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Articles
Silence français face à la répression sanglante en Tunisie
lundi 9 juin 2008 - par Moncef Marzouki
A la mémoire de Ben Ridha Bel Hafnaoui, 18 ans, abattu par la police tunisienne, le 6 juin 2008. Alors que de nombreux touristes français et des milliers de Franco-Tunisiens s’apprêtent à traverser la Méditerranée pour aller bronzer tranquillement sur les plages de la "douce Tunisie", manger le "bon couscous" à l’harissa, boire du thé à la menthe à "Sidi Bou" et respirer l’odeur du jasmin, le Général Ben Ali vient de réprimer dans le sang les "révoltes populaires" de Redeyef dans le Sud du pays et tout ça dans une quasi-indifférence de la communauté internationale. Une indignation sélective qui choquera sans doute certains d’entre nous. Mais, il est vrai que la Tunisie n’est ni le Tibet, ni le Darfour. En somme, Ben Ali fait figure de "dictateur recommandable" et les quelques balles perdues dans les corps meurtris des jeunes tunisiens ne sont qu’un "détail"au regard de la contribution de la dictature tunisienne au nouvel ordre mondial. Le gouvernement tunisien vient de donner sa version des faits survenus le 6 juin à Redeyef, ville du bassin minier du sud tunisien en ébullition depuis des mois. La voici : « Des actes de violence ont été commis par certains individus dans la région de Redeyef (gouvernorat de Gafsa). … Des informations sont parvenues, vendredi, aux autorités que des éléments étaient en train de fabriquer des cocktails Molotov en vue de les utiliser dans des actes de vandalisme, ce qui a imposé l’intervention des Forces de sécurité qui ont essuyé des jets de ces engins incendiaires. …Malgré les mises en garde lancées, conformément à la loi, par les Forces de l’ordre, les éléments perturbateurs n’ont pas obtempéré, obligeant les forces de sécurité à intervenir. …Ces événements ont entraîné la mort d’un élément perturbateur. Cinq autres ont été blessés ainsi que trois agents de l’ordre » (extrait du communiqué officiel). Ce qui frappe d’abord dans ce communiqué officiel, c’est le gros mensonge sur le déroulement des évènements. Celui qui a été abattu par des policiers, ayant reçu l’ordre de tirer sur la foule à balles réelles, est mort en effet avec une balle dans le dos. Mais le plus scandaleux, c’est que le mort (plutôt l’assassiné) n’est pas considéré comme un être humain, un compatriote, un jeune homme de 18 ans qui comme nous tous a une identité. Non, ce n’est qu’un "élément perturbateur" (Moushagheb en arabe), qualificatif sensé le réduire à ses justes proportions, lui et les autre éléments non moins perturbateurs, blessés et portant les noms omis de Ismail Rahali, Bouali Khalfi, Helmi Amaidi, et Khaled Rahali. La moindre décence aurait exigé que le communiqué du régime respecte le mort en citant son nom, et en montrant le minimum de compassion humaine, par exemple en exprimant ne fût ce que le soupçon de regret devant, allez disons, un regrettable accident. Haro donc sur l’anonyme perturbateur qui a attaqué les forces de l’ordre ! Néanmoins, nul doute que les autorités tunisiennes confieront à une commission bidon (à l’instar de celles sur la torture, ou les prisons dans les années 1990.) la tâche de confirmer son statut et sa responsabilité. L’indignation maîtrisée et en réfléchissant à ce terme d’élément perturbateur, j’ai été frappé par le fait que nous sommes peut être face à une sorte de transfert. En effet, à y regarder de près ne pouvons nous pas affirmer qu’en Tunisie, et ce depuis vingt ans, le plus grand élément perturbateur est un homme qui s’appelle le Général des services secrets Zine El Abidine Ben Ali ? Voici mes arguments pour renvoyer ce terme à ses utilisateurs un peu trop imprudents. Les astronomes et les météorologues utilisent le concept de fenêtre de lancement pour décrire et délimiter une période du temps où des actions déterminés sont possibles. Quand cette fenêtre se ferme, il devient inutile ou impossible, pour des raisons dus à la mécanique céleste ou aux caprices du temps, de lancer la fusée ou une action de sauvetage. De la même façon, il existe aussi en politique des fenêtres, pour lancer une révolution ou des réformes. Avant, c’est trop tôt, après, c’est trop tard. Pour la Tunisie la fenêtre de lancement des réformes qui auraient pu en faire le premier Etat démocratique arabe, s’est ouverte à la fin des années 1970. De facto plutôt que de jurer, les choses ont commencé à bouger dans le bon sens. Le pays se dotait de vrais partis politiques indépendants, de la première Ligue des droits de l’Homme du monde arabe, d’un embryon de presse libre, sans parler du renforcement de son traditionnel mouvement syndical libre. La société en ébullition piaffait d’impatience devant les tergiversations de Bourguiba, récalcitrant mais non hostile à la démocratisation exigée de tous. C’est sur cette volonté générale de voir s’accélérer ces prémisses de réformes, que se fit la large acceptation du coup d’Etat médical, le 7 novembre 1987, promettant d’aller plus vite et plus loin dans le réformisme amorcé. En fait le coup d’Etat n’allait pas accélérer le processus, mais fermer pour deux décennies la fenêtre de lancement. A dater de ce jour fatidique de novembre 1987, le sens de l’Histoire allait s’inverser sous le prétexte fallacieux de la lute contre l’islamisme. Au lieu du processus démocratique promis, allait se mettre en place inexorablement un processus lent et insidieux de mise en place d’une dictature maffioso –policière de la pire espèce. A l’époque aucun acteur politique ne le savait, et tous tant que nous sommes étaient loin de deviner ce que cet homme maléfique nous préparait ainsi qu’au pays. Mais aujourd’hui, on sait et on peut reconstituer l’ensemble de la trajectoire. Faisons le à partir de la grille de lecture que le communiqué nous a suggéré. On peut dire que le général des services de renseignement Ben Ali a induit dans le pays en évolution, trois types de perturbations. La première a touché les mots , les idées et les valeurs .A force de double langage , de promesses, de subterfuges, d’escroqueries en tout genre , Ben Ali a su entretenir dans le pays et à l’étranger une confusion permanente sur la vraie nature du système. Il a pu aussi perturbé l’opposition en la divisant, la manipulant, et la stérilisant par le miroitement d’un changement digne de l’ère qui en porte le nom. Vingt ans après, alors que tout le jeu est épuisé et le roi complètement nu, des gens bêtes ou faisant semblant de l’être, continuent à quémander, à supputer dans le marc du café des réformes imminentes, à atteindre le prochain remaniement et le prochain 7 novembre ou faire de l’opposition dans le mouchoir de poche autorisé et selon les règles que le dictateur change en permanence à son avantage. La seconde perturbation a frappé de plein fouet les rouages de l’Etat conquis de l’intérieur. Certes l’Etat de Bourguiba était autoritaire mais il était aussi honnête, patriotique et dévolu au service public. A partir de 1987 (prise de pouvoir de Ben Ali), et de façon planifiée, le fonctionnement normal des partis, de la presse , de la culture , de l’information , de la vie associative , voire de la police et de la justice , et des douanes a été soit bloqué, soit perverti pour servir le pouvoir personnel et les intérêts catégoriels. La troisième perturbation a porté sur l’économie. Jamais canular n’a été mieux vendu que celui du "miracle économique tunisien" sous la dictature. Un taux de croissance de 7 % depuis les années 1960, un peuple industrieux, une économie diversifiée, tel était l’héritage de Bourguiba. On feint d’oublier que si les années 1990 ont été des années "fastes",ce n’est pas à cause du dictateur mais le résultat de vingt années d’éducation nationale première priorité budgétaire et de planning familial . A l’arrivée, un peuple éduqué et une constante baisse de pression sur le marché du logement et du travail. C’est cette belle mécanique que le général Ben Ali a perturbé en introduisant le loup de la corruption dans la bergerie du travail et de l’épargne. Ce fléau associé dans l’esprit du peuple à cet homme et à sa famille, n’a pas simplement affaibli le système bancaire, ruiné d’honnêtes commerçants, bradé pour une bouchée de pain les entreprises nationales. Il a surtout perturbé l’image du travail en tant que valeur et gangrené deux systèmes qui faisaient la fierté des Tunisiens : le système de santé et surtout le système éducatif. Aujourd’hui, les émeutes de la faim du Sud, l’effondrement de la classe moyenne, l’arrogante richesse des parvenus, la désespérance d’une jeunesse qui ne rêve que de partir, même sur le bateau de la mort, ont définitivement enterré ce mythe savamment entretenu. Tout cela est maintenant parfaitement admis sauf par ceux qui ont intérêt à faire les sourds et les aveugles. Ce qui reste nimbé de mystère, c’est la quantité de souffrance que cette dictature a infligé au pays. Qui peut quantifier la douleur des parents de "l’élément perturbateur", de tous les torturés, les exilés, les condamnés à vivre dans la peur et le désespoir. Oui, Monsieur Sarkozy, les perturbations profondes induites par cet homme, à qui vous avez apporté récemment un soutien total et que vous voyez pièce maîtresse dans votre beau projet d’Union méditerranéenne, sont catastrophiques pour notre peuple et hélas irrémédiables pour un certain Hafnaoui Ben Ridha Bel Hafnaoui, mort au seuil de ses vingt ans. Lui, mort sous les balles de Ben Ali, n’aura pas la "chance" de connaître l’Union méditerranéenne, dont vous êtes pourtant le promoteur. De toutes les façons, que personne ne se fasse d’illusions sur le devenir de cet homme et de son système. Les peuples, sont des organismes vivants. Ils peuvent souffrir longtemps d’une infection, mais quand celles-ci ne les tuent pas, c’est le virus qui a perturbé leur santé qui finit tôt au tard par être circonscrit. Le processus de guérison de la Tunisie est en cours et rien ne l’arrêtera. Mots clésMoncef MarzoukiMoncef Marzouki est médecin, écrivain et homme politique tunisien. Il contribue par ses nombreux écrits à construire un discours d’intégration de la démocratie et des droits de l’homme dans la culture arabe. Site web de l’auteur : www.moncefmarzouki.net Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article11 juin 2008
khoubziste a dit :
La France le pays des droits de l’homme ? n’importe quoi de chez n’importe quoi, il faut arrêter avec ces sornettes à deux balles, il n’y a pas d’homme en France, c’est pour ça que Sarko a été élu
10 juin 2008
Amirouche a dit :
réponse MOHA , quand je vois des réactions comme la votre je suis écoeuré. c’est bête, méchant et stupide. croyez pas quen je défends les généreaux algériens, leurs prmières victimes sont algérinnes. mais déplacer un problème par un jeux de mots que je qualifierai de basique est sans sont conteste la marque d’un nationalisme mal assumé(j’aurai préféré le patriotisme). les problèmes de l’algérie, du maroc, de la tunisié et libyie sont les mêmes : leurs dirigents. comment se fait-il qu’un maltais s’entend avec un nordique et l’algérien et la marocain, comment ? ramener tous les problèmes du maroc au seul Sahara est stupide. ramener les problèmes de l’algérie au maroc est stupide aussi. les société maghrébines sont malades de leurs dirigents et élites. débarssez vous des carcans de votre pensée limitée (très ) et vous verrez que l’avenir du mahgreb dans son union. j’étais méchant et je l’assume. Amirouche 10 juin 2008
khoubziste a dit :
un Maghreb unit ça serait tout de même mieux Quand je parle avec des marocains ou des tunisiens, je leur dit "nous" pas "vous" 10 juin 2008
Je viens d’apprendre dans ce forum que des émeutes ont éclatées dans le sud marocain . Franchement cela ne me surprend pas et d’ailleurs c’était prévisible . Je savais que depuis la flambé des prix du pétrole (aujourd’hui 139 dollars le baril)l’Algérie forte de sa manne pétrolière allait reprendre le poils de la bête ; et réanimer le conflit au sahara . Ne soyer pas surpris si dans les semaines et mois à venir que ça va chauffer dans la région !!! Ca sera dommage que l’Algérie des généraux ne vas pas profiter de cette richesse pour développer le pays et l’ensemble du Maghreb avec . Dites moi pourquoi que c’est dans le sud que s’enflamme et pas dans le reste du Royaume où les conditions de vie sont pire que dans le sud ??? MOHA
10 juin 2008
ichkeul a dit :
Oui la Tunisie est un pays autoritaire mais la faute à qui ? Ben Ali s’était bien engagé à démocratiser le pouvoir dans les années 90 et il n’a pas tenu parole, d’accord, mais le contexte ne s’y prêtait guère. N’y avait-il pas une guerre civile dans le pays voisin ? Et les attentats, les massacres quotidiens à deux pas de la frontière, déjà oubliés ? Et ne me dites pas que c’est un argument facile, il y avait bien urgence à protéger la Tunisie et Ben Ali a été à la hauteur. Je n’ai aucune sympathie particulière pour "le général" comme beaucoup de tunisiens mais force est de constater qu’il a tenu le pays durant cette période à risque, qu’il a toujours protégé les droits de la femme (et même si c’est sa caution, c’est tant mieux pour elles !), qu’il a développé l’industrie, les services et surtout considérablement amélioré l’éducation avec très peu de moyens. Certains nous reprochent notre trop grande laïcité pour un pays musulman mais nous essayons de concilier notre identité musulmane avec nos autres origines. La Tunisie, le peuple tunisien existaient bien avant l’arrivée de l’islam. Oui maintenant nous prenons l’Europe comme modèle plutôt que l’Arabie, où est le problème ? Nous restons des musulmans, à notre manière et point besoin de folklore vestimentaire pour le montrer.
10 juin 2008
Nizou a dit :
De violentes émeutes ont éclaté ces derniers jours à Sidi Ifni et Gafsa, localités situées respectivement au Maroc et en Tunisie. C’est le chômage, couplé à l’absence de perspectives, qui a conduit, les 6 et 7 juin, des chômeurs à descendre dans les rues de ces deux petites villes, perdues à des centaines de kilomètres au sud de Rabat et de Tunis. A Sidi Ifni (20 000 habitants), port de pêche d’une région berbère contestataire, limitrophe du Sahara occidental, une violente altercation a opposé, samedi, les forces de l’ordre à des jeunes manifestants. Ceux-ci bloquaient le port pour contester un tirage au sort organisé un peu plus tôt par la municipalité pour l’embauche de trois personnes. Le bilan de l’échauffourée qui a suivi est incertain. Les associations locales, notamment Aït Baamarane et le Centre marocain des droits humains (CMDH), avancent le chiffre d’au moins deux morts et de nombreux blessés. Information confirmée par la chaîne de télévision Al-Jazira, qui fait état de deux à huit morts. La suite dans le Monde http://www.lemonde.fr/web/recherche _resultats/1,13-0,1-0,0.html ? dans=dansarticle&num_page=1&booleen =et&ordre=pertinence&query =Florence+Beaug%E9&periode=30&x=6&y=9&sur=LEMONDE 10 juin 2008
khoubziste a dit :
Sami tu dérailles complètement tu en es à chercher des poux à l’auteur du texte pour ne pas voir les faits : une manifestation populaire, une police qui tire à balle réelle. Point, tu veux quoi de plus ? Des "oui mais peut-être" pour aller dans le sens des lâches ? En général quand il y a manifestations, il y a de la casse et du pillage, c’est normal dans l’agitation, là ce sont les agents du pouvoir qui ont pillé... Le gouvernement qui est bon promet de rembourser, autant dire que les tunisiens peuvent s’asseoir dessus, qui ira réclamer son dû ? En Tunisie, on est vite fait accusé de tout et n’importe quoi. Le jeune Ben Ridha Bel Hafnaoui est mort pour quelque chose, il a été tué par Ben Ali pour manifestation. Moncef Marzouki mérite ton respect Sami, il a le courage de faire ce que peu peuvent se permettre surtout tunisien ici ou ailleurs. Sami peut-être que son combat c’est aussi ton combat Tu sais quelque soit les situations et quelque soit les régimes on en trouve toujours pour dire "ouais mais non mais c’est vous les méchants", ce genre de personne sont des suiveurs, il ne faut pas tenir compte de ce qu’ils disent, ils suivent le mouvement du moment 10 juin 2008
Jamil a dit :
En effet, on commence à trouver le temps long, même en dehors de Tunisie. Je ne suis pas allé à Madrid sous Aznar. Je ne retournerai pas en Tunisie sous Ben Ali.
10 juin 2008
alberty a dit :
Au même moment, une répression féroce s’abat sur les habitants de Sidi Ifni (MAROC). Silence total.
9 juin 2008
Nadia a dit :
L’argument fort maigre de la laïcité est régulièrement usité pour cautionner le régime du PDG (Président Dictateur Général) Ben Ali, alors que très peu d’états sont constitutionnellement laïques dans le monde (notamment les démocraties d’ailleurs !). Petit rappel historique : Hitler aussi était Laïque ; sous son égide, le miracle Allemand a propulsé un pays économiquement anéanti au rang de superpuissance planétaire en l’espace de 6 petites années ; les pays occidentaux se sont tous inclinés devant son règne "éclairé", jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Questions en vrac : les femmes allemandes étaient-elles libres et sous le 3ème Reich ? Les femmes SS préfiguraient-elles l’executive woman anglo-saxonne émancipée et consumériste au possible ? Dans ce cas, est-ce la démocratie libérale (notamment atlantiste) qui est finalement une hérésie ? N’est-ce pas elle plutôt qui réduit la femme au rang de denrée marchande, stade suprême de l’aliénation humaine ? Quien sabe… En tous les cas, el presidente ferait bien de ne pas excéder en zèle, il pourrait bien être accusé un jour de développer un programme nucléaire clandestin… 9 juin 2008
Shanez a dit :
On est tout à fait d’accord avec vous Sami mais ce que vous dites ne doit en aucun cas cautionner la mort d’un enfant de 18 ans et encore moins occulté la repression dont sont victimes les Tunisiens. Il n’est pas question de situation parfaite mais du respect à la vie humaine. Ni plus ni moins. Et de là où vous êtes cad la France je crois que votre vision est quelque peu biaisée par le soleil, la plage et le couscous à l’harissa, qui je vous le concède est divin...surtout pour la majorité des Tunisiens qui en ont oubliès depuis longtemps la saveur tant leur pouvoir d’achat se retrécit comme peau de chagrin.
9 juin 2008
Non Roger les pays du Maghreb n’attendent rien de la France et ce depuis longtemps...les Algériens ont malheureusement fait les frais de l’ingérence Française ...132 de colonialisme, 7 ans de guerre et 10 ans de guerre civile. Non c’est bon. Que la France reste où elle est.
9 juin 2008
Sami a dit :
Cher Moncef Marzouki, il serait à votre avantage et à celui de votre combat politique de respecter la mémoire de notre frère défunt et de ne pas se servir de ce drame à des fins politiques personnelles. L’état tunisien actuel ne fait peut être pas dans la dentelle. Mais comme le fait remarquer l’un des internautes, nous ne connaissons pas précisemment les circonstances ayant conduit à la mort très regrettable du jeune Hafnaoui, Allah y arhmou. Puisse Allah lui accorder la paix et le repos éternel. Votre texte aurait pesé bien plus à mes yeux si vous ne décortiquiez pas la situation que sous le prisme de vos contentieux personnels avec certains des membres voire toutes la classe dirigeante. Je vous reproche de ne pas prendre assez de recul et déplore votre passive nostalgie de l’ère Bourguiba qui a contraint bon gré malgré lui un très grand nombre de Tunisiens à émigrer... hors de leur patrie, déracinant ainsi des générations. Je ne me fait l’avocat de personne et ne suis ni pour, ni contre les dirigeants actuels dans la mesure où je n’ai pas d’informations tangibles me permettant de me faire une idée puisque je suis un expatrié de naissance et n’ai donc pas d’expérience du terrain suffisante pour me permettre d’avoir un avis tranché. Ce que je sais, c’est qu’en Tunisie où je vais de temps à autre l’été pour bronzer et manger du couscous à l’harissa que j’adore, certains cultivent le désarroi et l’amerthume SANS se donner les moyens d’aller de l’avant et je ne fais pas allusion au dirigeants au pouvoir. Au contraire, parmi eux beaucoup sont ceux qui souhaitent dégager les dirigeants actuels pour prendre leur place et nous servir une sauce plus amère. Je caricature mais c’est mon sentiment. Le problème des Tunisiens, c’est leur manque de solidarité. Dès que l’un d’eux est dans une relative situation économique (l’absolu n’étant pas de ce monde), il fait tout pour ne pas contribuer à l’effort collectif national en payant à l’état les IMPOTS qu’ils lui doivent. Au contraire, ils accusent l’état de racket dès lors que celui-ci lui réclame sa contribution et propage tout un tas d’ignominies qui finissent par discréditer tout combat politique en vue d’une amélioration des libertés d’expression. Et là, ça devient pas bien du tout pour tous. L’instruction a beaucoup évolué en Tunisie et je suis fier de voir, de là où je suis cad en France, les universités et les écoles d’ingénieurs se multiplier et former des cadres. Avec ses (maigres) moyens (ressources), la Tunisie tente même de développer un système de recherche académique ! Ce qui n’est en principe que la panache des pays riches. Certes, la situation du pays est loin d’être parfaite et les progès faits ne sont sans doutes pas suffisants. Mais par rapport la période post coloniale, des progrès ont été faits et encore une fois, je N’ai PAS de parti pris. Parallèlement aux progrès de l’instruction de ses enfants, j’ai le sentiment que l’éducation au sens de l’inculcation des valeurs morales, familiales, de société et de civisme, cette éducation là elle, elle est en déclin. Et ça, ça n’est pas (seulement) du fait des membres au pouvoir. C’est de la responsabilité individuelle de chacun de nous que d’enseigner à ses enfants les valeurs fondamentales de toute civilisation. Rome ne s’est pas fait en un jour, la France non plus et c’est le cas pour de nombreux autres état que beaucoup envient. C’est à chacun de nous d’apprendre aux générations qui suivent le caractère immoral de la corruption, de l’extorsion, du vol en leur expliquant le danger que ça peut représenter à terme pour tout le monde. Je constate malheureusement la tendance où toutes ces mauvaises choses progressent dans l’état d’esprit des Tunisiens et maghrebins en général (la situation au Maroc ou en Algérie est désastreuse de ce point de vue). Il ne tient qu’à nous d’inverser la tendance et ça c’est plus difficile parce qu’on est concerné au premier chef. 9 juin 2008
A Maxime , je vis en France , je gagne 3000 euros par mois , je porte une mini-jupe c’est dramatique et je suis foncierement contre la politique française au Maghreb.Non à l’ingérance de la France.Que la France cesse de mettre des états façades au Maghreb.Dois je consulter un neuro-psychaitre ou dois je porter l’etiquette d’integriste musulmanne,islamistes, musulmane modérée ou je ne sais quoi encore juste pour vous plaire .Pensez à reformez votre dico il est de plus en plus pauvre au point de vue linguistique.Apprenez à nommer les choses par leurs noms.
9 juin 2008
amazone a dit :
Un petit extrait, d’un article pariu dans le monde d’aujourd’hui au sujet de cette affaire :"Les mineurs de Redeyef se plaignent d’être otages d’un potentat local qui est à la fois patron, délégué syndical et député du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. Ils accusent également la police de se livrer régulièrement à des provocations et à des pillages. Les femmes sont aux premières loges de ce combat contre le pouvoir. Fait exceptionnel : elles étaient nombreuses, samedi, à assister à l’enterrement du jeune tué la veille par la police." Vous voyez Maxime, les femmes sont tellement "heureuses" en Tunisie qu’on se demande pourquoi elles manisfestent n’est pas ?
9 juin 2008
Sophia a dit :
"Le drame de la Tunisie , de l’Algérie et du Maroc est qu’ils compte toujours sur la France pour résoudre leurs problèmes" Non l’Algérie n’attend rien de la France. C’est votre Président affublé de son Ministre des affaires étrangères qui est en ce moment en Algérie pour quémander une Union pour la Méditerranée afin d’obtenir une petite reduction sur le pétrole et le gaz algérien dont la France à tant besoin !!!
9 juin 2008
amazone a dit :
Non le drame de l’algerie, du Maroc et de la Tunisie c’est d’avoir comme soutien à nos dictatures des pays comme la France ! Je croyais que la France était le pays des droits de l’homme ? Honte à moi.
9 juin 2008
Merwan a dit :
Réponse à Roger : alors pourquoi la France se mêle t’elle de ce qui se passe au Tibet, en Birmanie ou en Cote d’Ivoire ou encore au Darfour... ?
Ah oui j’oubliais la France pays par excellence du droit de l’homme à géometrie variable n’est ce pas Roger !
9 juin 2008
Shanez a dit :
A Maxime qui pense qu’un pays libre est un pays laic, où les femmes ont le droit de porter la mini jupe, il serait temps de lui apprendre que la Chine, la Birmanie, la Corée du Nord etc...sont des pays laics où la mini jupe est permise, sont ils des pays libres pour autant ?
La Tunisie a fait beaucoup pour la femme...entre autre lui interdire de pratiquer librement son culte (à savoir de porter le voile si elle le souhaite) pendant que leurs maris, leurs frères et leurs pères crèvent dans les prisons de Ben Ali... Oui y a rien à dire elle est belle la liberté en Tunisie surtout quand elle viole allègrement les droits de l’homme !!!
9 juin 2008
réponse à maxime a dit :
cher maxime, tu as manqué une occasion de te taire, pour ne pas dire de fermer ta guelle. La tunisie est une prsion dorrée, je te souhaite de passer deux jour dans les sous sols du ministère de l’intérieur. si tu sors sain, t’auras au moins appris de refléchir et enqueter avant d’ouvrir ta gueule
9 juin 2008
Maxime a dit :
Il est facile de critiquer un pays qui ne l’oublions pas à instaurer la laïcité. Phénomène rare dans le monde arabe et musulman. La Tunisie est un pays prospère sur le plan économique, où les femmes bénéficient d’une grande liberté, la plus grande de tout le monde arabe et musulman. Ne l’oublions jamais, ce pays a fait beaucoup pour la femme.
9 juin 2008
jeanmoulin a dit :
Par Roger - le 9 juin 2008 Pourquoi attendre de la France une réaction. En quoi la France devrait se mêler des affaires d’un Etat indépendant ? Seriez-vous favorable au droit d’ingérence ? Ne devriez-vous pas plutôt attendre un soutien des pays arabes frères ? cher Roger, REPONSE : en l’honneur de son ingérence dans les affaires d’autres payss... 9 juin 2008
Roger a dit :
Pourquoi attendre de la France une réaction. En quoi la France devrait se mêler des affaires d’un Etat indépendant ? Seriez-vous favorable au droit d’ingérence ? Ne devriez-vous pas plutôt attendre un soutien des pays arabes frères ?
9 juin 2008
Le drame de la Tunisie , de l’Algérie et du Maroc est qu’ils compte toujours sur la France pour résoudre leurs problèmes.Je pensais que ces 3 états etaient indépendants : honte à moi.
9 juin 2008
Moncef Marzouki ne nous dit pas ce qu’il s’est réellement passé à Redeyef.
9 juin 2008
ML a dit :
Tout le monde le sait, tout le monde se tait...
9 juin 2008
Hakim I. a dit :
Mode cynique ON . C’est forcément un bon régime puisqu’il a interdit le Hijab. Mode cynique OFF. 9 juin 2008
amaradj a dit :
il relève de la responsabilité de la communauté citoyenne musulmane d’europe de s’organiser et de dénoncer les oppressions subit par les musulman dans les pays du maghreb soumis à la dictature, comme en tunisie. (je suis d’origine marocaine)
pour utiliser l’expression de certains jeune concernant la mort de cet "élèment pertubarteur" comme ils disent, nous dirons "sa passse trop pas !"
9 juin 2008
ideal a dit :
Il y a longtemps que notre monde utilise les droits de l’homme à géométrie variable et aujourd’hui plus que jamais. Les "bons petits dictateurs" du tiers monde qui savent obeir à "leurs maitres" du monde civilisé, sont encensés dans la presse et surtout montrés en exemple comme étant de grands hommes par nos politiques. Rien de nouveau sous le ciel des rapports dominés, dominants...si ce n’est ce petit vent de liberté qui souffle dans nos contrés lointaines, ce petit vent qui prend des allures de révoltes et dont nos dirigeants et leurs amis devraient tenir compte, car rien ne peut contenir la colère d’un peuple affamé et déséspèré, ni les menaces, les armes et encore moins la mort.
9 juin 2008
section du Cap Corse du PCF a dit :
Tous les français ne se taisent pas :
cf:http://pcfcapcorse.overblog.com
9 juin 2008
Ou sont les défenseurs des droits de l’Homme, ceux-la même qui volaient au secours du Tibet. Où sont-ils ?
9 juin 2008
Je ne suis pas tunisien ; et je ne connais pas ce pays ; que à travers les médias et quelques amis tunisiens . Je suis étonné pour ne pas dire choqué ; d’entendre l’auteur faire l’éloge de Mr Bourguiba ; et attaquer Ben Ali . Alors que ce dernier ; n’est que le monstre enfanté par le premier . D’ailleurs ; il ne fait que suivre la politique voulu et tracer par son prédécesseur ; et maitre à penser ; et qu’il applique et développe ; et de quelle manière ! Mr Moncef Marzouki a oublier que ; c’est sous le règne de Bourguiba ; qu’a commencer la chasse aux musulmans pratiquants " les barbus " et les femmes qui portent le hijab . Pour moi , comme pour beaucoup de tunisiens je pense ; Bourguiba & Ben Ali ; c’est blanc bonnet ; bonnet blanc : Et hélas , comme c’est le cas ; leurs homologues chefs d’Etats arabe . Mais Bourguiba lui ; il avait franchi l’infranchissable , en s’attaquant même au 3ème dogme de l’ISLAM , à savoir le RAMADAN . Car les travailleurs et surtout les fonctionnaires étaient autorisés ; pour ne pas dire ordonner à ne pas jeuner pendant le mois sacré . Dites moi ; qu’est ce qu’on peut penser des "intellectuels " de cet acabit là ; qui rendent hommage à des dictateurs sanguinaires de la trempe de Bourguiba ??? Donc le problème ne vient pas de nos dirigeants ; mais de nous même !!! Triste réalité non !!! Pauvre de nous . moha
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