الجمعة, 14 أوت 2020 04:51

De Bab el Oued à Beyrouth مميز

كتب بواسطة : Lalibi Brahim

Le Liban, ce plus ancien nom d'un pays au monde pendant plus de 4000 ans sans changer. il apparaît 75 fois dans l'ancien testament. Le premier alphabet a été créé à Byblos ( d'où le nom de bible qui vient de Byblos ).

Un alphabet inscrit pour la première fois dans l'histoire sur la tombe du roi Ahiram. Cette terre des hommes, ce petit pays habité par un grand peuple dont le niveau d'alphabétisation est de 99% et où il existe un médecin pour 100 personnes et dont la capitale Beyrouth a été détruite et reconstruite 7 fois.

Pays de Gibran Khalil Gibrane qui disaient de ses compatriotes: "Nous sommes comme des noix, il faut nous briser pour nous découvrir et consommer".

Un peuple qui a sillonné les mers durant toute son existence -Carthage est à nos portes-, ces phéniciens qui sont arrivés bien  avant les découvertes européennes et bien avant Christophe colomb ( un navire phénicien a été retrouvé au Brésil ).

Ce pays immense par son histoire et riche par sa culture et qui est Le seul  peuple parmi les pays arabes qui tient à distance l'entité sioniste...Ce Liban  ne méritait pas cette humiliation et cette injure pour que le serviteur des Rothschild Macron vole à son secours après que son pays la France  ait commis, par le passé, tant  de désastres.

Le président Macron, après l'apocalypse qu'a connue Beyrouth, a effectué une visite au Liban. L'accueil fut des plus chaleureux. Une foule, qui de désespoir et de désespérance certainement, mais aussi et surtout par déficit de mémoire, scandaient et reprenaient des slogans reniant le passé et l'histoire de ce grand peuple et suppliait ce jeune président "chouchouté  des banques"  à prendre l'initiative  de promulguer un protectorat  dont la France sera comme jadis, "protecteur" et le le Liban un pays protégé.

 Pire encore, des Libanais amnésiques qui avaient fait le mauvais choix en prenant une autre direction dans la gare de l'histoire ont poussé l'offense en lançant une pétition: "Nous estimons que le Liban devrait revenir sous le mandat français afin d'établir une gouvernance propre" (sic), en omettant et en perdant de vue que la France a été la source de tous les problèmes qu'a connus le Liban, en commençant par l'instauration d'une  constitution piégée ultra-confessionnelle formée à la base par dix huit communautés religieuses, en laissant derrière elle une ségrégation et une forme d'apartheid entre le nord nanti et le sud miséreux, en favorisant des banques au détriment d'autres, en installant les meilleurs écoles dans le nord maronite, en aidant des milices et en fustigeant d'autres pour maintenir vivant l'esprit colonial de Sykes-Picot ... Plus personne ne se souvient. Une mémoire collective défaillante.

Du côté de l'autre rive occidentale de la méditerranée, un autre peuple amnésique aussi, s'apprêtait à recevoir un chef d'état français en l'occurrence Chirac, qui fut sous-lieutenant puis haut fonctionnaire, ou plus précisément  chef de cabinet du directeur général de l'agriculture lors de la guerre de libération. Le journal le monde relevait à ce propos: "que Chirac était l'un des plus "Algérie française" de sa promo".

En visite à Bab el Oued après le drame des 1000 morts, suite aux inondations tragiques, il commet l'impair en faisant une déclaration étrange, irrévérencieuse  et discourtoise: "Bab el Oued cher au coeur de beaucoup de français!".

Un insolent clin d'oeil à l'histoire... Dans le brouhaha et sous les airs de la zorna , et à l'instar des libanais amnésiques, une foule Algéroise déclarait sa flamme à un président sourd ( au sens propre et figuré ) et dans une inconscience répréhensible, elle scandait à plein gosier: "Vive Chirac.. Yahya Chirac... visa..visa..".

Un stupide brame d'amour.  Triste à raconter, un peuple qui venait tout juste de perdre 1000 morts- suite à une défaillance et un manquement de l'état- et à qui , on lui avait peint les façades et planté des faux palmiers importés d'Espagne (et non de Biskra) pour préparer une visite stérile et inutile.... Une tragi-comédie, où l'on découvre stupéfaits, un peuple qui applaudit son drame...Incroyable. 

Quant à notre ex président déchu, heureux comme un sot, avec un rire idiot qui lui traversait les joues, il ressemblait à la triste image renvoyé d'un peuple rapétissé- et qui par la force du temps sont devenus égaux en hauteur, mais un peuple qui avait surtout tristement perdu sa mémoire. 

Toujours Sous le règne Chirac et  En signe de gratitude  et de reconnaissance à l'issue "de cet accueil chaleureux et d'une visite réussie",  il fit le geste, ô combien chevaleresque, en faisant adopter par le parlement français la loi de toutes les ignominies qui honore "le rôle positif de la colonisation"! 

Une cinglante réponse et une façon de signifier aux Algériens euphoriques et crédules à l'idée que la France allait ouvrir ses frontières grandes ouvertes, que le sous lieutenant Chirac, malgré votre générosité et vos acclamations, n'avait pas changé d'un iota.

S'ensuivra d'autres visites plus chaleureuses les unes que les autres, pleines de youyous et d'acclamations par un peuple qui avait oublié que le fossé de 132 ans de barbarie et de génocide ne pouvait se cicatriser par un président qui par égocentrisme, vanité et narcissisme, se voyait "l'incarnation du peuple" .En réalité, il  n'éprouvait aucun lien avec son peuple qui sans lui, "il serait médiocre".

On recevra successivement un président d'origine hongroise, Sarkozy. Le choix de la visite et du discours de Constantine n'est pas fortuit.

Cette ville chargée d'histoire avait refusé, par le passé, d'accueillir un chanteur pro-sioniste, elle recevra un président français d'origine juive et de surcroît pro-israélien. Un choix minutieusement préparé qui passa sous le nez de la partie Algérienne. Elle n'avait vu que du feu!.

Quand au peuple, exalté et fou de joie , il redoublait d'acclamations et du haut de leurs balcons, les femmes s'égosillaient par youyous aigus et bruyants..ahmed Bey de son vrai nom Ahmed Ben Mohamed Cherif devait se retourner dans sa tombe.

De retour à Paris et dans la semaine qui suit, Sarkozy recevait les associations de harkis et de pieds noirs! Une autre cinglante réponse à l'accueil chaleureux qui lui a été réservé.

Entre l'utilisation habile, rationnelle et la perception judeo-sioniste de la shoah et entre notre propre perception de notre histoire faite de sentimentalité, de parti pris, de faux jugement et surtout de règlements de compte tribaux et régionalistes il y a de quoi élever une deuxième muraille de Chine qui sépare les deux approches.

Toute société a un besoin d'unité pour se conserver. Ainsi, elle a besoin d'une mémoire unifiée. Car, à mesure que la société se parcellise en une multitude de sous- mémoire ou sous- groupes, son unité est mise en péril. La société doit intervenir pour mettre en oeuvre cette unité, sans quoi elle risque de disparaître.

Une pluralité de mémoires remet en cause son unité. Une mémoire collective ne se décide ni en commission, ni sur un plateau de télévision, ni entre deux présidents se félicitant mutuellement et avec une joie à peine contenue d'avoir trouvé, grâce à la lampe d'Aladin, les deux académiciens "sauveurs", ni entre deux historiens qui se disputeront le mémoriel en sortant à la dernière minute un document ou archive tel un jeu de poker où l'on abat l'ultime carte assassine  . Non, elle est le produit d'une lente, longue et méthodique construction d'une personnalité de base.

Elle est le passé avec tous ses exploits et ses figures légendaires. Elle est aussi ce passé avec tous ses errements et ses erreurs car les vérités historiques sont rarement bonnes à entendre lorsqu'elles ébranlent les fondements de la mémoire collective.

Elle est cet abri et ce refuge quand la nature gronde en annonçant la tempête. C'est elle qui ira chercher dans le passé les faits qui donnent forme à ce qu'on éprouve au présent. Elle ne se nourrit pas de açabiya. Elle doit être le fruit d'un effort, où tous les acteurs doivent y contribuer pour  façonner la conscience d'un peuple.

Une mémoire collective doit se construire à l'école, l'université, dans les lieux du travail,  dans les sièges de partis (s'ils existent), dans les médias, en somme, c'est comme la culture on doit la respirer. Elle doit être, aussi,  un projet de société où l'état et le peuple doivent volontairement et de plein gré se reconnaître.                                                                                                                                

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