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Vendredi 21 Novembre 2008
Articles
Perspectives féminines croisées... (partie 1/2)

jeudi 24 juillet 2008 - par Asma Lamrabet

Il n’est certainement pas aisé de revendiquer une  libération féminine à partir d’une tradition religieuse tant les religions toutes tendances confondues sont considérées comme étant à l’origine de la culture universelle d’asservissement des femmes. Il est encore plus difficile de le faire au nom de l’islam, religion qui détient aujourd’hui la palme d’or quant à l’oppression de la femme. Et ce, même si à travers l’histoire de l’humanité et transcendant toutes les particularismes, les femmes demeurent asservies à l’ordre sexiste. Malgré donc une misogynie universelle qui perdure, l’islam reste le symbole du sexisme par excellence, qu’il est d’ailleurs de bon ton  de dénigrer, car émanant d’un « ailleurs » à références non occidentales. Et comme il est toujours plus facile de dénoncer l’oppression chez les autres, le sexisme occidental, à la différence de celui de l’islam,  est immunisé contre toute critique et absout de toute remise en question car émanant d’un monde civilisé et nanti. 

Partant de cette assertion, il est plus facile pour des femmes de tradition judéo- chrétienne d’inscrire leurs luttes dans un « mouvement féministe universel » que pour celles qui se revendiquent musulmanes pratiquantes et refusant donc de renier leur enracinement à une histoire qui est la leur. On admettra cependant une certaine dose de libération pour celles, de culture musulmanes certes, mais qui se prêtent à un discours  essentiellement anti-islamique, autrement dit, celles qui se libèrent de cette islamité entre autres, source d’obscurantisme et de soumission.

Le seul modèle de libération possible et imaginable actuellement, est celui qui adhère à des normes essentiellement occidentalisées et que l’on supposerait par je ne sais quelle logique, de l’ordre de l’universel !!! Les idées, les luttes, les témoignages des femmes en terre d’islam ne s’évaluent plus à l’aune des valeurs et des principes qui devraient être universels dans le sens profond du terme, c’est-à-dire en termes d’équité et de justice, mais plutôt en fonction de la capacité de distanciation voire dans certains cas de nuisance à l’égard de l’islam ! C’est ce type de vision ethnocentrique qui a sournoisement mené à la défaite de l’universel  dans sa vision humaniste. On continue à instrumentaliser à outrance l’image  d’une femme musulmane victime pour justifier les théories les plus dramatiques comme celles du choc des civilisations, du monde civilisé et barbare, du bien et du mal. On pousse d’ailleurs la rhétorique jusqu’à faire de la libération de ces pauvres femmes une affaire d’Etat, comme l’illustre l’exemple des femmes afghanes ou encore le projet du grand Moyen- Orient, qui propose avec les réformes politiques radicales, une révision sérieuse du statut de la femme musulmane.

Il ne s’agit pas ici de nier l’existence de graves problèmes liés au statut de la femme musulmane, en dénonçant ces  ingérences culturelles très maladroites dans la forme, mais qui reste sur  le fond certainement fondés. Il s’agit plutôt d’apprécier la gravité et  l’impact de ces actes sur des populations musulmanes déjà fragilisées par des politiques intérieurs dévastatrices, et qui vivent ces ingérences comme une agression humiliante. D’où les innombrables réactions de rejet vis-à-vis de toute réforme venant de l’occident, encore plus quand il s’agit des réformes concernant la femme musulmane considérée comme le dernier bastion d’une identité refuge.

Toutes ces tentatives de libération promulguées par certains courants occidentalisés sont vécues, à l’intérieur du monde musulman, comme des tentatives de déstabilisation et d’acculturation. Elles  sont perçues comme une politique expansionniste dont l’objectif essentiel est de convertir les sociétés musulmanes en sociétés « permissives » et « amorales » à l’image de ce qu’est aujourd’hui l’Occident aux yeux de la grande majorité des musulmans. On constate donc qu’une logique de la réaction identitaire règne dans la majorité des pays islamiques, empêchant toute tentative réelle de dialogue et de réformes, qui soit dit en passant, nous permet en tant que « bons musulmans » de fermer les yeux sur les multiples transgressions faites au nom de la « préservation de l’identité musulmane ».

Même s’il est certain qu’aujourd’hui, les sociétés musulmanes sont d’une grande diversité sur le plan socioculturels, économiques ou politiques, et que la situation des femmes musulmanes varie en fonction de la situation géographique et des conditions de vie, il n’en demeure pas moins vrai, que dans la majorité des pays islamiques, la femme musulmane endure de nombreuses formes d’injustices et d’inégalités, et jouit d’un statut juridique des plus déplorable.

Certes, le constat de la situation de la femme en terre d’islam est particulièrement accablant, mais il est important de différencier entre le fait culturel et l’essence d’une religion, entre un message spirituel et ses diverses interprétations. Une règle commune consiste à incriminer invariablement le Coran ou la tradition canonique comme source inéluctable de discriminations envers la femme. Ce n’est pas tant le Coran en lui-même qui pose problème, mais ce qu’ on en a fait à travers des siècles et des siècles de lecture et d’interprétations sexistes envers la femme. Une interprétation rigoriste et complètement fermée du religieux a légitimé durant  toute l’histoire musulmane volontairement ou non, une véritable « culture de discrimination » à l’encontre des femmes. Il est en effet facile de puiser des arguments coraniques qui infériorisent la femme - comme d’ailleurs dans tout texte religieux que cela soit la Bible ou la Torah - quand on pratique une lecture littérale, statique qui ne prend jamais  en compte ni la dynamique historique des époques de la révélation, ni celle de la conjoncture actuelle.

Mots clés

Femmes 

Asma Lamrabet

Médecin hématologiste à l’hôpital d’enfants de Rabat au Maroc, Asma Lamrabet est une intellectuelle musulmane engagée dans la réflexion sur la problématique de la femme en islam. Auteure notamment de "Musulmane tout simplement" aux éditions Tawhid.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

9 août 2008
Wa Salam a dit :

Wa salam, Il y a des articles intéressants sur ce site, qui sont de nature à ouvrir l’esprit et revoir nos idées toutes faites et de parti pris:je parle de l’article de Khaled Chraibi Le mariage misyar à la page DOSSIER société.

J’en conseille vivement la lecture à ceux qui ont tendance à jeter l’anathème systématiquement sur les pays occidentaux qui nous accueillent (tant bien que mal) et leurs moeurs sexistes décadentes immorales ect..

Ce contrat licite et halal aux yeux des musulmans permet tout simplement à un homme de disposer d’une femme.

En droit un tel contrat ne peut pas exister. On constate que l’immoralité et l’indignité ne sont pas seulement d’un seul côté et qu’il convient de balayer devant nos portes. Voilà de quoi il faut préserver nos adolescentes Koubsiste.

31 juillet 2008
Karim B a dit :

Salam aleykoum à tous et à toutes

Je viens de terminer la 2e partie du texte et, comme on ne peut il laisser de commentaires, c’est ici que j’ajouterai un mot ou deux, inchAllah.

J’ai ressenti que plusieurs des frères ayant laissés des messages étaient frileux à l’endroit du texte de la soeur Lamrabet.

Je ne saurai nier ce qu’a relevé le frère Seniguer (qui à l’habitude de laisser d’excellents commentaires) à savoir : des passages ou le choix de termes peuvent effectivement laisser subsister des doutes quant au sens de certains passages du texte.

Je ne puis le nier.

Mais néanmoins, au-delà de la forme, je ne suis pas sûr si le frère Seniguer et nombre d’autres internautes ont vraiment saisi le fond du message nuancé que la soeur Lamrabet à cherché à nous livrer.

Le passage suivant, à mon avis, constitue l’idée centrale du texte :

"Un véritable mouvement féminin, vécu comme une troisième voie, entre une aliénation occidentale aveugle et un traditionalisme hermétique, est actuellement entrain d’émerger."

Nous sommes toujours en Islam.

Que l’on s’en réjouisse ou non, la forme politique moderne de l’État et les types de rapports sociaux qu’elle favorise additionné à la diffusion croissance des idées sur le globe concourent, entre autres nombreuses choses, à ce que les femmes, leur place et leurs rôles dans la société tendent à muer.

L’occidentalisation est un fait objectif irréversible aussi vrai que l’Islam est partie constitutive de l’Occident moderne.

Saisir le présent et son identité propre au lieu de simplement les subir d’autrui signifie partiper activement à la construction du monde en usant de ce qui est bon et rejettant le mauvais.

Si le bon et le mauvais sont souvent associés l’un à l’autre comme les fraises et les moustiques ou les roses et les épines, il est important de faire attention mais cela ne signifie pas de se priver de ce qui est bon, encore moins ce qui nécessaire.

La démarche de notre soeur Lamrabet est positive et j’ajouterai nécessaire pour notre communauté.

Renier a priori tout discours ou expression d’un musulman(e)s qui userait du terme de "féminisme" n’aide en rien l’Islam, le monde ou notre entrée au paradis.

Le texte de mme Lamrabet aurait aussi gagner à offrir des exemples de ce qu’est ou pourrait être un "féminisme islamique" car le fait de rester dans le seul registre du conceptuel et de l’idéologique ne suffit pas à faire voir tout ce que l’auteur évoque.

Étant familier avec les thèses de mme Lamrabet et d’autres penseurs musulman(e)s qui partagent ses vues sur le sujets, j’ajouterai donc que la "libération de la femme" d’un point de vue islamique pourrait signifier ne pas se soumettre aux standards de socialisation souples, individualistes et compétitifs de l’univers européen postmoderne ni de continuer à accepter que les femmes ne puissent avoir une voix dans et sur la société et qu’elles dussent continuer à devoir subir la discrimination juridique, pénale et professionnelle quasi systématiquement.

Nier le réel ne peut que mener qu’à des combats d’arrière-garde.

Je dis :

"je veux que ma fille, qui, inchAllah, éclairée de la religion de Dieu -Exalté Soit-Il- puisse participer à la société sans craintes.

et non pas fuyant dans l’ombre, les règles d’une religion que je lui aurai imposées mais qu’elle n’aura pas pu apprendre ni évaluer par elles-mêmes pour être en mesure de les reconnaîtres dans toutes leurs éclatantes lumières.

L’autoritarisme est une constante de l’univers des humains mais son rejet croissant est une réalité palpable.

La "modernité" (spécialement sous sa forme dite "post-moderne") d’un "Occident" dont le monde européen n’est plus aujourd’hui l’unique "propriétaire", dissout toute tradition, le mauvais comme le bon.

Le monopole des hommes sur le savoir et le pouvoir a fait qu’une moitié d’entre nous, ("nos femmes"), ne peuvent se faire entendre et s’exprimer au même niveau que l’autre (les hommes).

Cherchons, inchAllah, à maîtriser le courant de l’histoire comme il se fut autrefois lorsque le monde musulman puisait et synthétisait les sciences et les forces des autres peuples et civilisations, au lieu d’en être, nous musulmans actuels, les témoins passifs et ré-actionnaires.

La vie nomadique, agricole-pastorale d’antan est terminée.

La vie des sociétés urbanisées modernes exigent que tous ses membres soient en mesure de participer à son édification et son maintien sans quoi nos efforts continuerons d’être voués à l’échec.

Et :

Participer ne peut se limité à la cuisine, le ménage et les enfants (sans aucunement, bien sûr, chercher à réduire l’importante que nous devrions accorder à ces tâches vitales et encore moins porter atteinte à la dignité de celles qui les remplissent à la quasi exclusion de toute autre activité).

Il est exacte que les Musulmans vivant en terres à majorité islamique n’ont pas besoin que les problèmes du monde européen contemporain s’importent chez eux

MAIS :

Ne pas s’attaquer de front aux problèmes de fond ne fait qu’alimenter l’importation des solutions venus d’ailleurs, qui au final, empire le vécu.

L’Islam librement adhéré et consenti est infiniment plus riche que celui qui est simplement imposé et subi.

Et que serions-nous sans nos mères Khadija la commercante et Aicha la lettrée (que Dieu -Exalté Soit-il- les agrées) ?

Mais en Vérité, Dieu -Exalté Soit-il- est le Plus Savant.

Wa Salam.

28 juillet 2008

"Et comme il est toujours plus facile de dénoncer l’oppression chez les autres, le sexisme occidental, à la différence de celui de l’islam, est immunisé contre toute critique et absout de toute remise en question car émanant d’un monde civilisé et nanti. "

Sur quelle planete vivez-vous ? Dans le meme article vous denoncez les luttes femninistes comme trop occidentales : c’est donc qu’elles existent !

28 juillet 2008
khoubziste a dit :

Comment parler à une adolescente ?

Voilà où nous en sommes, à nous conformer au fétichisme au point qu’Asma Lamrabet qui à n’en pas douter s’interdit d’entendre quoique ce soit de ce que l’on peut lui dire (l’adolescence que voulez-vous) et qui par là même prend bien des gants avec ceux qu’elle respecte pour ne pas dire plus, souhaite, encore une fois, réécrire l’Islam à sa sauce (c’est le cas de le dire, sûrement sa spécialité).

Ce texte n’est pas « scientifique », il est à peine basé sur de l’empirisme où comme dit Asma, du contextuel, à savoir qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

Ce qui agace ce n’est pas trop qu’Asma stigmatisée dans sa condition de musulmane en soit à vouloir faire montre d’indépendance et d’esprit critique mais c’est que par là même, elle se montre soumise, enchaînée et téléguidée. Elle parle de perspectives féminines croisées mais elle se leurre royalement (ce qui doit plaire à la cour), elle devrait plutôt parler de perspectives parallèles qui comme le veut un certain postulat se rejoignent à l’infini. Et justement là où sa démarche manque de profondeur (et comment pourrait-elle ?) c’est justement dans cette incapacité à lever le nez du nombril et de voir plus musulman. Décalez le paradigme !

Certes le peuple musulman est loin de ce qu’il devrait être et la première chose que l’on pourrait dire est qu’il manque globalement d’éducation, la seconde que le peu d’éducation qu’il reçoit provient d’occident et particulièrement à destination des femmes. La plupart des violences et trop souvent défiance homme-femme que connaît le peuple musulman sont issu de ce choc des cultures. Choc au rapport de force complètement disproportionné tant les principaux véhicules médiatiques et culturelles sont issus ou sous influence occidentale sans parler des restes persistants de la colonisation.

Ainsi, les réformistes ont cette obsession de vouloir conformer l’Islam au nom et selon un certain nombre de dogmes devant lesquels ils s’agenouillent. Bien sûr, dans l’état d’esprit dans lequel se trouve Asma, elle risque d’être sourde à toute forme d’appel à la raison comme la plupart des apeurés conformistes, mais comment parler à des adolescents ? Cela semble, d’ailleurs, être, au mieux, le stade de développement dans lequel se trouve le peuple musulman aujourd’hui. De quoi réviser toutes les thèses sur le déclin occidental.

Il est clair que le peuple d’Islam est en crise, qu’il connaît une grave période de doute et d’incertitude et sûrement de remise en cause, doit-on pour autant céder à la panique, à l’extrémisme ou au bricolage ? On constate souvent chez les gens peu éduqué et peu réfléchi cette propension à passer d’un extrémisme à l’autre. « Peu éduqué » s’entend au sens musulman c’est-à-dire quelque soit la classe socioprofessionnelle.

On fait un procès à l’Islam et Asma, dans un style « je vous ai compris » adressé à ‘envahisseur, prend part à ce procès et va jusqu’à reprendre la sentence prononcer par les islamophobe : « le réformisme ».

Or si on lève le nez ne serait-ce que d’un centimètre, on voit autour de soit la culture occidentale bien plus présente et influente que ne l’est la culture musulmane en position défensive. On voit et c’est clair des comportements homme ou femme, des modes de pensée ou d’expression, de conception qui n’ont rien de ce que l’on peut attendre de musulmans. Quand il ne s’agit pas de frustration, il s’agit, alors, bien souvent de mimétisme décousu et cela particulièrement chez les « élites », comme l’a décrit avec lucidité et sagesse Aimé Césaire dans son roi Christophe.

Si on lève le nez un centimètre de plus, on voit que le pouvoir dans les pays musulman est rarement détenu par des gens préoccupés d’Islam au mieux il sert, comme le nationalisme, à endormir le peuple. Or comment pourrait-on comprendre, faire face à des difficultés et y répondre sans un minimum de pouvoir ne serait-ce que celui d’éduquer ? Malheureusement, on peut réprouver critiquer voire bannir mais l’on arrive toujours au même constat quelque soit le chemin par lequel on tente de passer. Alors faut-il, comme le souhaite les réformistes, composer avec le pouvoir en place, l’occidentalisme ; abdiquer à notre tour « nous vous avons compris » ?

Si on lève le nez quelque centimètres de plus, on vous le rabaissera aussitôt car cette omniprésence occidentale est aussi et surtout militaire. Comment un être doué de « raison » peut-il ignorer l’ensemble de ces paramètres dans son équation et porter conclusion, jugement et sentence si ce n’est à l’emporte pièce ?

Le peuple musulman fait de la résistance depuis des siècles, depuis que la lumière de l’Islam à quitter le pouvoir dirigeant qui lui préfère on s’en doute le machiavélisme. La résistance connaît des périodes de hauts et des périodes de bas. Les occidentaux pensent que le sexe « faible » est le maillon faible. Pourtant, à voir l’abnégation, l’implication, la foi et la part active de nombreuses musulmanes, on se demande si le maillon faible n’est pas autre part : chez cet enfant qui oublie trop souvent ses responsabilités pour se focaliser sur celles de ses sœurs.

Il est clair qu’il faut des réponses aux difficultés mais comment le peuple peut-il répondre à ses propres difficultés ? On tourne en rond depuis pas mal de temps.

Ce qui guide la pensée c’est la foi et qu’on le veuille ou non, l’être humain ne peut que croire. C’est ce que fais l’humanité toute entière ; croire. En quoi ? C’est selon… Descartes qui a reconnu ne faire que croire au point de ne plus savoir ce qui était vrai de ce qui était faux, s’est consolé avec « au moins, je pense donc je suis ! », pas sûr…

Wa salam aalaykoum wa rahmatou Allah wa barakatou.

27 juillet 2008
lamine keb a dit :
Comme il y a les arabes de service,les noirs de service.Il y a les musulman-nes de service.et comme tout ces gens de service ils rendent un service et c’est quoi ce service ?C’est de donner à L’islam le role du méchant afin que tout le monde dise:le meilleur témoignage c’est celui qui vient de l’intérieur..
26 juillet 2008
un musulman a dit :
Texte beau pertinent et équilibré de Mme Asma Lamrabet. Bien-sur que les autres religions ne sont pas exemptes d’obscurantisme et de misogynie les femmes, et le sexisme occidental existe aussi, mais la grande différence est qu’en occident et notamment en France, il y a des lois qui permettent aux femmes de se défendre, de se protéger et de revendiquer une égalité de traitement avec l’homme... Cela n’est pas rien...me semble-t-il au plan de la dignité. Maintenant c’est une banalité de redire que l’Islam est victime de l’obscurantisme où l’ont maintenu les Sociétés musulmanes. De même que l’homme musulman n’est pas responsable à lui seul de la brutalité du sort qui est fait à la femme musulmane : ceux sont les femmes qui éduquent les enfants et elles peuvent parfois êtres pire que les hommes dans l’enfermement...
26 juillet 2008
Laurent a dit :
Aussi, si on explique parfois le port de vêtements comme le niqab par le choix de se protéger du regard et/ou du désir des autres, je me demande si ce n’est pas aussi une façon de se soustraire au jugement esthétique des autres. J’ai une amie française qui vit aux USA et qui apprécie de ne pas s’y sentir jugée sur son physique, alors qu’elle trouve la vie à Paris pesante en raison du jugement esthétique des autres. Je crois que dans certaines sociétés plus religieuses, on s’habille aussi pour le regard de Dieu, plus que pour le regard des autres. On fête et on danse aussi pour le regard de Dieu. C’est peut-être cela que les touristes occidentaux vont chercher, des sociétés "typiques", où les gens ne vivent pas que pour eux-mêmes, mais où ils sont joyeux aussi pour réjouir leur Dieu. Une société où on vit pour soi-même, ça donne une grande liberté, mais aussi un certain ennui. On se retrouve face à soi-même. "L’enfer c’est les autres", c’est aussi le constat que l’enfer n’étant plus, ce qui reste pour en tenir lieu c’est le face-à-face avec les autres, qui est le point du vue individuel dans un face-à-face de la société avec elle-même.
25 juillet 2008
Didier a dit :

Curieux, cette tendance que plusieurs internautes ont à comparer la femme "musulmane" à la femme "occidentale". A ma connaissance, être "occidentale" n’est pas un critère religieux, contrairement à "musulmane". A moins que l’on estime que "musulmane " a la même connotation qu"occidentale" à savoir une appartenance à une société ou un type de "civilisation". Et si c’est le cas, où se situerait aujourd’hui cette société musulmane type, ou qui la représenterait ?

Ce n’est pas très logique, car dans un pays comme la France, qui est une entité géographique, il y aurait des femmes "occidentales", des femmes "musulmanes", des femmes "musulmanes" qui seraient devenues occidentales et des femmes "occidentales" qui seraient devenues musulmanes, sans compter celles qui ne sont ni "occidentales" ni "musulmanes" !

Mais de fait, toutes ces femmes sont des françaises ou des résidentes sur le territoire français. Et il y a au moins quelque chose qui est uniforme sur tout le territoire, c’est la constitution, qui exprime clairement le principe de l’égalité absolue entre l’homme et la femme, et la législation qui essaye progressivement de le mettre en application en luttant contre la tradition tenace, le machisme ancestral et le sexisme latent. A partir de là, la condition des femmes dépend beaucoup des individus eux-mêmes, et la loi ne peut que définir et punir les excès.

En outre, opposer ces deux concepts (musulmane et occidentale) n’est pas judicieux sur le plan religieux, car certaines femmes occidentales non musulmanes ont une lecture très fervente de leur religion, qu’elle soit chrétienne, juive ou autre, et ont aussi parfois des difficultés à accepter toutes les évolutions du mode de vie et des mœurs en Occident. Car force est de constater que les religions ont très souvent tenté de freiner les évolutions, et notamment l’émancipation de la femme. Chacun est libre de juger si cela est une bonne chose ou non.

25 juillet 2008
Lola a dit :

Je ne suis pas du tout d’accord avec adapa lorsqu’il affirme que la question de la discrimination envers les femmes est universelle.

Ceux qui pensent cela sont incapables d’imaginer, de comprendre le monde hors des idées et postulats de la pensée occidentale moderne.

Il y a d’autres réalités que certaines barrières mentales empêchent de connaître.

Faudrait-il pour cela dire qu’elles n’existent pas ?.

25 juillet 2008
Diouf a dit :
Si un vêtement est comme une seconde peau avec laquelle on joue selon les saisons, ou son humeur, ou son statut social, alors, refuser la citoyenneté au motif que cette seconde peau est trop arabe, n’est-ce pas de façon subliminale énoncer qu’on ne peut pas être français si on a une peau trop arabe ? Cela aussi me gêne profondément dans ce refus de citoyenneté pour des raisons vestimentaires.
25 juillet 2008
Diouf a dit :
En tant que Français athée, je dois dire combien je suis mal à l’aise vis à vis du jugement rendu récemment concernant un refus de citoyenneté sur une base avant tout vestimentaire. Tout d’abord, la France est le pays de la Mode, soit un pays qui édicte des codes vestimentaires à longueur d’année. La Mode est un jeu de libération et d’appartenance sociales, autant pour les hommes que pour les femmes, comme le montre par exemple la dialectique de contrôle de la mode en Iran, contre les femmes, mais aussi contre les hommes par exemple pour ce qui a trait à la pilosité, pilosité qui fut aussi l’objet de contrôles en Russie, ou en France (moustache obligatoire au XIXeme siècle, barbe parfois obligatoire, parfois interdite - signe de marxisme, etc.) tout comme le fut aussi le port de la natte en Chine, toujours pour les hommes. Le vêtement et la coiffure sont des domaines de jeu et de défi autant que de conformité et d’appartenance, et ils devraient le rester. La Loi ne devrait pas intervenir de façon fondamentale dans un domaine aussi mêlé à la vie privée. Qu’il y ait des codes vestimentaires pour le domaine public ou professionnel, soit. Mais qu’on en fasse une condition de citoyenneté me paraît excessif. Cela relève pour moi d’une vision littérale de la laïcité. La laïcité ne parle ni de vêtements, ni même d’égalité entre les sexes. La laïcité donne simplement à l’État - maintenant le République - la priorité sur la Religion, ou plutôt sur les Religions, afin en particulier, il faut encore le rappeler, de mieux contenir les différends entre ces religions qui ont marqué la France depuis la Réforme. Par exemple, l’égalité des sexes est une valeur de l’état, et dans ce domaine, l’État doit avoir la priorité sur la Religion quand et s’il y a conflit. Dans la réalité et dans le détail les choses sont moins simples à gérer, néanmoins, à l’heure où on lutte contre l’hypersexualisation des jeunes filles, et où malgré cette lutte officielle le corps de la femme sert encore de support de vente d’une quantité d’objets, je comprend qu’une femme dont c’est la culture, et dont la mère avait telle tradition vestimentaire, souhaite se soustraire aux regards des hommes, et au désir des hommes. Messieurs, metttez-vous vous-mêmes mentalement dans la situation de vous sentir désiré d’une façon que vous ne souhaitez pas, par exemple par un autre homme. Ne voudriez-vous pas alors vous soustraire à ce regard ? La mode - donc la mode française aussi - joue sur ce qui est montré ou caché pour susciter ou réprouver le désir. Et le désir est - dans toute les religions - l’outil de mesure du libre-arbitre de l’individu. La route de droite ou la route de gauche ? Le Stoïcisme ou l’Épicurisme ? On ne parle pas ici de la main-mise d’un individu (en général un homme) sur le désir d’un autre (en général une femme) par le contrôle de sa virginité ou par l’excision. Pour ces cas, la règle est claire, le corps, le désir et le plaisir de chacun lui appartient. À propos du vêtement, on parle de la gestion par l’individu de sa rencontre avec le désir des autres, mais aussi éventuellement avec la volonté ou le désir d’une divinité. Freud a écrit un remarquable petit ouvrage intitulé "L’avenir d’une Illusion", où il explique son point de vue sur la religion. "L’homme de croyance et de piété est éminemment protégé contre le danger de certaines affections névrotiques : l’adoption de la névrose universelle le dispense de la tâche de former une névrose individuelle". La formulation choquera évidemment les lecteurs religieux. D’une part il faut noter que Freud avait dix-huit ans quand il écrivit ce texte. D’autre part, d’autres théorie récentes ont mis en avant le côté pathologique de phénomènes psychiques courant comme par exemple le coup de foudre. On déplorera éventuellement l’aspect hygiéniste du point de vue de Freud. Il n’en reste pas moins vrai que les Religions ont toujours traité d’hygiène : mentale, physique, alimentaire. Un vêtement obligatoire, un uniforme, peut être une source d’angoisse ou de névrose, mais le même vêtement porté pour d’autres raisons qu’une imposition peut aussi protéger, réconforter, et être une source de bien-être. Un tatouage également. La Laïcité n’est pas encore un principe universel, précisément parce qu’elle n’est pas encore complètement théorisée et symbolisée, et qu’elle est encore trop souvent entendue dans un sens littéral.
24 juillet 2008
Haoues Seniguer a dit :

J’ai relevé quelques expressions ambigües qui travestissent la pensée profonde de l’auteure.

Il s’agit d’un déficit de formulation. Je ne prendrai que deux exemples tirés de phrases du 1er et second paragraphes : "Il est encore plus difficile de le faire au nom de l’islam, religion qui détient aujourd’hui la palme d’or quant à l’oppression de la femme".

A mon humble avis, c’est moins l’islam en tant que tel qui détiendrait "cette palme d’or" de l’horreur que des personnes, groupuscules et autres sectes essaimés ici ou là, qui pratiqueraient la discrimination à haute dose à l’endroit des femmes au nom d’UN islam ; c’est-à-dire de leur perception ERRONEE des textes et des traditions. Ce n’est pas parce que de fait ces discriminations existent qu’elles sont commandées par la foi musulmane originaire...

D’autre part, Asma Lamrabet écrit, à tort je le crois encore, la chose suivante : "autrement dit, celles qui se libèrent de cette islamité entre autres, source d’obscurantisme et de soumission." Je suis sûr qu’elle ne pense pas que islam équivaut à obscurantisme mais la formulation laisse pendante cette interprétation. Etre attaché à son islamité serait-il incompatible avec le féminisme ? Non, mille fois non...

24 juillet 2008
mohamed almaghribi a dit :
A chaque fois que la question de la condition de la femme est évoquée, c’est l’islam qui est montré du doigt, comme si les autres aires culturelles ont toujours été et sont des paradis pour les femmes. Exemples : en Chine et en Inde l’avortement des ombryons féminins atteint une échelle industrielle, c’est de la pure jâhilya. Le code Napoléon, n’a pas l’excuse d’être promulgué au 7è siècle pour légitimer la minorité de la femme. Le néo-matriarcat qui se drappe dans les oripaux de la liberté est un piège pour les femmes dont les conséquences néfastes prennent une ampleur inquiétante (au moment où les médias s’étaient focalisés sur la mariée qui n’était pas vierge, une statistique était publiée évaluant à 18% le nombre d’enfants vivants dans une famille monoparentale ; c’est à dire dans la majorité des cas, une femme élevant seule ses enfants ; quel progrès !)
24 juillet 2008
adapa a dit :
Est de l’ordre universel ce qui n’est pas attaché à une culture identitaire détermminée. Le féminisme ne se revendique d’aucune culture particulière, il est basé uniquement sur les rapports universels de l’homme et de la femme, sa dénonciation du patriarcat est valable dans toute culture où il y a des discriminations en fonction du sexe, et son discours peut être tenu par n’importe quelle femme dans n’importe quelle culture autour de la terre. Ses seules bases reposent sur des valeurs qui ne demandent que d’appartenir à tout le monde sans changer les particularités culturelles de chacun : la liberté et l’égalité des sexes, c’est pourquoi il est réellement universel quand on ne lui accole aucune étiquette identitaire à côté. Le féminisme en occident ne se réclame pas d’un particularisme culturel propre à l’occident comme le christianisme, vu que c’est contre les églises chrétiennes qu’on eu souvent à affronter les féministes, tout comme ces me^mes féministes ont l’air de revenir 40-60 ans en arrière quand elles voient les pratiques et discours chez les musulmans dans certains quartiers à côté de chez eux.
24 juillet 2008
Que les non musulmans confondent islam , musulmans et société musulmane , on peut leurs pardonner , mais il est choquant que quand s’est employé par les musulmans eux mêmes , et pire encore quand c’est dit par les soit disant "intelléctuels-lles musulmans-nes. Comment madame Asma Lamrabti ose dire que "islam - religion qui détient aujourd’hui la palme d’or quant à l oppression des femmes" que les musulmans où les sociétés musulmanes ne respectent pas les femmes soit , mais pas seulement les droits des femmes mais les droit de l Homme tout court qui sont bafoués .Des fois je me demande pourquoi ça sert de faire des études pour enfin dire des âneries pareilles . un révolté ! salut.
24 juillet 2008
Tres beau texte de notre soeur. Tout le monde se permet de parler des femmes musulmanes, notamment les hommes, mais celles qu’on entend le moins paradoxalement ce sont bien elles ! J’apporterai juste une nuance : il faut faire attention de ne pas relayer le discours de ces ... de journalistes et parler sans nuances de LA "femme musulmane". Figurez vous qu’ils existent des femmes musulmanes "occidentales" comme vous dites, et qui ne partagent pas necessairement le sort des femmes arabes ou turques. Car c’est la le probleme : quand on songe au sort des "femmes musulmanes", ne parle pas t-on avant tout des femmes arabes et turques ? De la necessite de dissocier Islam et Arabes....
24 juillet 2008
Lola a dit :

L’ingérence des ceux des occidentaux qui se cachent derrière une vision profane de la femme est inacceptable et injustifiée.

Je ne crois pas que les femmes occidentales se soient libérées d’elles-même, parce que trop opprimées par les hommes. C’est une fable !. L’énorme quantité de main-d’oeuvre dont avait besoin la bourgeoisie pour développer l’Industrie en est la véritable cause. Tant pis pour les hommes ignorants, aveugles ou trop injustes envers les femmes. Oû en est-on aujourd’hui ? A une séparation de plus en plus grande entre hommes et femmes, en attendant "la guerre des sexes" qui a lieu déjà de l’autre côté de l’Atlantique.

La vision profane et de modèle occidental du statut de la femme n’a rien à voir avec les aspirations profondes des femmes musulmanes. Du moins, je le crois et je l’espère.

C’est vrai, les femmes d’occident ont gagné en confort. D’ailleurs, tout le monde a gagné en confort mais à quel prix et pour combien de temps encore ?.

Quant on veut dénigrer l’Islam, qui considèrerait la femme comme "inférieure", on omet de dire que cette infériorité ne réside que dans sa détermination cosmique, son rang ontologique, qu’elle a été créée après l’homme dans la hiérarchie des créatures.

Et aussi, pourquoi le Prophète Mohammed (saaws) aima tant les femmes ?. Voici une petite partie de ce qu’en dit Mohieddine Ibn Arabi :

"La contemplation de Dieu dans les femmes est la plus intense et la plus parfaite"

(in "La Sagesse des Prophètes, Le Verbe de Mohammed", p. 202).

"Ah oui, mais lui était Prophète, c’était un pur !". Il n’en est pas moins un modèle pour les musulmans. Mais la plupart d’entre eux s’en détournent lorsqu’il s’agit des femmes.

Je crois qu’il incombe avant tout à l’homme musulman de changer de regard sur la femme musulmane. Pardon de douter qu’il en ait pris le chemin (à part quelques exceptions).

Wa Salam.

24 juillet 2008

La notion même de féminisme n’a rien de musulman. Cette notion est une notion occidentaliste, la sacralisée est une aberration

La culture occidentale est basée sur l’individualisme dont le féminisme est un des vecteurs. Les géo-politiciens considèrent à ce titre la "femme" comme un vecteur de diffusion de la culture occidentale dans le monde. Inutile de discourir sur le pourquoi ou le comment.

A l’instar des cultures d’Asie qui ont eux montré leur efficacité sociale, la culture arabe et musulmane est une culture communautaire, elle est confrontée à l’individualisme or la plupart des pays arabes ne sont pas gouvernés par des musulmans et pour certains ne sont même pas gouvernés, il en résulte que les populations sont livrées à elles mêmes et que peu de véhicules de la culture musulmane n’ont de presse réelle.

La culture occidentale est en crise mais la culture musulmane n’est pas capable de rebondir faute de leaders, elle subit donc ainsi de plein fouet la crise de la culture occidentale.

Dans la plupart des pays musulmans, la culture occidentale a bonne presse ne serait-ce qu’au travers de la télévision et de la parabole (on a pu voir comment la culture occidentale pouvait à l’inverse s’offusquer et se prémunir de l’influence arabe par ce biais). La culture musulmane est par contre limitée par la passivité et l’attentisme des pouvoirs politiques souvent eux-mêmes bien ignorant de la culture de leur peuple.

On notera que la culture occidentale bien que vindicative (imposé par les armes preuve de ses limites) elle semble par contre se sentir agressé. Il semble que le monde de demain soit celui de l’enjeu culturelle. Une fois tout le bla bla écran de fumée dissipé.

24 juillet 2008
DJAMIL DJEBABRA a dit :

Dans une époque où toutes les valeurs morales ont été remises en cause au nom de la raison humaine(ce nouveau dieu)ces mêmes valeurs devenues rétrogrades et insignifiantes comme l’est devenu la foi en Dieu,ce qui a amené a voir en la famille comme comme un cadre de procréation qui éclate pour tout et n’importe quoi...le dernier bastion de la famille qu’est la femme à été remplacé par des substituts ..concubine, petite amie, compagne,...maitresse, manequin, top model ...etc, vous remarquerez toutes ces appellations font rappeler le côté sexuel de la femme.

Mais voilà que dans l’autre rive (musulmane) apparait la femme la vraie loin des préjugés sexuels,celle qui représente la pudeur la sagesse celle qu’on respecte en tant que sœur , mère, fille (épargnez nous les comportements de certains musulmans ignorants) une image qui dérange l’exemple occidental.

Une image que les femmes occidentales qui si elles se donnaient le temps de réfléchir sur leur condition , rêveraient de retrouver cette image pour retrouver la sérénité dans leur vies retrouver l’image de la famille réunie autour des valeurs que l’occident a perdu.

Mais cela ne peut leur être accordé avec ce mattraquage médiatico-politique contre le modèle musulman de la femme en faisant des agrandissements caricaturés du comportement d’une minorité de musulmans ignorants...

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