Thursday 24 July 2008

La conférence d’Annapolis, la Palestine en contrechamps

Par *René Naba
lundi 26 novembre 2007

Afin que les murmures de Yad Vachem n’étouffent pas les cris de douleur du peuple palestinien, injustement dépossédé de sa patrie, cette intervention est dédiée, au-delà du lectorat de cet article, au nouveau président de la République française, Nicolas Sarkozy, afin qu’il ne développe pas de facultés auditives sélectives.

I. La permanence du géotropisme occidental ou le complexe de Gibraltar.

Il serait fastidieux et vain de dresser une chronologie de l’Histoire de la Palestine, c’est-à-dire le récit linéaire des événements tels qu’ils se sont produits depuis la promesse Balfour jusqu’à nos jours, plus exactement depuis la promesse de création d’un Foyer National Juif en Palestine, jusqu’à la prolifération et la consolidation de bantoustans sous occupation israélienne, autour des grandes agglomérations urbaines palestiniennes, Ramallah, Bethlehem, Naplouse, Hébron et Djénine.

Des Bantoustans, en guise de Foyer National Palestinien, ayant vocation à constituer le futur état palestinien que les pays occidentaux veulent ériger en guise de solde de tout compte d’un conflit centenaire et dont la responsabilité première incombe exclusivement aux pays occidentaux. T

Pas une histoire totale donc, mais une histoire problématisée, c’est-à-dire une histoire qui essaye d’expliquer les raisons de ces évènements. Il incombe, pour ce faire, de procéder à un décryptage de l’histoire récente ou plutôt à la déconstruction des mythes fondateurs de la stratégie occidentale à l’égard de la rive méridionale de la Méditerranée, sa rive arabo-musulmane.

A- La théorie du vaccum, "le Res Nullus"

L’Europe, qui a longtemps symbolisé l’Occident, n’a jamais pardonné aux Arabes non seulement la conquête de la rive méridionale de la Méditerranée mais aussi la rive africaine de l’Océan Atlantique. A une époque où la navigation maritime constituait la principale voie de ravitaillement des Métropoles, la présence de l’Islam sur les rives africaines de l’Atlantique a été perçue par l’Europe une menace stratégique sur la navigation transocéanique occidentale, celle reliant l’Europe à l’Amérique Latine (via Dakar).

Au delà de la conquête de marchés captifs et des réserves de matières premières, la colonisation de la Méditerranée a répondu au souci de neutraliser cette menace potentielle ou virtuelle. Cela quand bien même nulle poussée arabe n’a été enregistrée en direction de l’Europe depuis près de quatre siècles, soit pour les Arabes, depuis la perte de Grenade en 1492 et la restauration de la souveraineté catholique sur l’Espagne.

Nulle poussée musulmane, non plus, depuis le retrait des troupes musulmanes de l’Empire ottoman des portes de Vienne, le 13 avril 1683. Sous couvert d’une motivation religieuse (la libération du tombeau du Christ à Jérusalem), les Croisades répondaient à cette préoccupation. La colonisation aussi.

Les grands principes universels découlent rarement de considérations altruistes. Elles répondent davantage à des impératifs matériels. Du temps des Croisades, le mot d’ordre mis en avant était la « libération du tombeau du Christ ». Le sac de Constantinople constituera, à cet égard, selon l’historien Jacques Le Goff, une des pages honteuses de l’histoire de l’Occident.

Du temps de la colonisation, ce sera « le fardeau de l’homme blanc » et son double corollaire économique, -la liberté de navigation et la liberté du commerce et de l’industrie-, c’est-à-dire la liberté pour l’Europe de façonner à son image les territoires conquis, d’asservir les peuples, et sous prétexte de civilisation et de modernité, de coloniser leurs territoires pour son expansion économique.

Le promontoire de Gibraltar qui contrôle la jonction Mer Méditerranée-Océan Atlantique est bien revenu sous souveraineté européenne, en fait anglaise, mais les Occidentaux ne se sont jamais libérés du complexe de Gibraltar. Gibraltar (Jabal Tareq), qui tire son nom du conquérant arabe Tarek Ben Ziad continue de retentir dans le subconscient occidental comme un camouflet stratégique majeur.

Toutes les voies de communications maritimes de l’espace arabe sont ainsi depuis quatre siècles sous contrôle occidental. Gibraltar et de même que le site radiophonique de Tanger et la base aérienne américaine de Kenitra (Maroc) pour la jonction Méditerranée-Océan atlantique, l’île de Massirah dans le sultanat d’Oman, qui contrôle le détroit de Bab et Mandeb, pour la jonction Golfe arabo-persique/Océan indien, enfin Chypre, ou plutôt les bases d’Akrotiri et de Dékhélia pour la jonction Méditerranée- Golfe-Océan indien, via le Canal de Suez.

Les deux bases de souveraineté anglaise de Chypre ont été aménagées en base anglaise de repli après la perte du Canal de Suez, auparavant sous condominium franco-anglais. La nationalisation du canal en 1956 par Nasser a d’ailleurs donné lieu à une expédition punitive franco-anglo-israélienne, première opération militaire conjointe israélo-occidentale contre le Monde arabe destinée à châtier un dirigeant nationaliste arabe, Gamal Abdel Nasser, coupable d’avoir cherché à récupérer sa principale richesse nationale, le Canal de Suez.

D’autres expéditions punitives ont eu lieu depuis Suez. Les guerres croisées des Etats-Unis en Irak pour le compte d’Israël, depuis 2003, la guerre d’Israël au Liban contre le Hezbollah pour le compte de l’Amérique, en 2006, constituent de parfaites illustrations de l’intrication d’Israël dans la stratégie occidentale.

Tout le monde garde présent à l’esprit l’injonction du président Jacques Chirac plaidant la nécessité de « mesures coercitives » contre le Hezbollah, au tout début de l’offensive israélienne contre le Liban, en juillet 2006, avant de réduire ses prétentions dès les premiers revers israéliens. Au passage notons que de l’expédition « punitive » de Suez aux mesures « coercitives » contre le Hezbollah, les réflexes coloniaux demeurent vivaces en France et tenaces.

B- De la vacuité géographique : Un peuple sans terre pour une terre sans peuple

Le Foyer National Juif s’est déployé en Palestine, précisément, et non à Madagascar ou en Argentine comme cela était prévu dans le projet originel pour l’évidente raison que la mise en place de cette entité occidentale au cœur du Monde arabe répondait avant tout à un géotropisme permanent des puissances coloniales : le verrouillage de l’espace arabe au prétexte de la liberté de navigation et de la sécurité de la route des Indes : Gibraltar, le Canal de Suez, l’Ile de Massirah, la côte des pirates auront ainsi tout au long de l’histoire moderne constitué autant de jalons de l’expansion européenne, autant de places fortes de garnison et de vigiles de l’Empire britannique.

L’implantation du Foyer National Juif en Palestine a été précédée de la conquête de l’Algérie, en 1830, du protectorat de la France sur la Tunisie, en 1881, du protectorat anglais en Egypte, en 1882. Elle est concomitante du Mandat français sur la Syrie et le Liban, en 1920 et du Mandat anglais sur l’Irak et la Palestine. Soixante ans après l’indépendance des pays arabes, au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, la présence militaire occidentale est plus forte qu’à l’époque coloniale.

L’ensemble arabo-musulman est ainsi enserré dans un maillage, sans doute l’un des plus denses au monde. Qu’on en juge : L’Irak est occupé, le Bahreïn abrite le QG de la V ème flotte américaine opérant dans la zone Golfe-Océan indien et le Qatar, le QG du commandement central, qui couvre une zone allant de l’Afghanistan au Maroc.

Le Koweït, zone de pré positionnement des troupes américaines dans le golfe, sert de base arrière pour le ravitaillement stratégique des troupes combattantes américaines dans la zone. L’Arabie saoudite abrite sur la base du prince sultan, dont la superficie excède la superficie de Paris, les avions radars Awacs, et le Maroc, la base aérienne de Kenitra pour la surveillance aérienne depuis la rive arabe du passage de Gibraltar.

Enfin le Sultanat d’Oman, sur l’Ile de Massirah relevant de sa souveraineté, une base aéronavale anglaise verrouille la jonction Océan Indien-Golfe arabo-persique. L’énumération ne serait pas complète si l’on ne mentionnait pas le mandat de fait exercé sur le Liban par les Etats-Unis et la France depuis l’assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri, en février 2005, les accords de coopération militaire conclus avec la Jordanie et l’Egypte notamment dans le domaine la délocalisation de la torture (rendition) et de la sous-traitance d’opérations de maintien de l’ordre dans les pays limitrophes.

Au passage, relevons que la quasi-totalité des monarchies arabes se trouvent en situation de subordination ou, pour être charitable, de « servitude volontaire » vis-à-vis des puissances occidentales. L’importance de l’implantation du Foyer National Juif en Palestine apparaît rétrospectivement ainsi un élément du maillage.

Le choix de la Palestine s’est fait en vertu du principe de la vacuité géographique. L’habillage idéologique à cette entreprise de prédation se résumait par ce slogan « Un peuple sans terre pour une terre sans peuple ». Un slogan mystificateur car il revenait à nier l’existence d’une population dont les ancêtres s’étaient frottés victorieusement aux Croisés, en Palestine, nier l’existence d’une civilisation, marquée par une économie agricole réputée pour son huile, ses vins, le vin de Latroun, ses agrumes, les oranges de Jaffa célèbre dans l’ensemble de la Méditerranée, bien avant la fertilisation du désert par les vaillants Kiboutznik, autre mystification de la légende sioniste.

La notion de vacuité s’est depuis lors déclinée dans toutes ses variantes. De la vacuité géographique nous sommes ainsi passés à la vacuité culturelle puis à la vacuité politique.

 La vacuité culturelle : La Palestine a été décrétée en situation de vacuité par application de la théorie de Metternich « le Res Nullus » (1), tout simplement parce qu’elle a eu la mauvaise idée de se situer du mauvais côté de la frontière et de l’imperium européen : « En dehors des frontières de la civilisation, il était loisible d’insérer librement, au milieu des populations plus ou moins arriérées –et non contre elles- des colonies européennes qui ne pouvaient être que des pôles de développement ».

Autrement dit, la Palestine n’était pas un territoire vide démographiquement, mais culturellement, vide d’une sorte de vacuité culturelle, car ne répondant pas au standard européen. Près de cent ans plus tard, l’Irak était, à son tour, frappé de « vacuité politique », qu’il importait de lui appliquer la démocratie américaine, avec les déplorables conséquences que l’on constate quotidiennement sur le terrain.

 La vacuité politique : La théorie de la vacuité palestinienne s’applique d’ailleurs d’une manière discontinue depuis 1948 sur le plan politique. L’absence de progrès dans la recherche de la paix a toujours été imputée à l’absence de volonté de paix chez les Arabes, ce qui a été vrai un certain temps, mais qui n’est plus vrai depuis 1982 (adoption du plan de Fès-Maroc), et surtout à l’absence d’interlocuteurs palestiniens, ce qui n’a jamais été vrai.

Des « animaux à quatre pattes », selon l’expression de l’ancien premier ministre Golda Meir, aux « cafards » d’Avigor Liberman, le chef de file de la droite radicale, les Palestiniens ont rarement été identifiés pour eux mêmes, pour ce qu’ils sont, des Palestiniens, les habitants originels de la Palestine. Quand ils n’étaient pas qualifiés de « terroristes », ils ont été tour à tour, arabes israéliens ou habitants des territoires (lesquels ?) ou alors, selon leur appartenance communautaire ou ethnique (druzes, bédouins) jamais arabes palestiniens ou tout simplement palestiniens.

La négation de l’identité palestinienne a trouvé son illustration la plus achevée avec la mise en résidence forcée de Yasser Arafat, Président démocratiquement élu de la Palestine et prix Nobel de la Paix, par le dirigeant israélien le plus controversé pour ses pratiques terroristes, le premier ministre Ariel Sharon avec la complicité des pays occidentaux.

En revanche, les tortuosités israéliennes relèvent elles du registre de la générosité. Tout le monde se souvient des « offres généreuses » de Ehoud Barak, le prédécesseur de Sharon, lors des négociations israélo-palestiniennes de Way Plantation sous l’égide du président Bill Clinton. La mystification des « offres généreuses » n’a pas tenu longtemps car elle a été vite dénoncée par des journalistes israéliens eux-mêmes, puisqu’elles consistaient à obtenir de Yasser Arafat une reddition sans condition tant sur le statut futur de Jérusalem que sur le statut des réfugiés palestiniens, que sur leur Droit au retour).

La promesse Balfour est en fait une promesse faite, le 2 novembre 1917, par le ministre anglais des Affaires étrangères Arthur James Balfour à Lors Walther Rotschild d’aménager un « Foyer National Juif en Palestine ». Arthur Koestler, un écrivain nullement suspecté d’antisémitisme, en tirera un accablant constat qui se passe de commentaires : « Pour la première fois dans l’histoire, écrira, cet auteur hongrois anticommuniste philosioniste, « une nation promet solennellement à une autre (nation en gestation) le territoire d’une troisième nation ». (2) Une fraction de la Palestine est promise aux Juifs non pour les dédommager des atrocités commises à leur égard par les Palestiniens ou les Arabes, mais en compensation des persécutions qu’ils ont eu à subir en Europe. En somme, comme cela se dit vulgairement, c’est à dire dans le langage populaire, « on les dédommage sur le dos de la bête ».

Plus cruellement, l’Occident chrétien a pensé purger son passif avec le judaïsme et lui témoigner sa solidarité expiatoire en créant l’Etat d’Israël en vue de normaliser la condition juive diasporique dans des composantes nationales claires (Abraham B. Yehoshua).

Mais il a dans le même temps transmuté son contentieux bimillénaire avec une religion longtemps considérée comme « déicide » en un conflit israélo-arabe et un conflit islamo-judaique, en négation avec la symbiose andalouse. Ce faisant, l’Occident a transféré en terre arabe les problèmes lancinants de l’antisémitisme récurrent des sociétés occidentales.

L’histoire du Monde arabe contemporain demeurera incompréhensible à quiconque ne prendra en considération la blessure originelle représentée par l’implantation de l’Etat d’Israël en Palestine tant il est vrai que de toutes les grandes dates qui jalonnent l’Histoire des Arabes, la date du 15 Mai 1948, est sans doute la plus traumatique.

Au-delà des considérations bibliques, la création d’une entité occidentale au coeur du Monde arabe à l’intersection de sa rive asiatique et de sa rive africaine, scellait la rupture définitive de la continuité territoriale de l’espace national arabe, la rupture du point d’articulation entre la voie continentale et la voie maritime de la « Route des Indes », la voie marchande des caravanes reliant le couloir syro-palestinien à son prolongement égyptien, une rupture stratégique du continuum au point de confluence des voies d’eau arabes (le Jourdain, le Yarmouk, le Hasbani et le Zahrani) et de ses gisements pétroliers, source de sa richesse, de son décollage économique et de sa puissance future.

Un choc à tous égards traumatique. Il sera vécu à juste titre comme tel, comme une amputation du patrimoine national, une spoliation de l’identité arabe. Il conditionnera durablement la relation du Monde arabe et de l’Occident à l’époque contemporaine et explique une large part de sa nature conflictuelle, de ses dérives successives, de ses déflagrations répétitives, et, enfin dernière et non la moindre des conséquences, l’aversion révulsive et la méfiance instinctive que continue de nourrir le camp arabe face à toute initiative occidentale.

II. Découplage Golfe Méditerranée : la paix comme appât à la caution arabe d’une politique belliciste occidentale.

Au delà de la théorie du vaccum, la stratégie occidentale a toujours cherché à opérer un double découplage :

 Découpler la zone du golfe de la zone méditerranéenne du monde arabe, c’est-à-dire la zone d’abondance repue et docile de la zone de pénurie, découpler sa chasse gardée pétrolière de la turbulence de la démographie frondeuse de la Méditerranée.

 Découpler les problèmes du golfe arabo-persique du conflit israélo-arabe, utilisant le règlement de la question palestinienne comme un appât pour obtenir une caution arabe à sa politique belliciste à l’égard du monde arabe, quand bien même elle a, elle-même, pris l’initiative de subordonner le règlement du problème palestinien au règlement des problèmes plus généraux du Moyen-Orient.

 La conférence de Madrid, en 1991, s’est tenue, en novembre-décembre 1990, dans la foulée de la première guerre contre l’Irak. Une belle parade diplomatique sans lendemain. La première percée significative sur la voie de règlement du conflit israélo-palestinien a eu lieu avec les accords d’Oslo, en 1993.

Elle a pu se produire car elle a été opérée, en catimini, entre Israéliens et Palestiniens, à l’insu des impératifs de la diplomatie américaine, non par un élan de générosité israélienne à l’égard des Palestiniens mais pour la simple raison que le premier ministre israélien de l’époque Itzhak Rabin était parvenu à la conclusion, au terme de la première Intifada, que ce conflit de basse intensité, saignait l’économie israélienne en une lente hémorragie, altérait l’image d’Israël, alors que l’occupation pervertissait la moralité de la jeunesse israélien.

Les accords d’Oslo prévoyaient la constitution d’un Etat palestinien dans un délai de cinq ans. La feuille de route de George Bush, lancée en 2003 dans la foulée de l’invasion américaine de l’Irak, prévoyait, elle aussi, l’édification d’un Etat palestinien dans un délai de cinq ans, c’est-à-dire en 2008. Le dernier forcing de Condoleeca Rice au Moyen-Orient, trois voyages au premier trimestre 2007, vise à soulager la pression anti-américaine sur l’Irak.

Entretemps, la diplomatie occidentale s’est fixée un objectif de diversion :

Combattre le péril chiite, suscité par les Américains en décapitant les deux adversaires idéologiques -et sunnites- de l’Iran chiite révolutionnaire, les Talibans, en Afghanistan, en 2001, et l’Irak baasiste et laïc de Saddam Hussein, en 2003. L’Iran est devenue une puissance régionale redoutée non pas tant sous l’effet d’une politique volontariste, mais par effet d’aubaine consécutive à la politique erratique américaine.

Combattre aussi la menace nucléaire iranienne suscitée par la prépondérance militaire israélienne et son hégémonie régionale du fait de sa possession de l’arme atomique et son refus de se soumettre aux contrôles prévus par le Droit International.

L’Islam sunnite, sous l’égide du président égyptien, Gamal Abdel Nasser, puis de Yasser Arafat, chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, a été diabolisé lorsqu’il s’est identifié au combat nationaliste arabe pour la restauration des Droits Nationaux Palestiniens. Nasser comme Arafat ont été traités d’ « Hitler » par les médias israéliens et leurs alliés occidentaux, alors que les Chiites sous l’autorité du Chah d’Iran étaient cités en modèle de modernité et d’intégration occidentale.

Maintenant que l’équation s’est retournée, les dirigeants arabes sunnites, affidés de l’Occident, se voient gratifiés d’un vocable qui se veut flatteur « l’axe de la modération », alors que figurent au sein de cette alliance certains des dirigeants les plus rétrogrades de la planète.

C’est Israël qui a introduit la course aux armements atomiques au Moyen Orient et cela depuis cinquante ans et c’est l’Iran qui constitue l’unique danger nucléaire de la zone. Ce sont quinze Saoudiens qui participent aux attentats aériens du 11 septembre 2001 contre des objectifs américains et c’est l’Irak baasiste et laïc qui est soupçonnée de connivence avec l’organisation fondamentaliste sunnite Al Qaeda, quand bien même il est de notoriété publique que l’ordonnateur des attentats du 11 septembre 2001 est le poulain commun des Saoudiens et Américains Oussama Ben Laden.

Cette drôle de logique illustre le discours disjonctif occidental à l’égard du monde arabo-musulman, une logique variable en fonction des intérêts des occidentaux. Un discours qui explique largement les déboires occidentaux en terre arabe.

Au passage signalons, qu’Israël est le seul état du Monde à vouloir désigner au préalable ses interlocuteurs, en délimitant au préalable l’ordre du jour, en anticipant, au préalable, ses propres résultats, sans que cette morgue ne suscite la moindre critique dans les cercles dirigeants occidentaux, plongés dans une sorte de léthargie amnésique pour tout ce qui concerne le problème palestinien.

Au délà de la diversité des composantes de la fédération américaine, l’Amérique s’est dotée par la force d’un état fédéral de cinquante états -« les Etats-Unis d’Amérique »- et cherche à s’adjoindre le Canada et le Mexique au sein de l’ALENA, l’Europe, à son tour, s’applique à édifier une Union Européenne de 25 membres, mais tant l’Amérique que l’Europe veillent à maintenir le monde arabe dans un état de balkanisation.

Ils répugnent à la constitution d’un ensemble arabe au nom du particularisme des diverses composantes du Monde arabe (sunnites, chiites, druzes et alaouites, kurdes et arabes, chrétiens et musulmans, Machreq et Maghreb) alors que cet ensemble de près de 300 millions de personnes représente davantage de similitude culturelle et linguistique qu’un plombier polonais et un pécheur maltais ou un résident de l’Etat huppé du Massachussets et un texan de San Antonio, ou encore qu’un basque et un breton.

L’Amérique veut imposer par la force la démocratie dans le monde arabe, mais n’en tire pas toutes les conséquences lorsque les résultats d’un scrutin démocratique lui sont défavorables. Elle récuse le Hamas au prétexte qu’il ne reconnaît pas Israël, mais ne souffle mot ni des assassinats extrajudiciaires des dirigeants palestiniens (160 en quatre ans), illégaux au regard du Droit international, ni de l’annexion rampante de la Cisjordanie et du Golan syrien, ou de la judaïsation de Jérusalem, ou enfin du blocus quasi permanent aux populations palestiniennes sous occupation israélienne.

III. Rappel à l’ordre des circonvolutions des divers plans depaix.

Le « Plan de partage » des Nations unies aux Palestiniens proposait 47% des 100% du territoire de la Palestine du mandat britannique qui appartenait aux Palestiniens à l’origine. Puis par une sorte de réduction successive, toutes les autres initiatives de paix proposaient des plans dégressifs :

 Les « Accords d’Oslo » (1993) proposaient aux Palestiniens une superficie réduite de moitié : 22% des 100% qui leur appartenaient à l’origine.
 L’« Offre généreuse » de Barak aux Palestiniens, réduisait l’offre à sa portion congrue : 80% des 22% des 100% de votre territoire d’origine.
 La « Feuille de route » envisagée par Bush pour les Palestiniens en vue d’obtenir la caution arabe à la guerre contre l’Irak soumet la création d’un Etat palestinien à diverses conditions qui constituent un chef d’œuvre d’hypocrisie diplomatique et de mauvaise foi.

La création d’un Etat palestinien est soumise aux conditions suivantes :

1- La renonciation à la lutte armée, c’est-à-dire la résistance à l’occupation, ainsi que la neutralisation de tous les combattants et leur démobilisation.

2- La renonciation au Droit au retour des réfugiés vers les maisons de leurs ancêtres,

3- La désignation de représentants politiques agréés par les Etats-Unis et Israël.

4- L’acceptation des faits accomplis sur le terrain notamment la séparation de la Cisjordanie de Jérusalem via le Mur de Sharon, ainsi que les routes de contournement militaire des agglomérations palestiniennes, réservées à l’usage exclusif des Israéliens. Ce dispositif brise la continuité territoriale palestinienne, de la même manière que l’Etat d’Israël avait brisé le continium stratégique arabe.

5- La renonciation à Jérusalem pour capitale.

6- La modification des programmes scolaires dans un sens agrée par les Américains et les Israéliens.

7- L’instauration d’un planning familial et de la limitation des naissances en vue de brider la démographie galopante des Palestiniens.

La satisfaction de ses sept conditions pourrait ouvrir la voie à la constitution d’un état palestinien au terme de négociations avec les Israéliens qui porteraient 80% des 22% des 47 pour cent de votre territoire d’origine Pour toutes ses raisons, il m’a paru nécessaire de vous offrir cette lecture en contrechamp de l’Histoire de la Palestine tant il est vrai que le passé éclaire très cruellement le présent, et sans doute l’avenir, qu’il est tout aussi vain de vivre dans la pénombre et la périphrase, et, d’admettre enfin, et là je m’adresse aux amis de l’Etat hébreu qui se déclarent attacher à son existence, qu’Israël ne connaîtra une légitimité que lorsqu’il aura été pleinement reconnu par sa victime, les Palestiniens, librement, souverainement, sans condition préalable.

Les Occidentaux soutiennent le droit à la sécurité d’Israël et le Droit à l’existence du peuple palestinien, sans l’assortir de considérations sur sa sécurité. A en juger par les multiples actions préventives menées par Israël au cours de son histoire, l’équation vraie, le bon droit, consiste à réclamer non un droit à la sécurité d’Israël et un devoir d’insécurité pour les pays arabes, mais un droit égal à la sécurité pour l’ensemble des pays de la zone, y compris la Palestine, car il est tout aussi légitime pour Israël que pour les pays arabes de disposer d’un droit égal à la Sécurité.

Souvenons nous en, in fine, tant qu’existe un revendicateur un Droit ne se perd pas et une fausse symétrie ne sert pas une bonne administration de la justice.

Références bibliographiques :

1- « Israêl, fait colonial ? » Maxime Rodinson, Revue des Temps Modernes N°253 bis/Mai 1967, pages 17-88/ Et « Israêl et le refus arabe » ? Maxime Rodinson. Ces deux ouvrages sont épuisés.

2- « Les cent clés du proche Orient » Alain Gresh et Dominique Vidal/ Editions l’Atelier.

Pour une plus grande documentation sur la question

 « Le Sionisme contre Israël » Nathan Wienstock- Editions Franois Maspero 1968, épuisé.

 « Le Proche-Orient éclaté » (1956-2006) Georges Corm Folio/Histoire N°93

 Mythes et réalités du conflit israélo-palestinien, Norman Finkielstein, préface de Dominique Vidal- Editions Aden. Colloque Caen- 24 Octobre 2007

http://renenaba.blog.fr

*René Naba

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.

Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :

« Liban : chroniques d’un pays en sursis » Editions du Cygne janvier 2008 , « Aux origines de la tragédie arabe » - Editions Bachari 2006. "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002.

« Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par lectrice - le 30 novembre 2007

Qu’est ce qui se passe ? On ne peut plus critiquer le sionisme sur Oumma.com ? J’ai répondu à David et ma réponse est censurée...Je n’ai offensé personne pourtant !

Le sionisme est une idéologie qui peut être critiquée et qui est loin d’être une solution juste que ce soit pour les juifs (qui n’ont pas la sécurité) ou pour les palestiniens qui en ont payé le prix et l’avenir nous le dira.

Si les sionistes avaient choisis de créer leur Etat ailleurs qu’en Palestine...Qui l’acceptera ? Quel peuple acceptera de se faire spolier de la sorte ?

Le sionisme une solution juste ????Que faire des palestiniens chassés de chez eux et dont israêl refuse le retour alors qu’il autorise n’importe quel juif du monde à venir s’y installer ?

Tant que cette injustice perdure il ne faut pas s’attendre à voir la paix régner dans cette région du monde.

Par alandalus - le 28 novembre 2007

salut amirouche c’est également un grand plaisir pour moi de dialoguer avec toi. c’est l’assemblée générale de l’onu qui avait déclaré le sionisme "raciste" au milieu des années 1970 il me semble. Cette décision n’a aucune valeur juridique et elle avait été prise sous la pression des pays arabes. C’est un peu la même chose avec la commission des droits de l’homme de l’onu : c’est la libye qui la préside et l’arabie saoudite qui donne des leçons de droits de l’homme. permets moi de rigoler doucement...

plus important : tu te contredis toi même : si tu es favorable à la solution 2 peuples=2 états, tu es favorable au sionimse : un foyer national pour les juifs ! te considères tu comme raciste ?

amitiés.

david

Par Nass - le 28 novembre 2007

L’Amérique de Buch va jouer le rôle de médiateur !!!

Je préfère en rire

Remember OSL0, Madrid ....

Encore une mascarade qui va occuper un temps ceux qui continuent à croire qu’israel va enfin rendre les territoires occupés aux Palestiniens .

Que ni ni ,

Jusqu’au nouvel ordre, Israel restera israel la force rien que la force.....

Annapolis Now est une super production Américaine avec : Abbas dans le rôle du fossoyeur de la cause Palestinienne, les Américains dans le rôle du juge et partie ( le meilleur avocat qu’israel peut avoir sur la place), Israel dans le rôle du super chanceux au grand casino et les Arabes dans le rôle des figurants ( parce que il en faut pour faire un film)

Et rien d’autre, les Palestiniens vont encore déguster pour au moins 50 ans, surtout si l’oncle Sam insiste pour jouer le rôle du médiateur.

Par Mounya - le 27 novembre 2007
La politique américaine actuelle ressemble à la politique israélienne:Violence chronique,mépris du droit international,colonialisme.Au siécle dernier,les européens ont expérimenté cette politique.Ils ont colonisé,pillé,massacré,torturé.Parallélement,jusqu’à la derniére guerre mondiale,ils étaient engagé dans une lutte fratricide sans précédent.Puis ils ont évolué,sont passé à une autre vision du monde,avec la construction européenne et des passerelles avec les pays du sud.Or,les néo-conservateurs veulent les faire régresser dans des politiques anachroniques de violences coloniales,déjà vues.Oubliant une donne essentielle,c’est que le monde et les habitants du sud ont changé,sont plus proches du fait de la mondialisation,plus instruits et plus politisés.La politique américaine actuelle est incomprise parceque déjà vue au siécle dernier,et parceque trop barbare pour ce siécle ou les gens en ont assez des violences passées et aspirent à d’autres relations que la domination sans fin.
Par Amirouche - le 27 novembre 2007

alandalus(david), je suis heureux de te retrouver sur ce forum.

juste un point :

le sionisme dont tu te reclame avec tant de fièrté a été déclaré une idéologie raciste par L’ONU et il faillait attendre la chutte de l’URSS pour que les USA supprime cet article. sinon je suis tout à fait d’accord avec toi sur 2 peuples=2 états.

sinon,Waglioni pouvez me citer les politiques americains qui se posent la question des services rendus par le gouverment israélien ? la guerre du liban 2006 n’est-elle pas suffisante ?

amirouche

Par knight - le 27 novembre 2007

la conférence d’Anapolis ne vise uniquement qu’à redorer l’image des états unis et Israel avant le nouveau massacre : la destruction de l’Iran.

Ne soyez pas naïf les amis.

Knight

Par Omar Mazri - le 26 novembre 2007

A "le 26 novembre 2007"

Vous me posez la question : "Qui détruit la mémoire, qui détruit les archives ? l’histoire de cette region du monde a t-elle vraiment commencé en 622 ?"

L’article de monsieur Naba et mon modeste commentaire désigne les destructeurs systématiques.

J’ai cité les hittites d’Anatolie pour montrer l’insifignance du temps historique de l’Occident qui veut civiliser les autres sur les décombres qu’il a commis au nom de sa grandeur ; cela date bien avant les temps présents. Messieurs georges Corm et René Naba apportent des réponses sur le plan historique et géopolitiques dignes d’intérêts et crédibles.

L’année 622 et après, si on excepte des cas isolés n’est jamais le symbole de la destruction ni de l’effusion de sang mais le triomphe de l’idée sur l’idole. L’idée est ici comprise au sens large : tout ce qui donne dignité à l’homme. L’amour chrétien et la charité chrétienne comme résistance contre l’idolatrie romaine est un acte de civilisation digne de respect, de considération et d’éloge.

Ghandi et la lutte pacifique est une idée géniale, elle a libéré l’inde. Je l’admire.

Les musulmans ont apporté des idées et ont détruit des idoles y compris celles des vielles civilisation comme la Perse.

Les musulmans d’arabie ou du magrheb n’ont pas et ne peuvent pas avoir ,la, prétention de représenter l’humanité plurielle ni d’en être les initiateurs. L’islam est intervenu à un moment particulier de l’histoire de l’humanité dont il faudrait un jour débattre longuement et objectivement.

L’islam a la prétention, il ne s’en cache pas, de dire je suis l’héritier de ce qu’il y avait de mieux dans les civilisations antérieures. Il a agit ainsi prenant des grec, des chinoins, des indiens, des perses, des babylonines et le développant pour le donner à l’occident via l’espagne et l’italie. Ici mon témoigange va s’arréter pour laisser parler le Prophète de l’islam qui dit textuellement pour sa mission :

"Je suis venu compléter et parfaire l’éthique"

sur lui même dans l’ordre universel de la céation et du Prophétat il se présente d’une manière transparente

« Mon cas et celui des Prophètes qui m’ont précédé est pareil au cas d’un homme qui a bâti une maison, l’a embellie et ornée, laissant vacante la place d’une brique. Les gens viennent en faire le tour, l’admirent et disent : Dommage ! Pourquoi n’a-t-on pas mis cette brique ? - Eh bien, je suis cette brique ! Je suis le sceau des prophètes ! »

En tant qu’homme il se présente avec transparence et humilité :

"je suis un homme, fils d’une femme, je mangeais de la viande salée (repas du pauvre)"

convaincu par la pureté de la foi, la véracité du message, n’ayant à notre passif ni holocauste ni guerrre mondial, ni guerre de religion, ni péché originel, ni dicchotomie entre l’ame et la chair nous pouvons témoigner avec sincérité pour dire nos souffrances et taire notre orgueil qui est le plus grand péché que nous dénonçons et qui explique en partie la misère morale et économique dans laquelle nos peuples se débattent et qui se conjuguent à la fameuse blessure que l’occident nous a légué en violant nos terres et notre identité.

Musulmans nous n’avons même pas trouvé nécessaire de demander réparation car la majorité à tort ou à raison a considéré que celà relevait de notre destin à assumer. Cela ne nous empêche pas de dénoncer l’injustice même si elle est parfois commise en notre nom.

Il y a un avantage de pouvoir répondre et interpeller sur un site à "vocation musulmane" du moins par son nom et celà témoigne de la réalité des musulmans si on leur donne l’espace et le temps de se faire connaître. La violence c’est la réponse à la confiscation de la parole. L’occident en celà est un modèle que les pays musulmans doivent étudier et mettre en application d’autant plus que leur religion leur commande impérativement de le faire même avec leurs adversaires : "repousse le mal par le bien" ; "discute avec eux de la meilleure façon"....

Par Waglioni - le 26 novembre 2007
Je ne me mèprenais pas, M. Naba, je voulais simplement rectifier un point d’histoire soigneusement tenu ignoré. Et le point central de la question du "foyer juif" se retrouve posé : ce foyer est assuré tant qu’un impérium estime de son intérêt de récompenser des services rendus. Alors quels services le régime israëlien rend-il ? Nombreux sont ceux, aux US même, à se poser sérieusement la question, et à douter, aussi pour retarder le moment d’avoir à douter d’être un impérium.
le 26 novembre 2007

Pour Omar Mazri.

Qui détruit la mémoire, qui détruit les archives ? l’histoire de cette region du monde a t-elle vraiment commencé en 622 ?

Par antenne - le 26 novembre 2007
Les Palestiniens ne sont pas prêts de voir un Etat fort et viable. La division du camp palestinien, et l’inconséquence du Hamas affaiblissent les palestiniens qui n’ont pas de soutien international. Je suis donc pessimiste...
le 26 novembre 2007
Encore un grand merci à René Naba. un autre merci à Omar Mazri pour ses commentaires pleins de sagesse. Comme dirait un "pommé" de mon quartier : "ji croi que ci grilli". Plus sérieusement, j’essaie de reflechir objectivement à une solution que pourraient utiliser les arabes pour sortir de cette situation indigne (peut être pas ????) et humiliante (peut être pas assez ???).....et honnêtement je n’en vois aucune......................... ........
Par Lola - le 26 novembre 2007

Les fascistes disaient :

"Quand j’entend le mot culture, je tire mon pistolet".

Hervé Bouillon tirerait bien son pistolet devant le mot "faiblesse".

Quand je vous dis qu’ils ne se rendent pas compte du mal qu’ils font, c’est parce que je veux bien faire l’effort d’être indulgente.

Mais que peut-on attendre de ces gens ?.

Par Lartiste - le 26 novembre 2007
Un texte excellent. J’ai appris beaucoup de choses. Thank you Monsieur Naba.
Par René Naba - le 26 novembre 2007

Réponse à Waglioni

Monsieur Ne vous meprenez pas. je ne reprends pas du tout à mon compte les affirmations d’Arthur Koestler. Je le cite pour démontrer que même cet ancien communiste devenu sioniste notoire admet que les Anglais se livraient à une libre disposition du bien d’autrui. qi’il ne s’agissait pas donc d’une terre sans peuple pour un peuple sans terre.

Par Omar Mazri - le 26 novembre 2007

Monsieur René Naba, votre article tombe à point : insomniaque je me suis retourné dans mon lit et j’ai retourné dans ma tête toutes mes idées, mes lectures sur le monde : l’Occident imbu de lui même est une profonde blessure en quête d’elle même en blessant les autres, en les mutilant, en les depossédant. Votre article met de l’ordre dans quelques têtes mais ne guerira jamais la blessure d’un continent qui est né selon la mythologie d’un viol et qui n’arrive ni par Darwin ni par Freud compenser le néant dont il est surgit alors que les grandes civilisations de l’orient inventaient l’agriculture, les outils, le surplus économique, le vêtement, l’écriture, les codes ; les religions. Que signifie l’arrogance d’une civilisation à la robinson crusoe qui a quelques siècles d’existences devant les hittites qui ont six ou sept mille ans d’avance sur le plan des idées et de l’organisation des espaces géographiques et sociaux ?

La promesse de Balfour "d’un foyer juif" ne peut être dissociée de celle de Laurence d’Arabie "d’un royaume arabe". Leurs blessures ne pensent qu’en terme de mutilation, d’amputation, de greffe d’organes, de perfusion, d’ingérence pour assister. Elles trouvent dans leur champ : cécité morale, politique, sociale, culturelle, économique. Les arabes sont depuis longtemps l’image du chien qui halète ou de l’insouciant pire que les bestiaux qui ruminent non des idées mais de la nourriture d’importation. Le Coran nous décrit parfaitement : "ils ont des yeux mais ils ne voient pas, ils ont des oreilles mais ils n’entendent pas, ils ont des coeurs mais ne raisonnent pas tels sont les insouciants..."

Notre blessure nous la partageons avec eux, il y va de notre compréhension du monde, de nous mêmes et de nos frères palestiniens juifs, chrétiens ou musulmans ou non croyants.

La question palestinienne est une affaire de libération nationale et non de partage de territoires ou de reconnaissance d’une autorité palestinienne moribonde sous perfusion isaelo américaine.

Les palestiniens ne peuvent se permettre sur le plan moral, politique et stratégique de s’offrir en public comme des frères ennemis

les arabes sont à nus, découverts, toute honte bue, ils vont boire la tasse de leur trahison jusqu’à la dernière goutte pour le malheur de leurs peuples et du peuple palestinien

La post modernité n’a plus besoin de contiguité spatiale ni de continuité temporelle pour conduire sa politique hégémonique : l’autonomie des territoires, l’autonomie des politiques ne sont rien devant la dépendance sur le plan de l’économique et surtout de l’incapacité à se libérer des idées des autres qui sont le canevas de votre politique et de l’organisation ou de l’aménagement de votre térritoire physique, social et culturel. Les palestiniens doivent faire une pause pour réfléchir et produire une pensée autonome des arabes, de l’europe et des américains : qu’est ce que nous voulons, à quel prix, qui sont nos partenaires et proposer leur feuille de route avec auto critique

Israel est le grand gagnant : sans guerre pour élargir ses frontières comme initialement prévu par les sionistes, le grand rêve se réalise : controler et manager l’espace économique, commercial et financier de tous les arabes.

Ne rien attendre des sommets américano arabo israeliens : carnaval festif, relations publiques, noyer le poisson dans l’eau

Le parti de Bush en février entre en campagne electorale : le monde entier est sans leadership pendant un an, un monde infantilisé incapable de se prendre en charge

L’Europe a failli non pas à ses engagements, sur le plan politique elle n’en avait pas, elle produisait du vent, des relations publiques, sur le plan humanitaire : oui. Les français en mettant à la tête de leur diplomatie le spécialiste de l’ingérence et de l’humanitaire inéquitable ne va ajouter que de l’entropie dans un dossier qu’elle n’a pas su gérer : elle est comme les USA et l’Angleterre partie du problème et non partie de la solution.

Quelle que soit l’appellation : Bush laissera son parti exsangue au vu des démission de son propre cabinet et l’Amérique sans solution pour l’Irak, l’Afghanistan, l’Iran, le Pakistan, le Liban et la Palestine : "qui trop étreint mal embrasse" et qui sème le vent récoltera la tempête.

Le Liban va voller en éclats car la pression sur lui est terrible à moins qu’Israel fort de ses nouveaux soutiens saoudiens n’entre dans une nouvelle guerre contre le hezbollah et que les données changent une fois de plus au profit de David avec un réveil plus fort et plus conséquent des peuples arabes

En attendant, deux choses sont sures : l’expérience du HAMAS palestinien est étudiée sérieusement. Aucun parti se réclamant du Jihad ou de l’islam politique ne doit gagner une voix dans une éléction sinon annuler toutes les élections : un moucharraf, un Moubarak ou un Zine est préférable quitte à transformer toutes les républiques en royaume jordanien. La seconde l’Amérique aura réstauré formellement sa vitrine ternie par l’Irak sur le dos des palestiniens. Une question incertaine l’Amérique de Bush va t’elle prendre le risque d’offrir sa 5ème flotte comme une reine sacrifiée contre la destruction toitale de l’Iran. Quel est l’avenir de plus en plus incertain et de la région. le terrorisme produit par l’Amérique ou la paix d’Israel ? Il ne reste pas beaucoup de temps d’ici à Février. Alea Jacta.

Ave Cesar ceux qui vont mourir te saluent !

Merci monsieur Naba, l’histoire est la clé pour comprendre. La première accadémie militaire moderne dans le monde sous Frédéric I de Prussie a introduit l’histoire dans la formation des états majors. Et c’est sur la doctrine allemande que les anglais ont battu le maréchal Rommell. Les arabes ne lisent pas et quand ils lisent ils ne comprennent pas et s’ils comprennent ils oublient. Iniapolis est célèbre pour ses resto de poissons : les arabes vont se comporter comme un poisson rouge dans un bocal, il est heureux car le temps de faire le tour il a oublié, il a une mémoire volatil de 1 ou 2 secondes.

La seule stratégie des régimes arabes est de saper le devoir de mémoire, de détruire les archives, de ne pas rendre compte. Qui va gagner celui qui a fait de la mémoire un culte religieux ou celui qui a fait de l’oubli une vertu de gouvernance ? L’histoire est la mémoire du dominant devenant production intellectuelle, pédagogie dans les écoles, stratégie de guerre, art de manipulation, guerre psychologique.

La littérature arabe francophone ou arabophone a pris comme symbole de la conscience arabe le fou, celui qui a perdu la raison et la mémoire. Tout le Coran est Dikr : rappel. Nous avons oublié Dieu et Sa Grandeur Il nous a oublié et nous a fait oublier en notre petitesse.

Par ibrahim - le 26 novembre 2007
L’histoire de l’huanité a quelque chose de tragique. le drame palestien est là pour en témoigner. Une affaire simple et complexe à la fois : simple car il s’ agit d’un partage d’un territoire, complexe car d’autres facteurs externes sont venus s’y ajouter. L’ article de Naba nous en donne l’illustration. Tant que la paix n’est pas revenue, il convient de s’armer de patience et de continuer à chercher des solutions. Il ne faut pas désespérer d’une situation désespérante. La Palestine demeure dans nos coeurs. Concernant la diplomatie occidentale dans son rapport avec le monde arabo-musulman, je n’ai qu’un mot. Si ces arabo-musulmans sont cons à ce point, alors ils méritent le traitement qu’ils subissent actuellement. Ces Etats sont là à attendre chacun à leur tour les bombes américaines. Que les alliés d’aujourd’hui, méditent un peu sur le fait que l’Irak, l’Iran qui sont sur les sibles des américains étaient hier leurs alliés... Dans quelle connerie nage ces arabo-musulmans ?
Par Hervé Bouillon - le 26 novembre 2007
A lire ce texte qui présente des aspects intéressants, le monde arabe ferait l’objet d’un complot international qui l’empêcherait de s’organiser. La faiblesse du monde arabe n’est due qu’à sa seule et unique faiblesse. Les causes decette faiblesse sont à chercher en interne et non en externe.
Par alandalus - le 26 novembre 2007

encore une vision unilatérale de l’histoire. le sionisme n’est pas soluble dans l’impérialisme, même si plusieurs leaders du mouvement étaient porteurs des mêmes préjugés que les européens de leur temps. le sionisme, c’est la réponse à l’échec de l’émancipation, la réponse nationale au "problème" juif : au milieu du 19ème siècle, les peuples d’europe s’émancipent et s’organisent en Etat-Nation. C’est exactement ce que font les juifs. et où pouvaient-ils raisonnablement prétendre le construire cet Etat-Nation, si ce n’est sur la terre des origines, même si ces origines sont très lointaines et partiellement mythiques ? aurait il été moins injuste de le construire en ouganda ? en argentine ? à madagascar ? non ! bien sur que non ! puisque ces terres sont aussi peu des res nullius que la palestine !

qu’après les occidentaux s’en soient servis à des fins politiques, c’est un fait, mais c’est une autre histoire. quel mouvement n’est pas instrumentalisé ? d’ailleurs, les soviétiques ont essayé de faire pareil : ils ont été les premiers à reconnaitre israel en 1948 et c’est avec des fusils thécoslovaques que les israéliens ont gagné la guerre d’indépendance !

pour ce qui est de la fameuse phrase "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", c’est israel zangwill qui l’a prononcée, ni herzl, ni ben gourion, ni jabotinski. et il se trouve que ce monsieur était favorable à l’établissement du foyer national juif en argentine. il ne faut donc pas en tirer de conclusions trop hâtives.

il est bien évident que les palestiniens sont en l’occurence victimes de l’histoire ! mais cela ne suffit pas à disqualifier le sionisme, qui n’est pas autre chose que le droit du peuple juif à disposer de lui-même. que les palestiniens doivent eux aussi bénéficier de ce droit, c’est une évidence ! qu’ils en ont été privés depuis trop longtemps également ! mais ces deux légitimités, ces deux nationalismes qui s’affrontent, il faut les concilier, non disqualifier l’une au profit de l’autre, ce que fait monsieur naba et les extrémistes des deux bords. et pour les concilier, il n’y a qu’une solution : 2 Peuples, 2 Etats.

espérons qu’annapolis nous en rapproche au moins un tout petit peu..

david

Par Kerton - le 26 novembre 2007
" Le conflit israélo-palestinien, qui dure maintenant depuis un siècle, est l’histoire de deux peuples qui ont tous deux de bonnes raisons de revendiquer le même territoire. Presque tous les aspects de l’histoire en question suggèrent qu’au bout du compte, et au détriment de ces deux peuples, de leur région, voire du monde entier, leurs aspirations ne se prêtent à aucun compromis ", écrit Schwarz. La catastrophe n’est sans doute pas loin, conclut l’auteur. Et les poignées de main n’y pourront rien.
Par Eric - le 26 novembre 2007
Sur le plan démographique, le temps joue en faveur des Palestiniens. Si Israël poursuit son occupation, les Juifs totaliseront dans une quinzaine d’années 42 % de la population, et la pression sera de plus en plus forte pour la constitution d’un État binationa. D’où la solution de Sharon d’un désengagement unilatéral de Gaza et la construction d’un mur de sécurité en Cisjordanie, pour séparer et isoler l’État juif des Palestiniens. Advenant que ce plan fonctionne, que les Palestiniens acceptent un État aux contours déterminés par une négociation, le conflit sera loin d’être réglé.
Par Marouane - le 26 novembre 2007

Un petit passage d’un article sur le Liban de Tariq Ali que j’ai lu récemment :

Le Liban contemporain, il est vrai, reste encore dans une large mesure la création artificielle du colonialisme français qu’il était au départ - une bande côtière de la Grande Syrie découpée de son hinterland par Paris pour former un client régional dominé par une minorité Maronite.

La mosaïque confessionnelle du pays n’a jamais permis un recensement précis, par peur de révéler qu’une majorité musulmane substantielle - peut-être même, aujourd’hui, Chiite - se voit refuser la représentation qu’elle mérite dans le système politique. Les tensions sectaires, suralimentées par la détresse des réfugiés de Palestine, ont éclaté en une guerre civile, dans les années 70, assurant l’entrée des troupes syriennes, avec l’approbation tacite des Etats-Unis, et leur établissement au Liban - en apparence comme amortisseur entre les factions en conflit et pour dissuader une prise de pouvoir par Israël, préparant le terrain des invasions de 1978 et de 1982 (quand le Hezbollah n’existait pas).

le 26 novembre 2007
Le phénomène créé par le conflit israélo-palestinien contient des éléments qui lui sont spécifiques : il fissure la société française, il dérive vers le rejet total de l’autre, il suscite chez certains une valorisation romantique ou héroïque de l’action terroriste. Lourd de ces conséquences, ce chapitre exige que des efforts créatifs soient déployés afin de définir une pédagogie spécifique et d’en établir les principes et les contenus. D’un point de vue général toute pédagogie énonce des fins et des moyens.
Par Satpes - le 26 novembre 2007
René Naba ne s’attarde pas du tout sur la responsabilité des pays arabes qui est énorme. Les régimes arabes ont toujours cherché non pas à servir la cause palestinienne, mais plutôt à l’utiliser. Les palestiniens ont été trahis par ces mêmes régimes arabes. Il faut le dire Monsieur Naba.
Par Rasta - le 26 novembre 2007
Cette conférence c’est du bidon. Cette conférence sert à redorer l’image de Bush qui veut un tout petit succès diplomatique avant de partir en retraite au Texas.
Par elham - le 26 novembre 2007

des conférences, des conférences et des conférences, elles se succèdent et se ressemeblent : madrid, oslo, camp david, charm el cheik...elles n’ont rien apporté aux palestiens si ce n’est de voir qu’à chacune de ces conférences c’est un droit fondamental qui tombe à l’eau : droit à la resistance, droit de retour, droit sur jurésalem...

le but d’Anapolis c’est d’acter le fait accompli : un état palestinien = une coquille vide.

Par Waglioni - le 26 novembre 2007

Merci M. Naba pour ce vaste rappel historique, même s’il est parfois difficile d’en suivre toutes les circonvolutions : le sujet, dans son détail n’est pas facile à résumer. En fait la première partie de votre article le fait très bien (le résumé) : la promesse Balfour et "l’installation" de 1947 sont un seul et même projet de main-mise et de contrôle des occidentaux sur la région.

Mais en citant Arthur Koestler : « Pour la première fois dans l’histoire, une nation promet solennellement à une autre (nation en gestation) le territoire d’une troisième nation », vous semblez prendre à votre compte les inexactitudes historiques résultant d’un trop de crédit donné aux textes bibliques. En effet la première administration de la Palestine par les hébreux était une promesse faite et tenue par les Ptolémées : ce qui s’est passé au 20ème siècle n’était donc pas "la première fois dans l’histoire". Et ce fait, historique, que la première colonisation de la Palestine fût le résultat du calcul d’un impérium (grec ptolémaïque) antique, n’est pas sans conséquence pour la compréhension de sa réplique moderne.

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