [5] J. Liorel, Kabylie du Jurjura, 1892, p 536. J. Morizot, « L’Algérie kabylisée » dans Cahier de l’Afrique et l’Asie, VI 1961, p 70. [6] P. Charveriat, op cit, p 129 [7] Au capitaine, les Kabyles et la colonisation de l’Algérie, 1864, p 3 [8] J. Liorel, Kabylie du Jurjura, 1892, pp 543-544 [9] Cité par Ageron, op cit., p 287 [10] Cité par Ageron, op cit., p 875 [11] P. Charveriat, op cit., pp 222-226 [12] J. Liorel, il proposa de remplacer le taleb arabe par un « clergé national berbère qui éliminerait peu à peu l’élément fanatique, les marabouts arabes »,op cit., p 540 [13] Peyronnet, Le problème nord-africain, 1924, voir l’introduction [14] Doutté cité par Ageron, p. 874 [15] Cf. rôle joué par le chérif Bou Baghla. Cf. réponse d’une tribu kabyle, rapportée par Robin, l’Insurrection de la Grande Kabylie en 1871, p 29 : « Nous ne renoncerons jamais à notre religion, si le gouvernement veut nous y contraindre nous lui demanderons un moyen de quitter le pays, si nous n’en trouvons pas, nous préférons la mort plutôt que d’embrasser votre religion ». Belkacem Ben Sedira cité par Ageron, p 275 rapporte que les Kabyles sentant qu’on voulait faire de leurs enfants des petits « Roumis » estiment qu’ils n’ont plus « qu’à travailler » une route pour aller se jeter à la mer. [16] R. Montagne, La vie sociale et la vie politique des Berbères, 1931, p 18 [17] R. Montagne, op cit., p 10 [18] Cité par Morizot, op cit., p 87 [19] Voir en particulier les numéros d’El Ouma entre 1931 et 1933, et les manifestations des émigrants algériens à Paris en faveur de la Syrie. [20] Surtout H. Basset, Essai sur la littérature berbère, 1920 [21] En particulier les œuvres de L. Bertrand [22] Voir par exemple l’étude de R. Zenati, instituteur naturalisé français, directeur de la Voix indigène sur le problème algérien, dans Renseignements coloniaux, et Documents (supplément de l’Afrique française, avril 1938, pp. 50-53). Dans cette étude présentée comme le « produit d’un greffon français sur un figuier kabyle », Zenati dénonce « l’action des Oulamas et de l’Etoile Nord Africaine qui emploient deux forces singulièrement efficaces : la mystique islamique et le nationalisme « outni ou territorial » » [23] Embarek al Mili, cité par l’Afrique française, 1933, pp 389-390 : « On ne peut voir dans les habitants de l’Ifriqiya qu’un peuple berbère puisqu’il est impossible de distinguer en eux quoi que ce soit qui ne soit pas berbère ». [24] Cité par l’Afrique française, 1933, p 389 [25] Ibn badis al Sanhagi, Ech-Chihab, février 1936 [26] Titres du journal nationaliste El Maghrib al Arabi sur la très sévère répression qui s’abattit sur la Kabylie : « La Kabylie sous la répression de l’impérialisme oppresseur » (25/7/48). « En Kabylie les colonialistes continuent leurs lâches expéditions punitives » (25/7/48). « Les forces policières colonialistes à la reconquête de la Kabylie » (6/8/48). « Par ses expéditions punitives le colonialisme français ne réussira pas à détacher la Kabylie du mouvement national » (9/10/48). [27] Titre d’une brochure : l’Algérie Algérienne, s.d. [28] L’Houssine Mtouggui, Vue générale de l’histoire berbère, 1950 [29] Mohamed-Chérif Sahli posa le problème dans Al Istiqlal, 12 octobre 1956 : « Personne ne nie qu’il existe en Afrique du Nord des Arabes et des Berbères, plus exactement des arabophones, mais la fusion ethnique sur une large échelle, la communauté de l’histoire, de la religion, de la culture et des institutions ont réduit leurs différences à de simples caractéristiques régionales. Une évolution irréversible a ainsi conduit les Berbères à s’intégrer définitivement au monde arabe, qui sur le plan ethnique n’a jamais été essentiellement arabe, la langue et la culture même populaire l’emportent sur la race ». [30] Si Mohand ou Ramdane, la Grande Kabylie et ses problèmes (Publication du centre d’études régionales de Kabylie), Mémoires et travaux, t. III pp. 29 et 92 [31] El Moudjahid, organe central du FLN 16/3/1960, p. 10 : « La partition est fondée sur une conception directement héritée des officiers d’affaires indigènes (pour qui l’histoire du Maghreb repose sur l’antagonisme Berbères-Arabes) ». « Quant à la Kabylie, il est facile pour un ethnographe comme M. Servier d’établir des distinctions fondées sur les coutumes, les costumes, l’hjstoire ancienne des tribus, des dialectes… etc. Mais depuis toujours et bien avant 1830, les Algériens de Kabylie ont essaimé à travers toute l’Algérie se livrant au commerce et à l’artisanat dans les villes, effectuant des travaux saisonniers dans les plaines. Aujourd’hui où les travailleurs « kabyles » sont partout même en Europe et en France, quel territoire assigner à la « communauté kabyle ? » Si l’on veut baptiser territoire kabyle tous les lieux où vivent les « Kabyles » en proportions notables, des arrondissements de Paris entiers, de Lille, de Marseille deviendront « territoires kabyles » ! » [32] J. Ougrour, op cit., p 627 [33] Voir Mqidech, « Une minorité berbère » dans Partisans, mai-août 1972 à côté d’articles consacrés à la guerre de libération nationale au Bangladesh et à la question de l’Irlande. Mots clésMahfoud KaddacheHistorien algérien ( 1921 - 30 juillet 2006) Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article20 octobre 2008
Si Samir a dit :
L’Algerie est aujourd’hui independante.
Il y a aujourd’hui 10 millions d’imazighen qui reclament a corps et a cris que l’Etat algerien prenne en charge le developpement de leur langue le Tamazight ; non pas 2 (...) (Lire la suite)
16 octobre 2008
mauvilus a dit :
Mahfoudh Kaddache est un intellectuelle de grande envergure ! il faut tout connaitre de lui. Dans cet article il expose a juste titre la manipulation du fait ethnique a l’epoque colonial de l’algerie, sans plus. mais notre etat (...) (Lire la suite)
7 octobre 2008
Ce forum est modéré à priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site. votre site est comme tous les régimes arabes :c’est de la (...) (Lire la suite)
7 octobre 2008
Je suis algerienne-arabe et fière de l’être...mais je ne suis pas fière de l’Algérie et encore moins des Algeriens(en algérie), mon père s’est battu pour ce pays...et qu’est-ce que l’Algérie lui à donné ???il a dû (...) (Lire la suite)
4 septembre 2008
BIGSHAF69 a dit :
Hamid je dirais plûtot que, Il n’existe tout simplement un peuple KABYLE , UN PEUPLE ARABE, MAIS CELA N’EMPECHE PAS QUE TOUS, SOMMES EGAUX DEVANT ALLAH . NOUS SOMMES TOUS CES CREATURES, CEUX QUI RESPECTENT ET PRATIQUE LES BONNES (...) (Lire la suite)
29 août 2008
hamid a dit :
d’abord il faut arreter de parler de race arabe en algerie par ce que ca n’existe pas il y’a juste des berbères arabiser par la langue du coran. (Lire la suite)
29 août 2008
Rachid ZANI a dit :
http://www.elwatan.com/La-Grande-Mosquee-d-Alger-Entre Almoravides , Almohades jusqu’à CORDOUE:quel chemin parcouru. (Lire la suite)
29 août 2008
nanny a dit :
merci à mon cher professeur Mr Keddache qui nous a habitués depuis toujours notamment lorsqu’il nous enseignait à l’Institut d’etudes politique d’Alger à une hauteur de vue et une culture immenses. Les kabyles qui ont (...) (Lire la suite)
28 août 2008
Amirouche a dit :
merci Mr.Mahfoud Kaddache pour cet article. enfin quelqu’un qui se décide de parler sur cette question épineuse des rivalités entre arabes et berbères que certains essaient d’exploiter pour des fins partisanes. (...) (Lire la suite)
28 août 2008
faridb a dit :
Cet article est intéressant car il apporte un ensemble d’arguments attestant d’une politique berbere mise en œuvre par l’état colonial français. Ces arguments dont certains méritent d’être au conditionnel peuvent (...) (Lire la suite)
28 août 2008
Rachid ZANI a dit :
Il est temps que l’ALGERIE retrouve sa verve d’antan ,qu’elle resplendisse de nouveau et qu’elle retrouve sa place dans le MONDE où elle a tant de fois ,excellé. Il est temps que l’ALGERIE retrouve son équipe de (...) (Lire la suite)
27 août 2008
ohm2p a dit :
J’ai eu plaisir à lire cet article ; lequel au demeurant est instructif.S’il traite d’informations et d’une réalité du début du siècle précédent, de la stratégie mise en chantier par un colonisateur par rapport à un (...) (Lire la suite)
27 août 2008
Rachid ZANI a dit :
Un article plein d’enseignements. Pour ma part ,certaines questions restent en suspens. La guerre d’Algérie n’en finit pas de nous révéler chaque jour un peu plus de son histoire et j’avoue que l’article de (...) (Lire la suite)
27 août 2008
Ideal a dit :
Il suffit de voir comment les bombes qui tombaient sur les villages et les villes d’Algerie entre 1954 et 1962, ne faisaient pas difference entre les arabes et les kabyles pour comprendre que tout ce beau discours de la puissance coloniale (...) (Lire la suite)
|
|
| » Mentions légales | » Qui sommes-nous ? | » Plan du site | » Agenda | |
| » Nous contacter | » Revue de presse | » Horaires des prières | » Coran | |